Nantes-Bretagne-Normandie

Brest

L’appartement qu’on louait à Concarneau avait une espèce de chaufferette au dessus de la porte de la salle de bain. Alors, nous avons abusé de cette commodité pour faire sécher tout ce qui était encore trempé.

Au matin, tout était sec. Un croissant et un café plus tard, nous prenons la route le long de l’océan Atlantique en direction de Brest. Aujourd’hui, nous avons à faire une route relativement relevée mais les bosses de Bretagne, avec souvent du 13% et occasionnellement un 17% auront un effet casse-pattes. Wahoo, mon GPS, m’avise qu’il y aura 28 montées classifiées.

Une bonne nouvelle est que la pluie ne devrait pas être présente aujourd’hui. Toutefois, la brume est omniprésente sur une bonne partie du trajet.

Une fois la brume levée, j’avoue que nous avons eu surtout le nez dans le guidon pour grimper les multiples bosses; n’allez pas croire que la Bretagne c’est plat. En fait, la ride d’aujourd’hui est digne de Charlevoix.

Nous croisons plusieurs villages charmants dont Châteaulin.

Le viaduc ferroviaire que l’on voir sur cette photo est relativement élevé afin d’éviter les crues saisonnières de l’Aulne, le fleuve qui traverse Châteaulin.

Nous continuons notre route très accidentée puis arrivons dans un village dénommé Le Faou. Il reste un endroit pour manger et c’est Le Faou de Crêpes. J’avale une crêpe à l’emmental, œuf et jambon avec une bière brune; cette pause lunch s’avérait essentielle afin de pouvoir terminer la route.

L’entrée dans Brest est un peu décevante avec son caractère industriel. Finalement, notre hôtel se situe en haut de la ville, près du musée maritime. C’est l’hôtel Ibis et c’est relativement nul, comme quoi les hôtels cotés à plus de 9 sur Booking ne sont pas toujours fantastiques.

Une fois un brin de toilette fait, nous nous dirigeons vers le restaurant Aux Quatre Vents, recommandation du Petit Fûté. Là encore, la bouffe est médiocre. Ma blonde prend un tartare de thon. Nous sommes toujours bien à deux pas de la mer. Eh bien, on aurait cru que le tartare avait été préparé la semaine dernière et gardé au frigo depuis. La couleur du thon était brune, sans saveur et sans intérêt.

Par ailleurs, je prend une terrine comme entrée puis un planche terre et mer comme plat principal mais on ne m’averti pas que la même terrine se retrouve sur ladite planche. Le service était par ailleurs garroché alors, ne pas toujours se fier aux recommandations du Petit fûté.

Le lendemain, journée de pause prévue pour visiter Brest.

En fait, on ne visitera que le Musée Maritime National de Brest; visite fort intéressante surtout pour l’architecture navale de l’époque de Louis XIV. De 1640 à 1790, 350 navires y seront construits; les constructeurs de cette époque pourraient enseigner des techniques de gestion de chantiers complexes aux gens d’aujourd’hui. Imaginez, le bois, le fer, le cuivre, le chanvre pour les cordages venaient de différentes régions d’Europe. Le tout arrivait par bateau. Pas d’ordinateur, pas d’automatisation. Et dire qu’à l’Hôpital Charles-Lemoyne ils travaillent sur les plans de rénovation du bloc opératoire depuis 2018.

La pluie et mes sinus engorgés feront en sorte qu’on se tiendra tranquille. Il faut dire aussi que les autres musées étaient tous fermés le lundi.

Ah, aussi, il y avait un arbre décrit comme empathique; à vous de voir.

La vue sur le Musée maritime qui est une sorte de forteresse et la baie est intéressante.

Demain, Morlaix.

Bilan: 385.44 km parcourus à vélo et 3317 m d’ascension.

Nantes-Bretagne-Normandie

Guérande

La première ville autre que Nantes que nous visitons est Guérande. On a perdu nos bonnes habitudes ou nous sommes plus fatigués ou je ne sais quoi parce nous finissons par quitter l’Hôtel de la Cité à 9h56.

Avant, nous tentions toujours de quitter vers neuf heures. Nous parcourons environ 11 km pour sortir de Nantes et se rendre à Indre, sur le bord de la Loire. Il s’y trouve un bac qui devrait nous faire traverser le célèbre fleuve en question mais il s’avère que le mini port est en rénovation. Ça commence bien.

Heureusement, une dame qui travaille là nous rassure que nous n’aurons pas à retourner à Nantes pour prendre un pont. Il faut simplement continuer jusqu’à Couëron où le bac est en fonction.

Puis, une fois traversés, de retour sur une section de la Loire visitée en 2018.

On peut voir sur la photo ci-haut, à gauche, le pont de St-Nazaire que nous allons traverser sous peu. Il n’y aura pas de photo à partir du pont parce que la voie cyclable sur le pont est très mince et non protégée alors, afin de pouvoir terminer le voyage en vie, nous avons opter de ne pas faire de pause sur le pont.

Chemin faisant, nous faisons une mini pause puis rejoignons Guérande en faisant peu de photos puisque le paysage est constitué de villages peu intéressants visuellement.

La vieille ville de Guérande est tout autre chose.

Nous prenons un verre à la place de l’église, juste le temps que notre chambre soit prête.

Peu de temps après, la propriétaire de La Maison Bizienne nous communique que la chambre est prête.

En fait, nous voulons simplement délester les vélos des bagages et repartir pour aller visiter les marais salants.

La région de Guérande forme une presqu’ile bordée au nord par le fleuve La Vilaine (pas rapport avec une de vos connaissances mais le nom vient plutôt du breton, ar ster vilen qui voudrait dire la rivière aux moulins.

Les premières salines, la où l’on fabrique les digues pour faire entrer et évaporer une mince couche d’eau de mer, dateraient du 7e siècle. La technique, toutefois, ce serait raffinée et fixée autour des années 1400.

Les paludiers, ceux qui récoltent le sel, travaillent ici toujours selon une méthode traditionnelle. Le gros sel de Guérande est celui qui se cristallise au fond des bassins où se trouve de l’argile. Il sera teinté de gris par cette argile.

La fleur de sel provient plutôt d’une cristallisation en surface survenant selon certaines conditions météo appropriées.

Grosso modo, le gros sel peut servir à la cuisson, mais la fleur de sel sera utilisée pour l’assaisonnement final.

Donc, la frénésie autour du sel de Guérande provient de cette notion de cueillette artisanale d’un sel qui contient, en plus du sodium et du chlore habituel, du magnésium et d’autres oligo-éléments (ces derniers sont difficiles à trouver toutefois).

Le réchauffement climatique et la montée éventuelle des eaux menacent cette méthode artisanale à moyen terme. L’autre menace semble être que le métier de paludier est difficile et n’attire pas la jeune génération, mais cela, ce n’est pas un problème unique à Guérande.

Après une centaine de km à vélo, de retour à la maison d’hôtes pour se laver puis aller souper dans la vieille ville de Guérande.

Géographiquement, cet endroit fait partie de la Loire-Atlantique mais la mentalité est bretonne. Et qui dit breton, dit crêpes…

Nous terminons notre soirée, et notre digestion, avec une visite de la porte St-Michel.

Demain, Auray.