La Loire à vélo

Jours 2 et 3: Nevers à Sancerre

La Loire est le plus long fleuve de France. Il prend sa source au Mont Gerbier-de-Jonc, dans le massif central pour se jeter, 1012 km plus loin, dans l’océan Atlantique.

Pourquoi alors roulerons-nous seulement les derniers 560 km? D’abord, question de temps et, principalement, parce que le guide Routard nous dit de débuter à Nevers.

Nevers serait reconnu pour ses faïences mais j’avoue avoir peu d’intérêt dans la poterie même si elle porte le nom d’une ville italienne.

Par contre, l’équipementier sportif Look a établie son siège social à Nevers; celui-ci fabrique, entre autres, les vélos trop chers du même nom. Seuls certains individus singuliers oseront s’afficher sur de telles montures.

Notre seule visite de Nevers consistera à y rouler un peu pour en sortir et se diriger vers Cuffy.

Un dernier regard par dessus l’épaule nous permet toutefois d’admirer la beauté de cette ville.

Le chemin de la Loire à vélo est très bien balisé. On emprunte souvent d’anciens chemins de halage asphaltés et tantôt, des routes très tranquilles alors, pas de soucis de trafic.

Par ailleurs, nous roulons parfois le long du fleuve principal et, à d’autres moments, le long de canaux latéraux.

Toutefois, l’ensemble est bucolique et le dénivelé oscille entre 0 et 1%; rien à voir avec le Massif central ou les alpes Autrichiennes.

Chemin faisant, probablement en sautant une petite bosse, je casse un rayon sur ma roue arrière. Ma blonde a entendu le bruit maléfique mais moi, non. La roue ne s’étant pas voilée, nous avons continué à rouler jusqu’à Charité-sur-Loire pour la pause lunch.

Durant notre pause à l’Auberge de la poule noire, un groupe d’une trentaine de cyclistes viennent stationner leurs gros vélos de location près de nos vélos. Deux américains du groupe, accoutrés plutôt pour faire un barbecue que pour faire du vélo, s’animent en inspectant nos vélos.

Je quitte temporairement ma blonde et ma bière pour aller m’enquérir de leurs conclusions. L’un d’eux me confirme que le Specialized en carbone de ma blonde vaut plus que mon mulet Trek en aluminium. Lui ai répondu qu’ayant acheté les deux il y a déjà quelques années, j’étais déjà au courant.

Non content, il en rajoute en pointant le rayon cassé de ma roue arrière. Il appuie légèrement sur mon pneu arrière et me suggère, avec sa condescendance trumpienne, de gonfler moins mes pneus.

  • Lui ai fait gentiment comprendre qu’après plus de 8 000 km de cyclotourisme avec très peu de bris, j’allais étudier longuement ses recommandations de locataire de grosse bécane en voyage organisé.
  • Après le lunch, nous nous dirigeons vers Pouilly-sur-Loire dans le but d’y passer la nuit.
  • Après avoir traversé le pont vers Pouilly-sur-Loire et fait le tour du village, force est de constater qu’il y a peu à faire ici et les places pour dormir y sont rares.
  • Évaluant nos options, nous nous résignons à rouler 15 km de plus pour aller baigner dans le Sancerre au lieu du Pouilly-fumé; la vie vous envoie de ces épreuves parfois…
  • Le seul hic, le village de Sancerre se trouve au sommet d’un petit mont nous offrant des passage à 19% avant de pouvoir admirer la vue.
  • L’hôtel Brit Saint-Martin nous accueille très bien avec même un petit garage à vélo verrouillé.
  • Aussitôt arrivés, je demande à la dame de la réception s’il y a une boutique de vélos tout près. Me répondant par l’affirmatif, elle téléphone au magasin pour s’assurer que c’est encore ouvert. Elle explique mon problème au proprio/mécano et celui-ci répond de venir sur le champs puisqu’il peut réparer ma roue en 15 minutes.
  • Je dois tout de même redescendre à St-Satur, au pied de la côte de Sancerre, pour me rendre à la boutique de vélo. Mais bon, sans les bagages, cela s’avère relativement facile.
  • La réparation fut plus longue que prévue. D’abord il a du démonter la cassette et le disque de frein pour pouvoir retirer le rayon; réparation impossible à faire hors atelier.
  • Par la suite, il a passé un bon dix minutes à chercher un rayon noir de la bonne longueur. Il semblait beaucoup plus déçu que moi à se résoudre à installer un rayon argenté au milieu des noirs sur ma roue; moi, je vois cela comme un souvenir.
  • Curieusement, il a regonflé ma roue à la même pression d’air que j’utilise; faut croire que ce mécano n’y connait rien non plus.
  • Le jour suivant, nous restons à Sancerre.
  • Le petit déjeuner à l’hôtel se voulait être un buffet. Par contre, un groupe de « l’âge d’or » d’une cinquantaine d’affamés venait de dégarnir la place. C’est à croire que l’autobus n’allait pas s’arrêter pour trois jours et qu’il fallait prendre des réserves.
  • Ce petit détail surmonté, nous allons visiter la Maison du Sancerre, incontournable pour en apprendre plus sur ce merveilleux élixir.
  • On y apprend que la région s’est retrouvée deux fois au fond de la mer, il y a plusieurs millions d’années. Un faille dans la croute terrestre traverse Sancerre, expliquant les accidents géographiques tel le petit mont sur lequel le village est installé.
  • Donc les deux longues périodes de sédimentations combinées à l’action de la faille et à l’érosion naturelle auraient mis à jour les sols locaux créant un terroir unique en France.
  • Il y a quelques variations géologiques selon qu’on se retrouve soit à Sancerre, Menetou-Salon ou Pouilly-Fumé. L’art du vigneron est de faire s’exprimer le seul cépage blanc utilisé localement, le sauvignon blanc ou le seul cépage rouge local, le pinot noir, selon les variétés du terroir.
  • La visite se termine par un film d’animation 4D i-e le 3D habituel additionné de sièges animés et de sprinklers pour nous faire vivre la vie entière d’un raisin…
  • Ils se font toutefois pardonner en nous servant un verre de Sancerre à la sortie.
  • En après-midi, on enfourche les vélos pour une petite balade afin de se rendre au populaire vignoble Éric Louis.
  • Chemin faisant, Google maps, en mode vélo, reste fidèle à lui-même en nous faisant emprunter les pires chemins locaux.
  • Ce beau terroir composé de pierres calcaires et de silex acérés est « crevaisogène » à souhait.
  • À part ce petit inconvénient, le paysage s’avère merveilleux.
  • La visite est agréable. On repasse les différentes étapes de fabrication du blanc, du rosé et du rouge.
  • On apprend, entre autre, qu’avec leurs cuves en inox thermorégulées, plusieurs producteurs, comme Éric Louis, parviennent à contrôler la fermentation sans sulfites. Apparemment, leur production 2018 en serait totalement exempte.
  • Après avoir dégusté leurs quatre variétés de blanc, leur rosé et leurs deux variétés de rouge, nous achetons une bouteille de leur fameuse cuvée Pauline et reprenons les vélos, avec les jambes ramollies par le vin, pour remonter à Sancerre.
  • Après la douche, on se balade dans ce merveilleux village avant le souper à la Taverne du Connetable.
  • Sancerre en Loire, un incontournable.
  • Bilan: 32.2+79.7+6.9=118.8 km
  • 666 mètres d’ascension
  • La Loire à vélo jour zéro

    Prélude: Paris-Train-Nevers

    Depuis nos deux derniers voyages, nous avions pris l’habitude de monter les vélos à l’aéroport puis de débuter la randonnée directement.

    Cette fois-ci, nous tentons un genre différent afin de se rendre rapidement à Nevers, point de départ du parcours « La Loire à vélo ».

    En fait, 280 km séparent l’aéroport Paris-Charles-de-Gaule et Nevers et, quoique certains d’entre vous penserons que je prend un énorme plaisir à me taper cette distance quotidiennement, le but, ici, n’est pas une course mais une vacance se voulant plaisante et paisible. Alors on se fera un 32 km.

    C’est la distance Paris-CDG jusqu’à la gare de Bercy.

    Munich et Bruxelles ont des pistes cyclables tout près de l’aéroport; Paris-CDG a plutôt des routes à deux et trois voies sur lesquelles les conducteurs donnent l’impression qu’une bombe nucléaire est sur le point d’exploser à l’aéroport.

    Après environ 4 km infernaux, les chauffards de la fin du monde peuvent continuer sur la A1 et nous laisser tranquille sur la départementale.

    Le trajet jusqu’à Paris est essentiellement insipide. Nous emprunterons le parc Georges-Valbon et, pour ceux qui ont déjà visité Paris et qui n’ont jamais noté ce parc, cet oubli est tout-à-fait raisonnable puisque ce parc ressemble à un terrain de golf minable abandonné où les arbres y ont repris leurs droits.

    Le seul autre point d’intérêt sera lorsque nous franchirons le canal de l’Ourcq; oeuvre d’ingénierie française remarquable ayant permis, à l’époque, d’approvisionner une partie de Paris en eau. On y transportait aussi du bois des forêts de François 1er. Beaucoup d’autres histoires y sont rattachées mais bon, j’ai deux autres journées à rattraper alors…

    Par la suite, le onzième arrondissement nous fait sentir ses dizaines d’intersections pour se rendre finalement à la gare de Bercy.

    Le train pour Nevers est à l’heure et nous avions évidemment réservée une place pour les vélos (à ne pas oublier pour ceux qui feront un jour ce même voyage).

    Deux heures plus tard, on descend à Nevers et rejoignons l’hôtel Beauséjour. Le propriétaire est accueillant mais nous laisse savoir qu’il a hâte de vendre l’endroit.

    Évidemment, il laisse aux futurs propriétaires la tache de sortir cet établissement des années soixante…

    On soupe dans une crêperie bretonne fort agréable puis dodo.

    Bilan: 280 km mais seulement 32 de roulés (vive le train!)

    156 mètres d’ascension (ce voyage annonce peu de grimpe)

    Munich-Budapest: jours 19, 20 et 21

    Buda et Pest

    Tout les gens ayant déjà transité ici savent qu’en 1873 les villes de Buda et de Pest ont été unies mais en fait, c’est trois villes: Buda et Óbuda à l’ouest du Danube et Pest, à l’est dudit fleuve, qui ont été réunies en une seule entité.

    Après ces trois jours, la ville nous est vraiment familière et on constate que l’ambiance de cette grande ville cosmopolite est très agréable.

    D’abord, l’architecture.

    Budapest est la capitale et la métropole de la Hongrie alors beaucoup d’édifices importants y sont concentrés.

    Puisqu’une image vaut milles mots et que j’ai les pouces usés à écrire ce blog sur mon cell alors voilà:

    Comme parlement, difficile à battre.

    Le château de Buda. Qu’on peut accéder en funiculaire.

    Sous le château, les Hongroies ont aménagé dans des grottes naturelles creusées dans le calcaire, un hôpital de guerre et un abri anti-nucléaire. Le tout a été utilisé surtout durant la 2e guerre mondiale ad la révolution Hongroise de 1956.

    Maintenant, c’est un musée.

    Évidemment, on retrouve plusieurs églises à Budapest dont encore une consacrée à St-Étienne

    et St-Stéphane.

    Cette dernière a la particularité d’offrir des concerts d’orgue le vendredi soir donc nous avons pu combiner une visite à un concert.

    L’influence turque se retrouve à Budapest entre autres, par la présence de nombreux bains (thermes).

    Afin d’éviter les foules, on s’y est présenté le vendredi matin mais bon, une succession de bains chauds et froids le matin après le petit déjeuner a comme effet de vous ralentir pour le reste de la journée.

    Par ailleurs, pour se rendre à tous ces endroits, nous avons utilisé bus et métros qui sont bien rodés. On a même pu prendre le plus vieux métro de Hongrie et 2e métro plus vieux au monde après celui de Londres.

    La Hongrie a été touchée plus par la guerre que je ne l’imaginais.

    Tellement qu’ils ont institué un Musée de la Terreur, relatant l’invasion des allemands et par la suite, l’invasion par les soviétiques qui ont repoussé les allemands mais installé le régime communiste et intégré la Hongrie dans le bloc de l’est derrière le « rideau de fer ».

    Pour notre dernière journée, puisque nous avions suffisamment marché mais que nos vélos étaient déjà désassemblés et rangés dans les boites, nous avons loué des vélos hybrides pour visiter le reste de la ville incluant l’ile « Margit » au centre du Danube.

    Nous avons fait une pause pour manger une glace faite à la main,

    alors qu’une course cycliste se préparait en face du même magasin.

    Une fois notre tour cycliste terminé, retour à l’appartement pour finaliser les baggages et m’installer pour écrire ce dernier chapitre.

    Demain, retour à Montréal.

    Bilan:

    1473 km roulés

    13 500 mètres d’ascension

    Munich-Budapest jour 18

    Budapest

    Pour cette dernière journée de vélo, nous avions le choix entre 134 km le long du Danube sur faux-plat descendant ou 90 km à travers les champs et villages avec environ 1000 mètres d’ascension.

    Comme la vue du Danube, après quelques centaines de km devient monotone, on choisit les montagnes.

    Tout ce trajet est en Hongrie.

    En résumé, les paysages champêtres s’apparentent à ceux des cantons de l’est alors que les villages sont sans intérêts et l’asphalte est pire qu’au Québec après un printemps chaud sur une route bondée de semi-remorques.

    Les conducteurs sont pires que les québécois cycliphobes.

    Alors, toute une belle journée.

    Malgré le dénivelé, les nids de poule et les chauffards, nous arrivons assez rapidement à notre destination finale.

    Nous avons loué un appartement pour notre séjour à Budapest. La jeune étudiante russe qui nous accueille est souriante et nous explique très bien ce que nous devons savoir sur les diverses serrures et autres modalités de l’appartement.

    Toutefois, lorsque le couple de propriétaires du bloc (d’énormes ukrainiens) voient nos vélos, ils expliquent à notre hôtesse, en russe, que les vélos ne peuvent monter à l’appartement pour des raisons peu claires.

    Tout ce brouhaha se fait alors que je me dirigeais avec eux vers le bureau administratif pour effectuer un dépôt.

    Mon amour, ignorant tout de cette discussion, s’affaire à monter les vélos à la chambre.

    Plus tard, en ressortant du bureau, à l’instar de poissons rouges, les proprios, comme ils ne voient plus les vélos, semblent avoir oublié l’existence d’un problème quelconque. La polymédication à outrance est certainement un fléau mondial.

    Après une douche rapide, on se rend en bus au magasin de vélo local qui semble le mieux équipé. On y trouve nos boites de transport très technos…

    Comme nous sommes à l’heure de pointe, la propriétaire du magasin K2Bike croit que le chauffeur du bus ne nous laissera pas monter à bord. Alors, elle a la gentillesse de téléphoner au taxi en leur expliquant que nous avons besoin d’un grand taxi.

    Quelques instants plus tard, une voiture-taxi de format familial se pointe.

    Le chauffeur, un rocker dans la cinquantaine semble un peu offusqué de devoir baissé le banc arrière et d’avoir à réorganisé le capharnaüm de son véhicule pour que nous puissions y monter avec nos boites à vélos.

    Une fois à l’intérieur, voyant des baguettes de drummeur un peu partout, je lui demande s’il est en effet drummeur, question de faire conversation et de tenter de lui rendre sa bonne humeur.

    Son visage s’illumine et soudainement, il fait jouer des airs de rock hongrois dans la « stéréo » de sa voiture puis agrippe une paire de baguettes et accompagne la musique tout en contrôlant la roue de sa voiture avec sa cuisse gauche.

    Je le répète, nous avons pris un taxi parce que c’est l’heure de pointe.

    Et nous qui croyions que notre journée en vélo avait été hasardeuse…

    Nous arrivons indemnes à la chambre, malgré tout.

    Demain, visite de Budapest. La randonnée de vélo est terminée.

    Bilan:

    1440,9 km roulés

    13 433 mètres d’ascension

    Munich-Budapest: jours 16 et 17

    Bratislava

    Après notre souper péruvien, nous avions noté la présence de la boulangerie Anker tout près de notre appartement. Donc, on se lève tôt et allons chercher croissants, cafés, une viennoiserie pour mon amour et un jus dans un contenant en verre.

    De retour à l’app., en voulant dégager notre petite table de mes multiples fils à prise USB nous servant à recharger GPS, lumières, cellulaires, etc., je réussi à envoyer par terre la bouteille de jus se fracassant sur le plancher de béton de notre élégant bunker.

    Eh bien, ce sera le seul malheur de la journée.

    Vienne étant une grande ville, nous roulons 6.5 km avant d’en sortir et de se retrouver sur une piste cyclable longeant le Danube.

    Le dernier pont franchis nous signale que l’art nouveau peut aussi exister à Vienne…

    Une fois le pont traversé, nous nous retrouvons dans un secteur très tranquille sauf qu’on y retrouve quelques camping cars (équivalent Safari-condo) d’où sortent des septuagénaires dans leur plus simple état.

    Le seul effet positif de ces visions pour le moins surprenantes est de faire accélérer la cadence.

    Le reste du chemin est très roulant et le paysage agréable.

    Nous arrivons à Bratislava en à peine plus de trois heures.

    Le Château de Bratislava domine la vieille ville.

    Rapidement, nous sommes surpris par la densité de touristes. C’est notre première incursion dans une ville de l’ancien bloque de l’est et j’avoue être agréablement surpris par la vitalité de la ville.

    On a la chance d’avoir accès à la chambre à midi donc on s’installe puis nous allons manger et marcher.

    Sur cette dernière photo, on peut voir une file de gens attendant pour commander une glace chez Luculus, supposément la meilleure à Bratislava; vérité ou invention de Tripadvisor, très peu pour nous de faire la file comme à l’époque soviétique. C’est évidemment un truc exclusivement touristique.

    En fait, on peut voir l’influence de l’internet sur les jeunes; à part les bâtiments, on pourrait se situer dans n’importe laquelle autre ville européenne avec un climat similaire.

    Entre la vision ancienne du Château de Bratislava et l’aspect moderne de notre hôtel, il y a quelques vestiges de l’époque communiste comme le pont Novy Most, construit entre 1967-1972.

    Lorsque nous approchions Bratislava, on commençait à voir de loin la « soucoupe volante » (c’est un restaurant appelé UFO…) dominant le pont. Sa forme, son découpage architectural ainsi que sa constitution métallique criaient le soviétique. Par ailleurs ce pont relie la vieille ville au cartier Peterzalka où l’on retrouve une série de logement préfabriqués de l’ère soviétique.

    En bref, Bratislava est une destination festive avec une présence touristique mondiale, selon le réceptionniste de notre hôtel.

    Komarom

    Selon Wikipedia, Komarom est une ville de Hongrie sur la rive droite du Danube.

    Et c’est à peu de chose près, tout ce qu’il y a à savoir sur cette paroisse.

    Alors pourquoi y aller?

    Cette ville se retrouve sur tous les sites parlant du trajet à vélo Passau-Budapest et pourquoi? Parce la section Bratislava-Budapest est d’environ 200 km alors il faut bien arrêter quelque part et ce quelque part s’avère être Komarom.

    Par contre, la journée a été ensoleillé à souhait et le trajet garni de paysages de « cartes-postales » comme on disait à une autre époque.

    Parlant d’autre époque, nous voilà arrivés à l’hôtel Tulipan.

    Du jamais vu.

    Dans la réception de l’hôtel on retrouve deux fours à paninis humains, communément appelés « lits de bronzage ».

    De plus, on retrouve sur le mur de gauche des écrans de l’époque « Commodore 64 » relatant les derniers tirages de la loterie populaire slovaque. Parce qu’en plus, évidemment, l’hôtel vend lesdits billets de loterie; full service, quoi!

    Après une petite marche dans la petite ville, on constate qu’en effet il n’y a rien à voir alors on s’installe dans un restaurant turc; je vous ai dit auparavant que les turcs avaient quelques fois tenté d’envahir la Hongrie. Un effet positif de ces conflits aura été la création d’un bon restaurant à Korakom. Comme quoi, des fois…

    Bilan:

    1350,3 km roulés

    12 273 mètres d’ascension

    Munich-Budapest: jours 14 et 15

    Melk-Vienne

    On se lève tôt pour partir de Melk parce qu’on a au moins 116 km à faire et habituellement, on fait toujours un peu plus que prévu.

    Nous allons suivre encore la Donauradweg.

    Par contre, à un moment donné, je suis convaincu que cela nous rallonge puisque cette route suit le Danube et ce dernier fait un long méandre vers le nord alors, on coupe court au sud, parmi les villages.

    De toutes façons, ça nous change le décor.

    Nous sommes en plein territoire de vignes et d’abricotiers.

    Arrivés à Vienne, après plus de 122 km, on est surpris de constaté qu’à l’adresse de « l’hotel » réservé sur Expedia, il n’y a qu’un immeuble à logement banal.

    Je téléphone au numéro relié à la chambre et l’individu me répond qu’il nous a vu passé sur nos vélos puisqu’il se trouve à la porte d’à côté.

    J’entre dans son bureau s’apparentant plutôt à un fumoir dans un chantier de construction glorifié d’un ordinateur Apple blanc devenu crème sous la poussière.

    Il m’explique qu’ils sont une compagnie possédant plusieurs chambres dispersées dans la ville et que cette adresse n’est que le bureau principal.

    Il m’assure qu’il m’a envoyé un couriel m’expliquant comment me rendre à la chambre avec un code pour obtenir la clé d’une boite sécuritaire.

    Je lui confirme la non réception dudit couriel.

    Il me répond que c’est normal, baragouinant dans un anglais à fort accent allemand. « L’internet fonctionne mal et tout mes couriels s’en vont dans les indésirables ».

    Je reçois donc les instructions sur une feuille ordinaire et non repartons, quelque peu sceptiques, vers la chambre.

    Heureusement, ce n’est qu’à un coin de rue.

    J’obtiens la clé facilement et j’ouvre la porte de ce qui me semble être un bunker. Mais quel bunker.

    Rapport qualité-prix, meilleure chambre à date. Comme quoi…

    Une fois installés, on part à la recherche d’un restaurent non-autrichien.

    Bingo! Nous mangerons un excellent repas au Lima56, restaurant péruvien.

    Vienne

    C’est dimanche…

    Au levé, on cherche avidement un bon café alors que les locaux se précipitent à l’église d’en face pour la messe de 9:00. À chacun sa boisson divine.

    Ensuite, en route pour le Château de Schonbrunn.

    La première version de ce château date des années 1500 mais fut détruite par les turcs. Les guerres sont omniprésentes dans l’histoire de ce pays quoique les tentatives d’invasion des Ottomans (les guerres Austro-Turcs) se sont déroulées principalement en Hongrie, qui, vous vous en souvenez, faisait partie de l’empire autrichien…

    De toutes façons, après les conflits, ils ont bâtit le château actuel.

    Dans les années 1800, c’était la résidence d’été de François-Joseph 1er d’Autriche. La plupart des gens, incluant le scribe présent, ont oublié l’existence de ce personnage historique. Son épouse Élisabeth, par contre, tout le monde fait un « ah ouin, ça me dit quelque chose ». Surtout lorsqu’on l’appelle par son surnom, Sissi.

    La visite est intéressante. Soit que vous y allez ou regardez un film de 1955 avec Romy Schneider. Ou ni l’un ni l’autre🤔.

    Essentiellement, Vienne est une très belle ville, vivante et dotée d’une architecture impeccable.

    Pour accélérer notre visite d’un jour, on a fait le tour guidé en calèche, appelée ici, fiacre.

    À la suggestion de Robert Duchesne, nous avons acheté des billets de concert de vendeurs sur la rue, habillés en Mozart.

    Nous avions de sérieuses réserves en entrant dans la soi-disant salle de concert qui s’apparentait plutôt à une salle de bingo viennoise (si telle chose existe) mal entretenue.

    Je dois toutefois avoué que la qualité du concert, un mélange d’oeuvres de Mozart et de Strauss, était excellente.

    Demain, Bratislava.

    Bilan:

    1168,9 km roulés

    11875 mètres d’ascension

    Munich-Budapest jours 11, 12 et 13

    Passau

    Pourquoi se rendre à Passau? En préparant ce voyage, cette ville revenait toujours comme point de départ pour faire le trajet à vélo le long du Danube vers Vienne. Cette route s’appelle le Donauradweg.

    Le trajet Salzbourg-Passau se passe relativement bien. Quoique nous sommes sensés descendre vers le Danube, la géographie locale réussit à nous faire grimper plus de 1000 m durant la journée.

    Le décor change radicalement; les montagnes escarpées laissent la place à des champs vallonés.

    Passau est le confluent de trois rivières: l’Ilz, l’Inn (descendue d’Innsbruck) et le Danube.

    C’est une ville universitaire de 50 000 habitants dont 10 000 sont des étudiants.

    Les autres principales activités sont les croisières sur le Danube jusqu’à Vienne et les hurluberlus qui font le même trajet à vélo.

    Linz

    Le lendemain, nous nous rendons à Linz.

    Sortir de Passau est relativement simple et on trouve assez rapidement la Donauradweg asphaltée au bord du Danube. Cette route à faire à vélo provient des anciens chemins de halage longeant le Danube. À l’époque, des barges étaient tirées par des chevaux via les rives du Danube. Cette façon de transporter de la marchandise étant révolue, les autorités autrichiennes ont asphalté ces chemins pour en faire des pistes cyclables sécuritaires et créant ainsi une attraction touristique.

    Plusieurs compagnies organisent des voyages avec location de vélos, baggages et guides.

    La saison étant encore jeune, les cyclistes vus à ce temps-ci sont plutôt des gens comme nous s’organisant seuls. On a pu voir toutefois quelques groupes avec des vélos tous pareils munis de valises sur lesquels les tour opérateurs font leur publicité.

    On peut voir à plusieurs endroits des auberges et restaurants qui accueillent les cyclistes.

    Comme nous suivons le cours du Danube vers l’aval, le trajet est essentiellement un faux-plat descendant; donc, balades à vélo relativement calmes.

    En arrivant à Linz, nous constatons toutefois que cette ville de 200 000 habitants n’en a rien à foutre des cyclistes du Danube; trafic dense et agressif, on se croirait à Québec. C’est curieux que ce soit un arrêt suggéré.

    À part quelques musées et églises comme on en retrouve dans toute ville européenne qui se respecte, Linz se distingue par sa Linzer torte; la « tourte » ou tarte de Linz.

    La base de la tarte est une sorte de gâteau épicé garni de confiture de groseille. On recouvre ensuite la confiture avec un treillis de pâte et des amandes tranchées fines. Idéal pour récupérer de longues randos à vélo.

    Seule anecdote malheureuse de la journée est que mon amour a fait une chute en prenant un virage sur du gravier. Elle n’a pas l’apanage des chutes puisque j’avais déjà chuté deux fois depuis le début du voyage alors que j’étais essentiellement arrêté.

    Toutefois, les blessures de mon amour sont de bonnes égratignures; les miennes, plutôt de l’ordre intellectuel…

    Melk

    Nous continuons de descendre ce long fleuve tranquille vers Melk.

    À certains endroits, la Donauradweg est plus favorable sur une rive par rapport à l’autre alors de petits traversiers se trouvent judicieusement positionnés pour nous transporter sur l’autre rive pour quelques euros.

    Melk est reconnue pour son Abbaye de moines Bénédictins.

    Elle a été d’abord fabriquée autour du XIe siècle puis la bâtisse originale a péri sous les flammes pour être reconstruite au XVIIIe siècle.

    À part le fait qu’on y vende du Schnapps à l’abricot, fait localement, elle est mentionnée dans le roman d’Umberto Eco, Au nom de la rose.

    Pour ceux qui n’ont pas lu le livre, même si au début des années ’80, il s’en est vendu plus que la bible, vous avez probablement vu le film. Adso ( joué par Christian Slater), le jeune acolyte de Shaun Connery, est le narrateur de l’histoire et c’est à l’Abbaye de Melk, lorsqu’il sera « vieux », qu’il rédigera ces événements de sa jeunesse.

    Par ailleurs, à date, je vous ai peu parlé de bouffe parce que…eh bien c’est assez primitif. Une fois qu’on a ingéré une soupe goulash, quelques saucisses, puis toutes les variétés de veau, port, poulet pannés accompagnés de patates et de sauce aux canneberges et qu’on se « désale » le gosier avec une bière blonde insipide, on vient d’englober une bonne partie de l’art culinaire autrichien.

    Autre particularité, on retrouve autant de pizzérias qu’en Italie; ce qui semble être une maladroite adaptation de l’autrichien moyen à vouloir ouvrir ses horizons culinaires.

    Alors nous avons été agréablement surpris de découvrir à Melk, bled de 5000+ âmes, un restaurant digne de ce nom. C’est peut-être parce que nous sommes maintenant dans la région viticole du Wachau. Heureusement, les disciples de Bacchus aiment souvent bien manger. Alors curry pour mon amour et carrés d’agneau pour moi avec respectivement vin blanc et rouge locaux!

    Demain, on rentre sur Vienne.

    Bilan:

    1046.1 km roulés

    11 378 mètres d’ascension

    Munich-Budapest jours 9 et 10

    Salzbourg

    « Château de sel », c’est l’étymologie du nom de la ville, faisant référence aux mines de sel l’ayant rendue riche. Les Celtes venaient en chercher il y a plus de 2500 ans.

    Pour ma part, je peux vous dire que j’en ai plutôt donné du sel pour m’y rendre.

    Je croyais qu’après avoir gravi la route alpine du Grossglockner, le reste du voyage serait facile. Eh bien non.

    Le départ de Fusch an del Grossglockner était relativement roulant; faux-plat descendant mais contrecarré par un bon vent dans la proue de mon cargo. Par contre, le paysage est toujours idyllique.

    J’ai déjà écrit dans d’autres blogs que je commence à en avoir plein les jambes lorsque l’inclinaison de la route s’approche de 15%.

    Alors vous comprendrez que j’étais surpris lorsqu’on a franchit une section à 24%.

    J’ai du prendre un répit et par la suite, j’ai tout simplement poussé le vélo sur plusieurs mètres puisque j’étais incapable de repartir dans la pente « amoindrie » à 19%.

    Arrivés sur un petit plateau, on repart mais un autre mur se dresse devant nous. J’étais tellement concentré à pousser sur les pédales que je n’ai même pas vu l’écriteau au haut de la pente; c’est mon amour qui a pris la photo.

    Je peux vous dire que j’ai vu, un bref instant, alors que je regardais mon GPS pour tenter de comprendre pourquoi je forçais comme un auroch après son attelage, 31% de pente.

    Cela surpasse de 10% la côte à Godin (surnommée « de la misère ») aux Éboulements, dans Charlevoix.

    Par la suite, nous avons eu de longues sections soutenues à 18%. Une longue descente vertigineuse nous attendait de l’autre côté ainsi qu’un bon café.Une fois la descente complétée, on reprend une montée de fous variant de 12 à 19%.

    Rendus au sommet, je dis à mon amour qu’il reste simplement 30 km de pure descente vers Salzbourg donc, arrivée prévue dans une grosse heure…C’est tout de même un beau décor pour réparer une crevaison.

    L’entrée dans une ville à caractère médiéval et grouillante de vie comme Salzbourg nous fait vite oublier les aléas du voyage.L’accueil à l’hôtel Weisse Taube est chaleureux et on prend un plaisir coupable à « parker » les vélos pour deux nuits.

    Avant le souper, nous allons prendre un verre dans un pub irlandais où je peux enfin boire autre chose que les bières blondes sans saveur qui dominent le marché dans les petits villages du Tyrol.

    Le lendemain, on se lève tôt pour débuter nos visites puisqu’on se dit que les touristes seront abondant car le premier mai, dans plusieurs pays d’Europe, c’est la fête du travail.

    Premier arrêt, lieu de naissance du personnage de Salzbourg le plus populaire, Mozart.

    Je pourrais vous parler aussi de Charles Doppler, découvreur de l’effet qui porte son nom mais à part les utilisateurs d’échographie ou les astronomes amateurs lisant ce blogue, son existence semble avoir moins retenu l’attention que celle de Mozart.Tout le monde a une petite idée sur la vie de Mozart, sur la précocité de son génie musical, sur sa relation avec son père ( renommé professeur de musique), etc.

    Le musée parle en bien de sa soeur qui était elle aussi une grande musicienne mais restée dans l’ombre de son frère.

    On retiendra aussi que l’épanouissement musical de Mozart s’est réalisé autant, sinon plus, à Vienne.À l’instar de la cuisine représentée ci-haut, on constate que le lieu de naissance de Mozart était bien modeste.

    Par la suite, nous marchons dans la ville pour s’en imprégner, visitant au passage les jardins du Château Mirabell.On assiste durant quelques minutes à un concert en plein air puis nous continuons notre marche jusqu’au funiculaire.Le funiculaire nous grimpe jusqu’à la forteresse de Hohensalzburg.

    Débutée dans les années 1000 et terminée dans les 1600, elle serait la plus grosse forteresse d’Europe. Elle domine littéralement la ville.Elle abrite quelques petits musées d’intérêts discutables dont un musée de la torture, nous rappelant qu’il y a déjà eu des fauteuils moins confortables que ceux d’une salle d’attente.Voici quelques autres photos prises lors de notre longue marche. La dernière en est une d’une machine distributrice de chambre à air de vélo; fallait y penser.Demain, on se rend à Passau pour débuter notre « descente » du Danube vers Vienne, Bratislava et éventuellement, Budapest.

    Bilan:

    616 km roulés

    8775 mètres d’ascension

    Munich-Budapest jours 7 et 8

    La route alpine du Grossglockner

    Un des buts du voyage était de rouler sur la plus haute route d’Autriche en côtoyant le mont Grossglockner qui domine les alpes autrichiennes à 3798 mètres d’altitude.

    Afin de se garder de l’énergie, nous avons subdivisé cette section en deux jours.

    D’abord il fallait se rendre dans la vallée en passant par Lienz; très beau trajet roulant jusqu’à cette ville.

    Ensuite, pour sortir de Lienz, on s’attaque à un mur; voir le graphique en noir ci-dessous.

    Au sommet de ce mur, après avoir forcé pour ne pas que les vélos partent à reculons durant quelques km, cet écriteau nous attendait. Veuillez lire à haute voix et vous comprendrez qu’un québécois n’aurait pu dire mieux.

    Le paysage demeure toujours majestueux tout de même.

    On accède ensuite à l’hôtel directement via la piste cyclable. Génial.

    Le lendemain, journée de grimpe.

    Départ tôt, dans la fraîcheur matinale, nous forçant à revêtir plus de linge qu’à l’habitude.

    Cinq à six km plus loin et quelques virages en épingle à 10-12% nous convainquent de revenir à la tenue estivale.

    La route du Grossglockner en est une essentiellement touristique; on ne rencontrera aucun routier lourd. Nous y retrouverons plutôt des « sportifs » de la cylindrée, soit à deux ou quatre roues.

    La montée s’apparente au Ventoux en difficulté avec un décor toutefois complètement différent.

    Il y a deux ans, lorsque nous avions fait le Ventoux, les baggages étaient restés dans la chambre d’hôtel, à Malaucène.

    Cet fois-ci, les vélos étant « chargés », j’ai vraiment l’impression de tenter d’hisser une remorque de ciment au sommet de cette splendide route.

    La gestion de la température ambiante, qui varia de 20 Celcius, à mi-montée jusqu’à 6 C au sommet, était pour ainsi dire, bizarre.

    Alors que j’avais froid, voyez mon amour photographiée avec un sportif rencontré à environ 1800 m d’altitude.

    Ci-dessous, d’autres images démontrant la variété du décors.

    Finalement, le sommet, à 2504 m, nous accueille avec un resto chauffé.

    Je crois que l’enneigement annuel, en ce lieu, est tout-à-fait respectable.

    En mangeant notre pizza, je constate que tous les autres cyclistes présents boivent un 500 ml de bière! Ils connaissent probablement, faut-il espérer, chaque virage par coeur à la descente.

    Pour ma part, je suis content d’être rester sobre puisque je réalise, durant notre descente vertigineuse avec ma bécane lourdaude, que mes freins à disque sont aussi efficaces qu’un fonctionnaire, un vendredi, avant le congé de Noël.

    À un certain virage moins incliné, je réussi à m’arrêter, les deux mains en contraction tétanique sur le guidon. Quoique mon vélo de cyclotourisme, avec les baggages, ne soit pas toujours facile à rendre au sommet des ascensions, lorsque nous basculons de l’autre côté de la montagne, je vous assure que la vallée nous aspire tel un trou noir.

    Les « pads » de frein sont probablement un peu usés et simplement en rétrécissant l’espace libre des « calipers », le tout me permet d’atterrir à l’hôtel en douceur.

    Demain, Salzbourg.

    Bilan:

    523,9 km roulés

    7513 mètres d’ascension

    Munich-Budapest jour 5 et 6

    Le Tyrol

    La première fois que j’ai entendu parler du Tyrol, je devais avoir 16 ans. C’était à l’époque où l’on parlait des exploits de Reinhold Messner.

    Pour ceux qui ne sont pas férus d’alpinisme, Messner est le premier à avoir grimpé l’Everest sans oxygène, le premier à avoir grimpé l’Everest seul, le premier à avoir grimpé le K2 en mode semi-alpin, le premier à avoir grimpé les 14 sommets de plus de 8000 mètres, il y avait des articles sur lui dans le National Geographic, des films, etc.

    Comme vous l’avez deviné, Messner est originaire du Tyrol. Plus précisément du Tyrol italien.

    Parce qu’en fait le Tyrol, région montagneuse à souhait, est réparti entre le sud de l’Autriche et le nord-est de l’Italie.

    À part ses exploits d’alpinisme, ce qui m’intriguait chez Messner était le fait qu’il était italien mais que sa langue première était l’allemand.

    En fait, bien qu’on nous dise souvent à nous, les canadiens, que notre pays est « jeune » et qu’ici, en Europe, que les pays sont « vieux », l’unification des pays européens selon le territoire qu’on leur reconnait aujourd’hui est relativement jeune.

    Par exemple, l’unification des régions de l’Italie pour former le pays appelé du même nom aujourd’hui s’est complétée en 1871.

    L’empire d’Autriche se forme en 1804 (avant, c’était des régions appartenant à différents royaumes familiaux) puis il y a un pays combiné d’Autriche-Hongrie suivant le trajet du Danube. Suite à la Guerre de 1914-1918, la Hongrie et l’Autriche redeviennent indépendantes.

    L’Autriche sera ensuite annexée en 1933 durant le IIIe Reich puis laissée à elle-même post 2e Guerre mondiale.

    Elle redeviendra essentiellement autonome en 1955.

    La confédération du Canada date de 1867. Alors, l’âge des pays…

    Donc, pour revenir au Tyrol, même si tout le monde y parlait allemand, la situation géographique des montagnes, régissant par le fait même le déversant des rivières; l’Inn, dans Innsbruck, vers le Danude et l’Isarco, en Italie, vers l’Adige puis la mer Adriatique, a déterminé où les frontières entre les pays se situeraient, et ce, sans tenir compte de la langue principale des citoyens.

    Il y a sûrement eu un million d’autres magouilles (appelées « traités ») mais ce blogue est trop court pour en faire le tour et je suis en vacance.

    Donc nous voilà dans une région que je rêve depuis longtemps de visiter. Nous ne serons jamais des grimpeurs comme Messner mais, à notre modeste façon sur les vélos, le Tyrol nous fera expérimenter la grimpe.

    Au départ de Innsbruck, on traverse la rivière Inn en passant sur un brucke (pont, en allemand; je vous met au défi de trouver l’étymologie du nom de la ville🙄), on débute assez rapidement la grimpe, 400+ mètres sur environ 3.5 km, pour ensuite prendre un faux-plat ascendant jusqu’à ce que nous passions le col de Brenner, à 1370 mètres d’altitude, passage frontalier entre l’Autriche et l’Italie. C’est plus haut que le sommet du Mont Jacques-Cartier (1268 m) dans les Chics-Chocs alors qu’ici, on dit que c’est un col bas…

    Par la suite, nous allons plutôt vers la descente jusqu’à Campo di Trens, petit village où se trouve l’auberge de la famille Wieser. Imaginez, la bâtisse est dans la famille depuis les années 1500!

    Le tout est rénové et l’accueille est chaleureux.

    Le petit village est tel qu’on peut s’imaginer, coincé dans une vallée entourée des ramparts vertigineux des alpes du Tyrol.

    Le lendemain, nous nous dirigeons vers San Candido, haut lieu du ski et de l’alpinisme dans les Dolomites.

    Les Dolomites sont une chaîne de montagnes se situant en Italie juste à côté des Alpes; certains les nommes « Pré-Alpes ».

    À part le fait d’être d’une splendeur exceptionnelle, les Dolomites étaient le territoire d’entrainement de Messner.

    Voilà!

    Demain, nous retournons vers l’Autriche pour aller éventuellement côtoyer son sommet, le Grosglockner, pour ensuite descendre vers Salzbourg et terminer la partie montagneuse de notre voyage.

    Bilan:

    402,1 km roulés

    5004 mètres d’ascension