Passau
Pourquoi se rendre à Passau? En préparant ce voyage, cette ville revenait toujours comme point de départ pour faire le trajet à vélo le long du Danube vers Vienne. Cette route s’appelle le Donauradweg.
Le trajet Salzbourg-Passau se passe relativement bien. Quoique nous sommes sensés descendre vers le Danube, la géographie locale réussit à nous faire grimper plus de 1000 m durant la journée.
Le décor change radicalement; les montagnes escarpées laissent la place à des champs vallonés.

Passau est le confluent de trois rivières: l’Ilz, l’Inn (descendue d’Innsbruck) et le Danube.
C’est une ville universitaire de 50 000 habitants dont 10 000 sont des étudiants.
Les autres principales activités sont les croisières sur le Danube jusqu’à Vienne et les hurluberlus qui font le même trajet à vélo.





Linz
Le lendemain, nous nous rendons à Linz.
Sortir de Passau est relativement simple et on trouve assez rapidement la Donauradweg asphaltée au bord du Danube. Cette route à faire à vélo provient des anciens chemins de halage longeant le Danube. À l’époque, des barges étaient tirées par des chevaux via les rives du Danube. Cette façon de transporter de la marchandise étant révolue, les autorités autrichiennes ont asphalté ces chemins pour en faire des pistes cyclables sécuritaires et créant ainsi une attraction touristique.
Plusieurs compagnies organisent des voyages avec location de vélos, baggages et guides.
La saison étant encore jeune, les cyclistes vus à ce temps-ci sont plutôt des gens comme nous s’organisant seuls. On a pu voir toutefois quelques groupes avec des vélos tous pareils munis de valises sur lesquels les tour opérateurs font leur publicité.
On peut voir à plusieurs endroits des auberges et restaurants qui accueillent les cyclistes.
Comme nous suivons le cours du Danube vers l’aval, le trajet est essentiellement un faux-plat descendant; donc, balades à vélo relativement calmes.


En arrivant à Linz, nous constatons toutefois que cette ville de 200 000 habitants n’en a rien à foutre des cyclistes du Danube; trafic dense et agressif, on se croirait à Québec. C’est curieux que ce soit un arrêt suggéré.
À part quelques musées et églises comme on en retrouve dans toute ville européenne qui se respecte, Linz se distingue par sa Linzer torte; la « tourte » ou tarte de Linz.
La base de la tarte est une sorte de gâteau épicé garni de confiture de groseille. On recouvre ensuite la confiture avec un treillis de pâte et des amandes tranchées fines. Idéal pour récupérer de longues randos à vélo.





Seule anecdote malheureuse de la journée est que mon amour a fait une chute en prenant un virage sur du gravier. Elle n’a pas l’apanage des chutes puisque j’avais déjà chuté deux fois depuis le début du voyage alors que j’étais essentiellement arrêté.
Toutefois, les blessures de mon amour sont de bonnes égratignures; les miennes, plutôt de l’ordre intellectuel…


Melk
Nous continuons de descendre ce long fleuve tranquille vers Melk.
À certains endroits, la Donauradweg est plus favorable sur une rive par rapport à l’autre alors de petits traversiers se trouvent judicieusement positionnés pour nous transporter sur l’autre rive pour quelques euros.


Melk est reconnue pour son Abbaye de moines Bénédictins.
Elle a été d’abord fabriquée autour du XIe siècle puis la bâtisse originale a péri sous les flammes pour être reconstruite au XVIIIe siècle.



À part le fait qu’on y vende du Schnapps à l’abricot, fait localement, elle est mentionnée dans le roman d’Umberto Eco, Au nom de la rose.
Pour ceux qui n’ont pas lu le livre, même si au début des années ’80, il s’en est vendu plus que la bible, vous avez probablement vu le film. Adso ( joué par Christian Slater), le jeune acolyte de Shaun Connery, est le narrateur de l’histoire et c’est à l’Abbaye de Melk, lorsqu’il sera « vieux », qu’il rédigera ces événements de sa jeunesse.

Par ailleurs, à date, je vous ai peu parlé de bouffe parce que…eh bien c’est assez primitif. Une fois qu’on a ingéré une soupe goulash, quelques saucisses, puis toutes les variétés de veau, port, poulet pannés accompagnés de patates et de sauce aux canneberges et qu’on se « désale » le gosier avec une bière blonde insipide, on vient d’englober une bonne partie de l’art culinaire autrichien.
Autre particularité, on retrouve autant de pizzérias qu’en Italie; ce qui semble être une maladroite adaptation de l’autrichien moyen à vouloir ouvrir ses horizons culinaires.
Alors nous avons été agréablement surpris de découvrir à Melk, bled de 5000+ âmes, un restaurant digne de ce nom. C’est peut-être parce que nous sommes maintenant dans la région viticole du Wachau. Heureusement, les disciples de Bacchus aiment souvent bien manger. Alors curry pour mon amour et carrés d’agneau pour moi avec respectivement vin blanc et rouge locaux!
Demain, on rentre sur Vienne.


Bilan:
1046.1 km roulés
11 378 mètres d’ascension