La Loire à vélo

Jours 2 et 3: Nevers à Sancerre

La Loire est le plus long fleuve de France. Il prend sa source au Mont Gerbier-de-Jonc, dans le massif central pour se jeter, 1012 km plus loin, dans l’océan Atlantique.

Pourquoi alors roulerons-nous seulement les derniers 560 km? D’abord, question de temps et, principalement, parce que le guide Routard nous dit de débuter à Nevers.

Nevers serait reconnu pour ses faïences mais j’avoue avoir peu d’intérêt dans la poterie même si elle porte le nom d’une ville italienne.

Par contre, l’équipementier sportif Look a établie son siège social à Nevers; celui-ci fabrique, entre autres, les vélos trop chers du même nom. Seuls certains individus singuliers oseront s’afficher sur de telles montures.

Notre seule visite de Nevers consistera à y rouler un peu pour en sortir et se diriger vers Cuffy.

Un dernier regard par dessus l’épaule nous permet toutefois d’admirer la beauté de cette ville.

Le chemin de la Loire à vélo est très bien balisé. On emprunte souvent d’anciens chemins de halage asphaltés et tantôt, des routes très tranquilles alors, pas de soucis de trafic.

Par ailleurs, nous roulons parfois le long du fleuve principal et, à d’autres moments, le long de canaux latéraux.

Toutefois, l’ensemble est bucolique et le dénivelé oscille entre 0 et 1%; rien à voir avec le Massif central ou les alpes Autrichiennes.

Chemin faisant, probablement en sautant une petite bosse, je casse un rayon sur ma roue arrière. Ma blonde a entendu le bruit maléfique mais moi, non. La roue ne s’étant pas voilée, nous avons continué à rouler jusqu’à Charité-sur-Loire pour la pause lunch.

Durant notre pause à l’Auberge de la poule noire, un groupe d’une trentaine de cyclistes viennent stationner leurs gros vélos de location près de nos vélos. Deux américains du groupe, accoutrés plutôt pour faire un barbecue que pour faire du vélo, s’animent en inspectant nos vélos.

Je quitte temporairement ma blonde et ma bière pour aller m’enquérir de leurs conclusions. L’un d’eux me confirme que le Specialized en carbone de ma blonde vaut plus que mon mulet Trek en aluminium. Lui ai répondu qu’ayant acheté les deux il y a déjà quelques années, j’étais déjà au courant.

Non content, il en rajoute en pointant le rayon cassé de ma roue arrière. Il appuie légèrement sur mon pneu arrière et me suggère, avec sa condescendance trumpienne, de gonfler moins mes pneus.

  • Lui ai fait gentiment comprendre qu’après plus de 8 000 km de cyclotourisme avec très peu de bris, j’allais étudier longuement ses recommandations de locataire de grosse bécane en voyage organisé.
  • Après le lunch, nous nous dirigeons vers Pouilly-sur-Loire dans le but d’y passer la nuit.
  • Après avoir traversé le pont vers Pouilly-sur-Loire et fait le tour du village, force est de constater qu’il y a peu à faire ici et les places pour dormir y sont rares.
  • Évaluant nos options, nous nous résignons à rouler 15 km de plus pour aller baigner dans le Sancerre au lieu du Pouilly-fumé; la vie vous envoie de ces épreuves parfois…
  • Le seul hic, le village de Sancerre se trouve au sommet d’un petit mont nous offrant des passage à 19% avant de pouvoir admirer la vue.
  • L’hôtel Brit Saint-Martin nous accueille très bien avec même un petit garage à vélo verrouillé.
  • Aussitôt arrivés, je demande à la dame de la réception s’il y a une boutique de vélos tout près. Me répondant par l’affirmatif, elle téléphone au magasin pour s’assurer que c’est encore ouvert. Elle explique mon problème au proprio/mécano et celui-ci répond de venir sur le champs puisqu’il peut réparer ma roue en 15 minutes.
  • Je dois tout de même redescendre à St-Satur, au pied de la côte de Sancerre, pour me rendre à la boutique de vélo. Mais bon, sans les bagages, cela s’avère relativement facile.
  • La réparation fut plus longue que prévue. D’abord il a du démonter la cassette et le disque de frein pour pouvoir retirer le rayon; réparation impossible à faire hors atelier.
  • Par la suite, il a passé un bon dix minutes à chercher un rayon noir de la bonne longueur. Il semblait beaucoup plus déçu que moi à se résoudre à installer un rayon argenté au milieu des noirs sur ma roue; moi, je vois cela comme un souvenir.
  • Curieusement, il a regonflé ma roue à la même pression d’air que j’utilise; faut croire que ce mécano n’y connait rien non plus.
  • Le jour suivant, nous restons à Sancerre.
  • Le petit déjeuner à l’hôtel se voulait être un buffet. Par contre, un groupe de « l’âge d’or » d’une cinquantaine d’affamés venait de dégarnir la place. C’est à croire que l’autobus n’allait pas s’arrêter pour trois jours et qu’il fallait prendre des réserves.
  • Ce petit détail surmonté, nous allons visiter la Maison du Sancerre, incontournable pour en apprendre plus sur ce merveilleux élixir.
  • On y apprend que la région s’est retrouvée deux fois au fond de la mer, il y a plusieurs millions d’années. Un faille dans la croute terrestre traverse Sancerre, expliquant les accidents géographiques tel le petit mont sur lequel le village est installé.
  • Donc les deux longues périodes de sédimentations combinées à l’action de la faille et à l’érosion naturelle auraient mis à jour les sols locaux créant un terroir unique en France.
  • Il y a quelques variations géologiques selon qu’on se retrouve soit à Sancerre, Menetou-Salon ou Pouilly-Fumé. L’art du vigneron est de faire s’exprimer le seul cépage blanc utilisé localement, le sauvignon blanc ou le seul cépage rouge local, le pinot noir, selon les variétés du terroir.
  • La visite se termine par un film d’animation 4D i-e le 3D habituel additionné de sièges animés et de sprinklers pour nous faire vivre la vie entière d’un raisin…
  • Ils se font toutefois pardonner en nous servant un verre de Sancerre à la sortie.
  • En après-midi, on enfourche les vélos pour une petite balade afin de se rendre au populaire vignoble Éric Louis.
  • Chemin faisant, Google maps, en mode vélo, reste fidèle à lui-même en nous faisant emprunter les pires chemins locaux.
  • Ce beau terroir composé de pierres calcaires et de silex acérés est « crevaisogène » à souhait.
  • À part ce petit inconvénient, le paysage s’avère merveilleux.
  • La visite est agréable. On repasse les différentes étapes de fabrication du blanc, du rosé et du rouge.
  • On apprend, entre autre, qu’avec leurs cuves en inox thermorégulées, plusieurs producteurs, comme Éric Louis, parviennent à contrôler la fermentation sans sulfites. Apparemment, leur production 2018 en serait totalement exempte.
  • Après avoir dégusté leurs quatre variétés de blanc, leur rosé et leurs deux variétés de rouge, nous achetons une bouteille de leur fameuse cuvée Pauline et reprenons les vélos, avec les jambes ramollies par le vin, pour remonter à Sancerre.
  • Après la douche, on se balade dans ce merveilleux village avant le souper à la Taverne du Connetable.
  • Sancerre en Loire, un incontournable.
  • Bilan: 32.2+79.7+6.9=118.8 km
  • 666 mètres d’ascension
  • 5 réflexions sur “La Loire à vélo

    1. j’aurais payé pas mal d’euros pour te voir te faire donner des conseils par un touriste américain…
      Nevers: Look y fabrique les vélos sur place ? Je pensais qu’ils confiaient aux asiatiques.
      Mais je ne suis qu’un être singulier 😉

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      1. Je croyais que tu avais changé durant mon absence🤔😬.
        La maison mère est à Nevers; les cadres doivent être moulés à Taiwan ou en Chine

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    2. que de beaux paysages vous nous partagez c’est super et ça me donne encore plus le goût de partir dès que possible
      bonne continuation dans ce beau coin de pays xx

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