Après un petit déjeuner à saveur douteuse arrosé d’un café de percolateur acide à souhait, nous enfourchons les vélos pour d’abord rejoindre Kingston.
Cette première destination a son lot d’histoire et d’intérêts mais le chemin pour s’y rendre, l’accotement de la 33, est particulièrement insipide.
De la forêt, du trafic et un pavé moyen.
Kingston toutefois est intéressante.
D’abord nommée Fort Frontenac par Cavelier de La Salle, elle fut la première capitale du Canada. Par la suite ce fut Montréal, Toronto, Québec puis finalement Ottawa.
Afin de pouvoir fournir Kingston en marchandises en provenance de Montréal en évitant quelques passages trop près des États Unis (ils ne nous aimaient pas à l’époque) le Canal Rideau a été construit pour relier la rivière des Outaouais à Kingston.
Finalement, l’utilisation militaire ou autre de ce canal a très peu servi puisque les guerres avec les américains ont cessé puis plus tard, la voie maritime du St-Laurent fut construite alors, so much pour le Canal Rideau sur lequel bien des canadiens français et irlandais se sont cassé le dos ou y ont même perdu la vie.
L’architecture de Kingston est jolie, sa situation sur le lac Ontario en fait un site de voile hors pair et on peut même y trouver de bons cafés: drogue essentielle aux cyclistes.
Post café, nous reprenons la route qui s’avère encore so so sur quelques kilomètres.
À l’approche du ferry Adolphustown-Glenora, le trafic se calme, ponctué par le ferry, et la route est jolie avec un pavé impeccable.
Le traversier est gratuit, avec un horaire aux 30 minutes pour un passage d’une durée de quinze minutes.
Un peu de fatigue fait ressentir la fraicheur de l’eau de façon plus significative.
Par la suite, une petite butte de 6% nous amène à notre « cottage » pour deux nuits en face du « Lake on the mountain »
Tapas à la taverne locale puis souper at The Inn et finalement repos.
Cet automne, notre périple de vélo va se résumer à un petit séjour en Ontario.
Ici, les routes sont belles et tout le monde parle anglais alors je n’aurai aucune histoire loufoque comme lorsque je voulais commander des oeufs dans un petit village d’Espagne ou lorsque qu’une vieille dame autrichienne a failli tomber par terre alors que j’utilisais Google translate pour lui demander à quelle heure elle servait le petit déjeuner.
Le Prince Édouard, pour ceux qui, comme moi, sont des ignares de la monarchie, était le 4e fils de George III et père le la reine Victoria. Si vous voulez juste en savoir un peu sur la monarchie, juste retenir que la reine Victoria a eu plusieurs enfants qui se sont mariés avec différents nobles partout en Europe faisant de la reine Victoria la grand-mère des nobles Européens.
Par contre, quatre de ses enfants étaient porteur du gène récessif de l’hémophilie B. Principalement via ses deux filles porteuses, la maladie s’est transmise, entre autres, chez les Romanov.
De retour à nos vélos. L’avantage de ce type de voyage, cet automne, nous permet d’éviter l´avion avec le désassemblage et la mise en boite des vélos.
Autre particularité cette année, nous avons un couple d’amis, Danielle et Robert, qui nous accompagne pour s’initier au cyclotourisme. Le terrain plat de l’Ontario va les convaincre de la facilité de ce sport puis après, nous pourrons peut-être les amener dans les Dolomites en leur disant que c’est à peine plus difficile…
Nous débutons le mini périple à Gananoque (ça se prononce GAN-a-NOK-way), la porte d’entrée des Mille-Isles.
Dans Wikipedia, il est écrit que Gananoque est un nom aborigène. Les aborigènes sont les premières nations de l’Australie alors c’est fou comment on peut voyager simplement en relevant des erreurs sur le web.
L’erreur est partiellement corrigée par le fait qu’en appuyant sur le mot « aboriginal » surligné en bleu, ils nous amènent au site des Premières Nations d’Amérique.
Je crois tout de même que le mot aborigène devrait être modifié, mais bon.
Gananoque signifierait le village sur deux rivières; le St-Laurent d’un côté et la rivière Gananoque de l’autre.
Les berges de la rivière Gananoque étaient probablement légèrement différentes à l’époque où les Premières Nations ont nommé l’endroit. Les temps changent.
Nous passons la première nuit à la Maison Chrysler. La maison serait de style Géorgien-Victorien ( on revient au père et la fille de notre Édouard…).
Elle fut construite pour un capitaine de bateau de la marine marchande, le capitaine Chrysler alors, rien avoir avec les bagnoles historiquement connues comme difficile à démarrer durant les hivers québécois.
Après avoir exploré quelque peu le village, nous avons dégusté des pierogi (dumplings tchèques) dans un restaurant de la même origine, puis regagné la maison du capitaine pour se reposer en préparation de demain.
La journée s’annonce magnifique: ensoleillée, pas de vent, route prisée par plusieurs amateurs de vélo sur Komoot.
Rapidement nous sortons de Agde et nous retrouvons sur de belles routes, dans la campagne ou près de la mer avec absence de trafic routier.
La section en ligne droite, entre l’étang de Thau et la mer, est roulée à plus de 33 km/h; tout va comme sur des roulettes.
Nous atteignons Sète plus rapidement que prévu et cela nous porte à réfléchir sur le fait qu’hier, nous aurions du pousser jusqu’ici puisque la ville est plus belle et plus animée que Agde.
Le temps de traverser Sète, nous nous retrouvons sur le bord d’autres étangs salins où l’on aperçoit des flamands roses. Ceux-ci sont toutefois trop loin pour obtenir une photo décente.
Peu de temps après, en sortant d’une voie cyclable, mon amour percute violemment un poteau mis au centre de la voie pour ralentir les cyclistes près d’une sortie.
J’entend un énorme « crack » et en me retournant, je la retrouve en douleur sous son vélo à une quinzaine de pieds de la voie, dans l’herbe.
Quelque chose lui a percuté le thorax et elle a le souffle coupé.
Une fois que sa respiration revient normale, c’est surtout son épaule droite qui la fait souffrir et quelques égratignures.
Son vélo est cassé sévèrement là où s’introduit la tige de fourche. Impossible de continuer avec ça.
On panse ses blessures et marchons jusqu’à la prochaine agglomération.
Nous arrivons à un petit centre commercial où il y a un service de location de camionnette.
Je vais m’informer, mais il n’y a rien de disponible.
Nous tentons de prendre l’autobus, pour se rendre à Montpellier, mais ils nous refusent l’accès avec les vélos.
Je tente de trouver un taxi mais tous ceux rejoints n’ont pas de véhicule assez grand ou ne sont pas disponible.
Finalement, nous constatons que la gare de train SNCF se trouve à 2.5 km de nous alors, nous marchons.
Une fois à la gare, celle-ci est fermée mais on peut acheter les billets dans une distributrice.
Un type gentil qui lui aussi prend le train pour Montpellier nous rassure que le train passe tous les heures et qu’il y a des crochets à vélo dans certains wagons.
Le reste se passe comme prévu et nous arrivons à Montpellier sans autre tracas.
Moins de deux km de marche et nous voila à l’hotel Ulysse.
Montpellier s’avère être un jolie ville grouillante d’activité alors nous allons y passer au moins deux jours, le temps de réfléchir et de réorganiser notre voyage.
Agde – Frontignan: 30.26 km et 52 m d’ascension
Bilan final (écourté): 568.58 km et 3800 m d’ascension
Après le petit déjeuner, je vais chercher les vélos pour constater que mon pneu arrière est complètement dégonflé. On s’y attendait et notre premier arrêt prévu est à la boutique Mondovélo de Narbonne.
Je regonfle mon pneu ce qui nous permet de rouler facilement le 1.5 km qui nous sépare de la boutique de vélo.
C’est une très belle boutique, avec vélos haut de game Specialized et Cube.
Le propriétaire est très avenant et m’aide à changer mon pneu avec l’habileté d’un gars qui en a changé des milliers.
Aujourd’hui s’avèrera une journée de récupération puisque nous n’avons que 60 km à parcourir avec très peu de dénivelé.
De plus, le vent a décidé de se calmer et d’adonner.
Pourtant, ce vent du nord appelé la tramontane, est le vent dominant habituel.
Nous nous rendons d’abord à Béziers. Chemin faisant nous pouvons rouler sur les petites routes au travers les champs de vignes, parfois bordées par de magnifiques platanes. Ça ressemble à des vacances!
Béziers, installée sur un monticule testant nos capacités à grimper, est une des plus vieilles villes de France.
La Cathédrale de St-Nazaire domine la ville et derrière sa cour, un petit restaurant nous permet de faire une pause pour le lunch.
L’Orb traverse Béziers et les ponts sur celui-ci sont magnifiques.
Nous reprenons la route en longeant le Canal du Midi. Ce canal est lié, à Toulouse, au Canal de la Garonne pouvant ainsi communiquer par voie maritime de l’Atlantique à la Méditerranée.
Nous arrivons assez tôt à Agde à l’hotel Yseria, classé « accueil vélo ».
Une fois douchés, une balade en ville nous confirme qu’il y a peu de touriste.
La serveuse, lors du souper, nous confirme que c’est inhabituel dans cette région à la fin avril. Les élections sont encore mentionnées.
Le vin local testé ce soir est un « Chemin » du domaine Souyris. Rien à voir avec le Chenin retrouvé surtout en Loire.
Narbonne – Agde: 60.8 km, 189 m d’ascension.
Bilan à date: 538.32 km roulés et 3748 m d’ascension
De longs voyages à vélo comme celui-ci demandent planification et réajustement.
En regardant ce qui nous attend la semaine prochaine en Haute-Savoie, afin de diminuer le kilométrage quotidien en région montagneuse, nous décidons de faire deux étapes en un jour alors que le terrain ici est plus plat.
C’est pour cela qu’au lieu d’arrêter à Perpignan, nous prolongerons jusqu’à Narbonne.
C’était sans compter sur le vent de face dominant avec des rafales à plus de 40 km/h. Avec les sacoches de vélo, la résistance de l’air est telle qu’à un moment donné, nous roulions à 10 km/h.
De plus, les pluies récentes avaient inondées quelques sections de notre parcourt.
Donc au lieu de visiter le Château des Rois de Majorque, nous sommes simplement passé à côté par manque de temps. En résumé, c’est un château gothique, un des premiers château forteresse d’Europe, bâtit par Jacques le IIe, fils de Jacques le Ier d’Aragon. Le royaume de Majorque comprenait l’ile de Majorque, Ibiza, Perpignan et Montpellier (entre autres).
Ce royaume date de fin des années 1200 à début des années 1300 ( dans son apogée). Sa disparition complète est le 28 novembre 1715 mais, parait-il que certains Catalans rêvent encore de sa présence.
Cette époque Aragonaise ne cessera pas de si tôt d’alimenter les légendes et les jeux vidéos où les chevaliers armés s’entrechoquent.
Notre seule photo de Perpignan est ci-bas.
Pour rallier Narbonne rapidement, nous coupons au plus court et prenons des routes plus directes c’est-à-dire les départementales.
Alors la combinaison vent, trafic et accotements douteux rendent cette journée atroce.
Pour couronner le tout, une broche de métal courbée pénètre mon pneu arrière à deux endroit et en ressortant comme une protubérance du pneu, elle vient déchirer mon garde-boue arrière.
Les trous dans le pneu étaient tels que la chambre à air y faisait protrusion et une lente fuite d’air m’a obliger d’arrêter pour y remettre de l’air à environ 5 km de Narbonne.
Une fois arrivés à Narbonne, le type de la réception de l’Hôtel Zénitude est très accueillant et nous aide à ranger nos vélos dans le garage prévu à cet effet.
Une bonne douche et un bon souper accompagner d’un vin local, nous sommes dans le Languedoc-Roussillon tout-de-même, nous permet d’oublier un peu cette journée.
Banyuls-sur-Mar – Narbonne: 112.3 km et 663 mètres d’ascension
Nous débutons la journée par une visite au Cap de Creus, le point le plus oriental de l’Espagne.
Cette péninsule est toujours secouée de vents à vous jeter par terre.
Nous passons ensuite par El Port de la Selva en se dirigeant vers la France.
Le vent, pour une fois, provient du sud alors il va adonner pour une bonne partie du trajet.
Après quelques montées, nous atteignons la ville de Cerbère.
Je croyais que cela avait un lien avec le chien à trois têtes gardant les portes de l’enfer mais, non.
À l’origine, cette région du Roussillon était peuplée de cerfs, appelée ainsi Cervaria en Catalan puis ce se serait traduit en Cerbère…
Donc pas un chien mais des cerfs!
Nous arrivons à Banyuls-sur -Mer plutôt que prévu, aidés par le vent et établissons campement chez un petit vignoble indépendant, le Clos St-André.
En ville, on nous raconte que même si nous sommes durant le congé du printemps des français, comme c’est le week end des élections présidentielles, il y a peu de touristes.
Nous dégustons un de leurs rosés locaux puis admirons le paysage sous un ciel menaçant.
Demain, Perpignan et Narbonne.
Cadaqués – Banyuls-sur-Mer: 64.6 km, 1137 m d’ascension
Bilan à date: 304.42 km roulés et 2707 m d’ascension
Cadaqués, petit village d’à peine plus de 2000 habitants, est un ancien repère de pirates.
C’est la communauté la plus à l’est de l’Espagne. Son point le plus à l’est étant le Cap de Creus par lequel nous passerons demain.
Cadaqués est coincée entre la mer et les montagnes, ce qui lui donne son charme, attirant des hordes de touristes. Sauf que les touristes à vélo doivent franchir son petit col d’environ 400 mètres d’ascension.
Par ailleurs, à part le fait que Salvador Dali y a séjourné une bonne partie de sa vie, j’ai peu de chose à vous dire sur ce très joli village.
Pour ce qui est de notre trajet Gérone-Cadaqués, nous étions en mode contemplatif puisque ce fut une de nos plus belles randonnées à vie alors laissons parler les images.
Nous avons fait une pause café à Escala.Au loin, on aperçoit les Pyrénées enneigées nous défiant de les franchir demain. L’hôtel Sol Ixent, à Cadaqués, est magnifique avec un endroit sécuritaire pour les vélos et un personnel parlant français.
Gérone-Cadaques: 90.1 km et 562 mètres d’ascension
Bilan à date: 239.82 km roulés et 1570 mètrrs d’ascension
On se lève et il pleut des cordes. C’est une petite journée alors on se dit qu’il vaut mieux partir tard pour être certains d’avoir la chambre à notre arrivée pour pouvoir prendre une douche chaude.
Après un copieux déjeuner, nous partons sous une pluie froide et généreuse. Avant de partir, j’avais prévu de telles journées alors j’étais allé chez MEC pour m’équiper encore mieux. J’en suis ressorti avec un nouvel imperméable de vélo, leur dernier model « 3 plis » respirant, etc et une paire de bas supposément imperméable!!?? Allez savoir.
Il faut sortir de Tossa de Mar alors c’est une belle ascension et l’effort nous garde au chaud, nous donnant l’impression que notre équipement est à la hauteur.
Sauf que la gestion de l’humidité, la chaleur, le froid, l’effort associé, etc représente le problème le plus complexe en sport de plein air. Quand doit-on arrêter pour ventiler, retirer un morceau de linge, le remettre, sans se mouiller d’avantage…?
Cela fait plusieurs années que je tente de raffiner cet art avec un succès modéré.
La pluie battante affectait mon cell qui me sert de GPS. Bien que je l’avais protégé avec un ZIPLOCK, la fonction tactile de l’écran ne peut plus s’enlever, du moins sur mon I phone 12. Alors la pluie pitonnait des nouvelles programmations et, rendu au sommet du col, Youtube était en marche ainsi que ma musique et Komoot (mon application me donnant la route à suivre) ne fonctionnait plus.
Alors nous arrêtons sous un arbre et je tente de régler le tout.
Le temps de faire cela, la sueur produite à la montée se transforme en eau froide et notre température corporelle en prend un coup vers le point de congélation. Puis nous amorçons une longue descente pour glacer le tout.
Sans prendre de photo et en se réorientant via les routes les plus rapides et les plus laides, nous avons rallié Gérone au plus sacrant.
L’hôtel Ultonia est magnifique et un repère de cyclistes en voyage.
Bruno et Michèle, deux amis qui ont déjà partagé deux voyages de cyclotourisme avec nous (voir les autres blogs Espagne-Portugal et Autriche-Croatie) s’en viennent au même hôtel pour passer une semaine sur la Costa brava en vélo.
Alors qu’ils font une courte sieste pour absorber le décalage horaire, nous en profitons pour visiter Gérone.
Ville médiévale typique, Gérone, par sa géographie de montagne et de par son climat favorable, est depuis plusieurs année une base pour l’entraînement de cyclistes professionnels.
À l’origine, ce sont surtout les cyclistes nordiques qui l’ont choisi pour pouvoir s’entrainer à l’année.
Lance Armstrong, à ses heures de gloire, y avait domicile.
Maintenant, c’est plusieurs cyclistes professionnels qui y ont établi domicile et il est alors facile d’y trouver les infrastructures permettant un tourisme cycliste facile i-e forfaits de voyages, magasins de vélos, cafés cyclistes et hôtels qui accommodent les cyclistes avec « garages à velo », etc.
Alors malgré notre randonnée pluvieuse et glaciale, les retrouvailles avec Michèle et Bruno furent chaleureuse et le souper nous a permis de célébrer deux jours à l’avance l’anniversaire de naissance de Bruno😬.
Par la suite, une bonne nuit de sommeil était essentielle pour pouvoir affronter l’ascension de Cadaquès.
P.S.: les bas imperméables sont chauds, mais nullement imperméables🤨
Tossa de Mar-Gérone: 40.3 km, 405 mètres d’ascension
Bilan à date: 149.72 km et 1008 mètres d’ascension.
On se dirige maintenant vers la Costa Brava, terme catalan signifiant côte abrupte pour décrire la géographie côtière de cette région de l’Espagne entre Blanes, situé à 66 km au nord de Barcelone, et la frontière française.
Ma propre définition faisant plutôt appel à notre bravoure ou encore le manque de celle-ci face à notre motivation à l’aube de notre première journée de cyclotourisme depuis plus de deux ans.
De la pluie et des orages étaient au menu. Le vent faisait rage avec une orientation nord-est; donc un bon vieux nordais contre qui se battre sur 85 km.
Mais bon, c’est les vacances.
Après s’être démêlé avec le trafic barcelonais, nous arrivons sur la Nationale 11; imaginez la route 112 au Québec, décorez avec un mélange du boulevard Taschereau et des hôtels floridiens décrépits.
Je sais, il y a la mer Méditerranée à notre droite mais celle-ci est garnie de vagues qui semble ajouter à la force du vent s’opposant à nous.
Avec les bagages, ajoutant au poids du vélo, on réussit de peine à maintenir 19 km/h.
Petite pause de 15 minutes vers midi puis on repart.
Par la suite, rien de brillant à vous raconter sauf pour l’entrée à Tossa de Mar qui incluait une belle ascension style mini-col avec une pointe de pente à 17%.
Parfois, nous roulions dans des zones plus protégées mais le vent était toujours présent.
L’hôtel réservé de la chaine GHT est hyper propre avec un style sobre à la scandinave pour un prix très raisonnable.
Une fois le rituel habituel de se laver mais aussi de recharger les GPS, cellulaires, lumières avants et arrières, et de vérifier si les vélos et sacoches tiennent le coup, nous partons à la recherche d’un endroit pour souper et visiter du même coup la vieille ville de Tossa de Mar.
Ici, l’intérêt pour certains serait les plages bien enclavées mais en cette soirée, nous sommes plus attirés par la muraille fortifiée datant du XIIe siècle.
Image résumant le concept de Costa brava (Côte abrupte)
Une fois un dessert savouré dans un petit resto de la vieille ville fortifiée, retour a l’hôtel pour se reposer de cette première cyclo-rando depuis août 2019.
Barcelone-Tossa de Mar: 85,33 km, 486 m d’ascension
Nous voilà à nouveau en Catalogne, territoire d’une ancienne thalassocratie de l’est de l’Espagne incluant les Baléares.
Pour les cyclistes, cette région est bien connue avec entre autre la Costa brava et l’ile de Majorque.
Je dois toutefois admettre, que pour un québécois de la campagne, une catalogne est un couverture lourde tissée avec des restants de tissus usés.
J’ai même trouvé une définition similaire à la mienne sur le web.
Avec photo à l’appui!
Les Catalans, même si leurs origines sont aussi variées que les couleurs de ma couverture d’enfance, (on y retrouve des Indo-européens, des Ibères, des Wisigoths, des Francs, etc) se définissent comme une communauté différente du reste de l’Espagne avec leur langue, le Catalan, différent du Castillan, et ils ont des avancées séparatistes remontant du moins aux années 1700.
Lorsque Hélène avait visité Barcelone en 2018, elle avait eu quelques échos de manifestations séparatistes mais maintenant, après deux ans d’une pandémie ayant fortement touchée l’Espagne, la révolution semble plus tranquille.
L’ancien Palais National de Catalogne (maintenant c’est le Musée National d’art de Barcelone) fut la base de l’ancien site de l’Expo Universelle de 1929.
Une visite du site s’imposait
Bien qu’imposant, cela reste toute de même traditionnel comme architecture comparée aux oeuvres de l’architecte barcelonais Antoni Gaudi.
Je suis loin d’être spécialiste en architecture mais le style inspiré par la nature avec ses formes arrondies, avec des termes comme hyperboloïdes, s’avère unique. Pour ceux n’ayant jamais vu la Sagrada Familia, cathédrale unique et encore inachevée, voici quelques photos.
Les colonnes supportant la voute sont des arbres avec leur branches. Leurs feuilles sont la voute, laissant percer quelque peu la lumière du soleil.
La vouteDétail dans la porte de bronze à l’entréeL’arrière, représentant la crucifixion, des colonnes sont à l’image de côtes de la cage thoracique et des supports représentent des muscles étirés. Fascinant tout de même.
On visita la maison de Gaudi le même jour. Les formes arrondies et l’inspiration naturelle sont encore à l’honneur.
C’est évidemment très résumé et c’est surtout qu’il faut marcher dans l’oeuvre de Gaudi pour l’admirer. Toutefois, un programmeur/informaticien a éccrit un algorithme d’apprentissage similaire aux processus d’intelligence artificielle pour intégrer tous les dessins et concepts d’Antoni Gaudi. Le résultat donne une expérience disons, à éviter pour un épileptique.
Sans compter le 10 km de marche le jour même de notre arrivée, nous avons marché 25 km et plus par jour durant les deux autres jours consacrés à la visite de Barcelone.
Nous avons du recouper la Rambla, rue piétonnière bondée de cafés-terrasses et grouillante de vie, des dizaines de fois.
Une visite à la plage s’imposait mais surtout pour y admirer les bateaux et en profiter pour manger des tappas et des sushis.
Nous avons complété notre exploration par un tour de téléphérique au Château de Montjuic (je sais, nous aurions pu y grimper à vélo mais bon, la Costa brava, les Pyrénées et les Alpes s’en viennent) ce qui nous a permis d’admirer l’immensité du port commercial de Barcelone.
Jardins du Château de MontjuicPort de Barcelone
Pour la fin, nous sommes allés chez Picasso! Ce dernier n’est pas né à Barcelone mais y a passé un bonne partie de sa vie et c’est là qu’il a étudié et développé les fondations de son art.
La plupart des néophytes comme moi se souviennent surtout de la période cubiste de Picasso avec ses portraits aux yeux mal placés. Par contre, j’ai été surpris par la force et la précocité de son talent. Admirez simplement ces deux tableaux réalisés alors qu’il n’avait que 14 ans.
Tout de même « mature » comme artiste à 14 ans pour pouvoir exprimer toute cette émotion dans le regard de sa tante.
Mais bon, ces tableaux-ci sont plus près de ce qu’on identifie généralement comme du Picasso. L’art restera toujours difficile à comprendre pour moi.
La sortie du musée nous accueille avec cette photographie mettant l’accent sur le regard mais aussi les mains calleuse du peintre/sculpteur.
Après ce bref aperçu de Barcelone, il est temps de se mettre à rouler alors demain, Tossa de mar.