Jour 8: Cerisey à Martigny par le Col du Grand-St-Bernard
Après une bonne nuit de sommeil et un parfait petit déjeuner à la Maison Farinet nous attaquons une montée de plus de 1000 mètres sur 16 km: le Col du Grand St-Bernard.
On dit que ce passage entre le Valais Suisse et la vallée d’Aoste Italienne existe depuis le néolithique.
Ensuite, il y a beaucoup d’écrits sur la présence des romains 133 ans avant J-C. L’armée romaine y aurait vaincu le peuple des Salasses qui était installé dans cette région.
Je croyais aussi que c’était par là qu’Hannibal avait passé avec ses éléphants mais parait-il que c’est par un autre col plus au sud.
Napoléon y est passé aussi mais sur l’oeuvre du peintre David on le voit sur un cheval alors qu’il parait que sa monture était un mulet, moins élégant mais plus fiable dans un environnement de haute-altitude.
Comme c’était un passage fréquenté et comme les passages étroits, isolés attirent les brigands qui voulaient soulager les marcheurs de leurs biens, un diacre du nom de Bernard fonde un hospice au col du Mont-Joux vers l’an 1050. Le but de cet endroit est de venir en aide aux gens qui franchissent le col. Le succès de son entreprise fit en sorte qu’on renomma ce passage le col du Grand-St-Bernard.
Il y a un autre passage moins élevé où le même Bernard y a fait construire un autre hospice dans le même but et ce col se nomme maintenant le Col du Petit-St-Bernard.
Les chanoines de St-Bernard avec leurs chiens du même nom ont entretenu la sécurité du col à une époque où beaucoup de gens marchaient cette région.
De nos jours, le col n’est ouvert que lorsqu’il n’y a pas de neige. Pour le reste, un tunnel de plus de 5 km permet un passage sécuritaire annuel.
Pour les cyclistes, le tunnel est interdit alors c’est le col à ciel ouvert.
Et c’est très beau!
Présence d’éléphants…?Avec Napoléon sur son mulet…et pour ceux qui veulent savoir l’altitude
Petit soucis à la montée. Comme nous débutions notre montée, un policier italien (carabinieri) nous interpelle pour nous préciser que la route est fermée du côté Suisse pour rénovation.
J’appelle Yves Orsinger qui vérifie avec une connaissance qui est douanier suisse et celui-ci confirme que c’est bel et bien fermé.
Toutefois, entre temps nous rencontrons deux cyclistes descendant du col et ceux-ci nous rassurent puisqu’ils arrivent du côté suisse. Ils confirment qu’il y a de la construction sur la route mais on peut passer à pied, à côté de la route en réfection.
À la montée, la météo fut parfaite. Par contre, arrivés au sommet, la pluie nous accueille et perdure jusqu’au bas de la descente en Suisse.
On s’habille en conséquence…et vive la brume😵💫
Après 2000 mètres de descente sur 42 km, nous arrivons chez Christine et Yves, à Martigny où une bonne douche nous attend.
Après, vins et fromages à la Fromathèque de Martigny.
L’accueil de Christine et Yves est toujours merveilleusement chaleureux. Il en faut du courage pour accueillir quatre envahisseurs québécois, avec vélos et vêtements souillés d’avoir roulé sous la pluie…
Au lever, à Bard, impossible de trouver un endroit pour le petit déjeuner un mardi matin alors j’opte pour l’épicerie ouverte à 07:00.
C’est plutôt de la taille d’un dépanneur mais ils ne vendent que de la nourriture.
Alors, un litre de jus d’orange, deux bananes, trois croissants et deux yogourts devraient faire l’affaire.
Ensuite, en route vers Aoste et les montagnes.
Nous passons à Aoste vers midi mais ne sentons point le besoin d’arrêter manger.
D’abord, notre petit déjeuner nous soutiens encore et de deux, hier Bruno et Michèle ont perdu une heure à trouver une place pour manger et se sont rallongés d’une quinzaine de km alors, peu d’intérêt sachant la montée de 16 km qui nous attend à la fin de cette journée.
Élucubration routière de Michèle et Bruno dans Aoste
Alors nous attaquons plutôt la montée pour sortir d’Aoste suivie d’une descente à tester les freins pour ensuite entreprendre la dernière montée de 700 mètre sur 16 km.
Nous arrivons à la maison Farinet, à Cerisey. Cerisey est un petit hameau faisant partie de la commune de Saint-Rhémy-en -Bosses.
À l’époque romaine, Saint-Rhémy-en- Bosses s’appelait Endracinum et était un gite d’étape sur la voie romaine.
On dit qu’à l’époque et durant une longue période, les gens d’ici faisait du marronnage.
Marronnage est un terme avec différentes étymologies.
Plus souvent, on va le retrouver employé pour décrire la fuite d’un esclave. Le mot viendrait de l’espagnol « cimarron » qui veut dire « vivre sur les cimes »
Alors ceux qui pratiquaient la marronnage, ici, s’appelaient des marronniers ( rien à voir avec l’arbre d’origine indienne au fruit brun).
Les marronniers étaient ainsi les ancêtres des guides alpins. Ils guidaient les gens qui devaient passer le col du Grand-St-Bernard. Les conditions en hiver étant souvent très difficiles.
Revenons à la maison Farinet. Le logis est impeccable. La dame qui nous accueille a eu l’énorme gentillesse de prêter sa voiture à Brune et Michèle hier pour qu’ils puissent aller souper à Étroubles et elle répétera le geste ce soir pour nous quatre.
Ce nom de famille, Farinet, serait un des plus communs par ici.
Il a aussi été rendu célèbre par un faux-monnayeur, Joseph-Samuel Farinet. Il aurait été capturé et emprisonné à Martigny-Bourg, à deux minutes de l’endroit où nous allons demain. Certain l’aurait surnommé le « Robin des bois des alpes ».
Revenons au vélo.
Michèle et Bruno ont roulé dans le décor local ce jour, sans bagages, simple histoire de garder les jambes actives: 74.16 km avec 1853 m d’ascension tout de même!!
À date, comme on peut le voir sur toutes les photos, la météo a été fabuleuse.
Toutefois, la pluie se manifeste durant le souper laissant présager des conditions moins bienveillantes pour demain. Espérons que nous n’aurons pas besoin de service de marronnage pour traverser le col du Grand-St-Bernard demain.
Nous avions choisi Bard un peu au hasard pour faire le pont entre Turin et l’approche du Col du Grand St-Bernard.
On planifie en étudiant les montées, la distance et tentant de faire un voyage agréable.
La route entre Turin et Bard est merveilleuse en vélo à partir du moment où l’on laisse vraiment la ville et ses banlieues. Conclusion, rentrer et sortir de Turin à vélo est fastidieux.
Par contre, après 19-20 km, c’est très bien.
Comme vous voyez, tout était paisible.
Pour monter au village de Bard, toutefois, une petite côte dont le pourcentage demeurera inconnu, nous attendait.
Je me suis dit qu’avec trois plateaux à l’avant j’y arriverais peut-être.
Eh bien non. En fait j’étais à gauche de la côte puis, voyant que ça ne fonctionnerait pas, j’ai mis le pied droit au sol. Mais la pente a fait en sorte que je suis tombé et le vélo, dans son inertie a fait un tour complet dans les airs avec mon pied gauche toujours clippé.
Plus de peur que de mal.
Les reste s’est monté comme cela.
Bard est une petite ville très ancienne. Des gens habiteraient ici depuis le néolithique.
Le taux de fertilité doit être relativement bas puisque après toutes ses années, la population n’est toujours constituée que de 132 habitants.
Le fort de Bard a aussi une très longue histoire.
Des ostrogothes l’ont déjà habité; ça devrait plaire à Justin Trudeau de les savoir là plutôt que dans les rues d’Ottawa.
Napoléon s’est aussi buté à ce fort et ses occupants. Il faut dire que la route via le col du Grand St-Bernard et la vallée d’Aoste était très occupée par des conquérants tel que Napoléon.
Ce dernier a fait détruire le fort après avoir gagné son passage mais heureusement, il a été reconstruit.
Nous sommes ici un lundi soir alors tout est fermé sauf le resto du bourg. Michèle et Bruno, hier, un dimanche, ont eu une expérience plus complète étant donné que tout était ouvert.
Alors apéro et souper au même endroit.
Ça nous a permis de voir les coureurs du Tor des géants, une course de 330 km dans les montagnes du Piedmont. Leur trajet passe dans Bard, trajet qu’ils doivent avoir terminer en moins de 150 heures…
Drapeau marquant le trajet
Nous terminons notre souper au coucher du soleil. Demain, journée d’ascension.
Bruno et Michèle préparent leur trucs afin de se rendre à Bard aujourd’hui. En fait, ils veulent maximiser leurs journées de vélo dans le décor magnifique du Piedmont puisqu’ils ont choisi une période de vacances plus courte. Ainsi, ils nous quitteront à partir de Martigny.
Pour Hélène et moi, puisque nous sommes partis pour un mois, nous prendrons le temps de visiter un peu plus Turin et ses alentours.
Le musée de Rivoli nous offre plusieurs choses. D’abord une exposition d’artistes aillant vécu la guerre avec quelques oeuvres de Dali, Picasso et Goya entre autres. Pour s’y rendre, une balade à vélo nous permettant de visiter la ville à une vitesse raisonnable. Et troisièmement, sa situation sur une colline va nous donner une superbe vue sur Turin.
Alors une quinzaine de km sur vélos allégés, ça va bien.
La vue est très belle.
Une réflexion via la vision d’artistes de différentes époques est pertinente pour les gens de Turin, ayant été bombardés durant la 2e guerre mondiale mais aussi pour nous tous face aux frasques de Poutine et la montée de l’extrême droite.
Ja sais qu’à une autre époque, les intéressés par ce sujet ont tous vu les photo de Robert Capa de chez Magnum mais la vision d’un artiste qui prend la peine d’observer l’horreur, de l’absorber et de l’interpréter reste tout de même viscérale.
Ces deux oeuvres de Zoran Music, un peintre Italo-Slovène emprisonné par les nazis à Dachau nous donne l’impression que l’on peut sentir l’odeur des sujets.
Dali, eh bien, c’est moins viscéral et plutôt hyper réfléchi selon l’explication ci-bas.
Par ailleurs, comme nord américains, nous avons toujours la vision USA de la guerre du Viet-Nam. Alors les dessins et aquarelles d’artistes vietnamiens nous font voir, disons, autre chose.
Bon, il y avait bien d’autres choses comme des poèmes de Paul Éluard, des oeuvres d’un afghan ayant fuit la guerre, un film sur un soldat français parlant de ses cauchemars bref, c’est laid la guerre mais comme disait ma blonde, les Poutine de ce monde ne s’arrêtent pas à ces « détails»
Par la suite, pour égayer cette belle journée ensoleillée, on retourne au centre ville de Turin pour y savourer un café Bicerin.
Ce café traditionnel de Turin existe depuis 1763. Bicerin voidrait dire « petit verre ».
La dame qui nous l’a servi mentionne qu’à l’origine, avant la messe, les gens ne devaient pas manger alors ce café nourrissant fait avec du chocolat chaud, du café espresso et du lait froid moussé servait à faire patienter l’estomac des fidèles.
Ensuite c’est l’heure de la sieste puis l’apéro.
Hélène teste l’apérol spritz du Km5, supposé être un des meilleurs de Turin. Bref, ce n’est pas le cas alors, vive la bière des Maures.
La ville est à la fête où les nations se croisent.
Ensuite nous soupons chez Tabui, bon restaurant découvert par Michèle la veille mais hier, c’était complet.
Fish and chips très fancy arrosés avec un Pepi, sauvignon blanc de l’Alto Adige. C’est dans le Tyrol italien ( Voir Munich-Budapest pour les curieux).
Après une bonne nuit et un bon déjeuner, nous finalisons la préparation des vélos. Chaque hôtel a ses propres modalités pour l’entreposage des vélos.
Ici, c’est dans une cave fermée avec une ancienne clé, probablement à copie unique.
La première partie de la route est tranquille et agréable.
J’en profite pour appeler Yves Orsinger pour savoir si Christine est revenue du Maroc parce que nous étions inquiets face au tremblement de terre qui sévit là-bas.
Yves me rassure, Christine est rentrée depuis quelques jours, alors pas de soucis, pour reprendre son expression.
Je communique avec Yves sur WhatsApp. Alors que je termine l’appel, je reçoit un appel d’un numéro inconnu sur la même application. Je bloque l’appel tout en tentant de garder les yeux sur la route.
Et là je vois que l’interlocuteur insiste et m’écris me disant que c’est urgent et à savoir si nous avons la clé de la cave à vélo.
Nous arrêtons de rouler et je pose la question à Bruno qui touche automatiquement la pochette gauche de son cuissard.
En effet, la dite clé est avec nous et il y a d’autres cyclistes qui attendent à l’hôtel Cuneo pour récupérer leurs vélos.
Alors Bruno largue ses grosses valises et repart vers l’hôtel Cuneo porter la fameuse clé. Ce petit allez-retour va lui rajouter environ 15 km de plus à sa journée.
Durant ce temps, les trois autres relaxons et observons les gens du coin.
Une dame nous donne espoir sur le futur à vélo.
Et ma blonde découvre des kiwis italiens.
Une fois la mission de Bruno accomplie, nous voila repartis. Rapidement, nous nous retrouvons sur une route nationale avec un trafic modéré mais rien n’est agréable.
Après environ une trentaine de km, nous prenons une pause et j’en profite pour vérifier s’il ne serait pas possible de modifier le trajet sans trop se rallonger.
En effet, je trouve une route alternative sur Komoot qui nous rallonge de 900 mètres.
Ainsi, la majorité de notre route jusqu’à Turin ( Torino en italien) sera sur des voies cyclables magnifiques.
Arrivés dans Turin, on doit naviguer des dizaines de trafics lumineux pour finalement arriver à l’Hôtel Urbani. La qualité de l’accueil et la propreté des chambres sont au rendez-vous.
Turin est une jolie ville jadis populaire parce qu’elle abrite le « suaire de Turin » dans son duomo.
Ce duomo n’est pas très attirant et n’a pas la réputation d’être une très belle église. Quant au suaire lui-même, drap jauni qui aurait, selon une légende ou une arnaque, enveloppé Jésus Christ après sa mort, les théories scientifiques et la datation au carbone 14 lui donne plutôt une origine médiévale alors…
Pour le reste, l’architecture est magnifique et la ville est vibrante alors, on se laisse absorber.
En ce samedi soir, tous les restos suggérés par le réceptionniste de l’hôtel sont pleins alors nous optons pour le restaurant « kitch » Urbani tout à côté de l’hôtel. Leur collection d’objets de porcelaine douteux est impressionnante mais cela n’empêche pas d’avoir une cuisine honnête malgré un service précipité.
Pour la prochaine journée, programme différentiel: Bruno et Michèle reprennent la route vers Bard alors qu’Hélène et moi voulons rester une journée de plus à Turin.
Nous allons tous nous rejoindre dans deux jours pour franchir le col du Grand St-Bernard.
Après une bonne nuit de sommeil (pour certains), nous avalons un yogourt et un verre de jus achetés la veille parce qu’aucun resto n’est ouvert, en cette saison basse, pour le petit déjeuner.
On doit ensuite défaire les lits et rapporter draps et serviettes. Alors, pour 44 euros, même pas de service.
Ensuite, nous attaquons les derniers 3 km pour franchir le col de la Lombarde à 2350 m d’altitude.
L’ambiance au sommet est magnifique quoique rompue à quelques reprises par des motards venant faire vrombir leurs engins à deux roues; il faut dire que ces lacets montagneux sont très prisés par la motocyclistes. À chacun son trip.
Les prochains 19 km (plus ou moins) sont d’excellents tests pour les freins parce qu’avec des vélos d’environ 35 kg, se laisser aller à plus de 40 km/h dans des descentes vertigineuses est suicidaire.
Les troupeaux de vaches profitent encore du beau temps pour enrichir leur lait dans l’alpage.
Au pied de la descente, nous arrivons à Vinadio où l’on déguste nos premiers cafés de la journée. Il était temps puisque le sevrage de la caféine se faisait ressentir alors deux cappuccinos par personne.
Portion de la ville fortifiée de Vinadio
Pour rentrer à Cuneo, nous empruntons un chemin bucolique, dénué de trafic, bref, tout est parfait.
Arrivés à Cuneo, l’hôtel du même nom nous accueille chaleureusement. Le tout est au gout du jour, confortable et très propre.
Cuneo est une petite ville agréable d’environ 55 000 habitants. L’ambiance est agréable. Nous prenons apéro, souper puis repos bien mérité.
Nous voilà repartis pour une petite virée européenne. Nos amis Michèle et Bruno (voir Espagne -Portugal et Autriche-Croatie) sont avec nous jusqu’en Suisse.
Par la suite, nous ferons un bout seuls en France ad Paris où Danielle et Robert (voir Prince Edward County) nous rejoindrons pour compléter le voyage ad Amsterdam.
Arrivée à Nice, nous constatons que la boite de vélo de Bruno et la mienne ont probablement été larguée avant l’atterrissage, probablement parce que nos vélos en acier étaient jugés trop lourds.
Donc nous nous sommes retrouvés avec des dents du grand plateau de pédaliers écrasées et sortant du ventre de la boite comme l’alien dans le film du même nom.
Nous assemblons les vélos en tentant d’ignorer ce problème et en fait, tout tourne bien sans évidence de trauma majeur.
Par la suite, puisque nous sommes à Nice et que nous avons faim, une petite visite dans une terrasse sur la plage s’impose.
Par la suite, nous retournons sur notre route pour ensuite se rendre à Castagniers, au Servotel; décoration année 1970. Ce n’est pas kitch, c’est juste vieux et relativement laid.
Par contre, leur salle à manger et leur terrasse sont magnifiques.
Souper tôt puis au lit à 21:00 pour contrer le décalage horaire.
Le lendemain, petit déjeuner à 07:00, microajustements sur les vélos puis départ vers Isola 2000.
La route est belle et le décor est fabuleux.
Petit soucis toutefois qui va nous habiter durant une bonne partie de la journée; le 31 août, le gestionnaire du condo dans lequel nous devons dormir ce soir m’a écrit pour me dire que les draps et serviettes ne sont pas compris.
Je lui avait répondu le jour même pour lui dire que c’était inacceptable et qu’il devait trouver une solution parce que nous arrivions à vélo et qu’évidemment ( mais il fallait lui préciser🙄) nous ne transporterions pas 4 sets de draps et serviettes.
Pas de réponse de l’individu jusqu’à ce que je lui écrive à nouveau hier. Je crois qu’il pratique la théorie que si on ignore un problème, il va disparaitre.
Alors hier il m’écrit qu’il va peut-être trouver des draps, pour un certain prix, et que ce n’est pas évident hors saison de ski. De plus, étant magnanime jusqu’au bout des orteils, il me demande si nous y tenons vraiment…
Alors j’insiste, tout en restant poli en me mordant la langue.
Finalement il me répond qu’il a trouvé une solution et qu’il a négocié un prix pour nous: 44 euros!!
J’ai failli lui demander si, à ce prix, cela signifiait que nous achetions les draps mais, à quoi bon. Les arnaques existent sous toutes sortent de forme, même dans de beaux draps.
Le première partie de notre route, en fait les premiers 54 km se grimpent facilement.
Nous prenons une une pause café à Isola puis repartons vers une grimpe soutenue ad Isola 2000.
En fait, environ 12-13 km avec une moyenne autour de 7-8%.
Après avoir roulé durant plus de 5 heures, nous arrivons à Isola 200. C’est un village construit uniquement autour de la station de ski.
Le nom d’Isola 2000 provient du fait que l’altitude moyenne du village est à 2000 mètres. Les habitants se nomment des Isoliens.
C’est situé dans le massif du Mercantour. Il y a plusieurs année, des loups ont été réintroduits dans le Parc su Mercantour alors je me demande si nous en entendrons hurler durant la nuit.
Pour souper, un seul restaurant d’ouvert, Le Vieux Chalet. Nourriture honnête et portions généreuse.
Dodo puis demain, l’Italie.
Bilan à date: 99.4 km roulés et 2043 m d’ascension
Nous devions faire un voyage de vélo. On avait prévu une traversée des alpes françaises, du sud au nord.
Le déménagement récent est venu chambarder ce beau projet alors, comme le temps des vacances était réservé, et comme nous voulions nous éloigner pour prendre du recul et se reposer, nous avons étudier quelques possibilités.
Les iles Canaries sont une constante qui revient toujours dans nos projets. Toutefois, après avoir parcouru un bouquin sur cet archipel, la motivation, pour des raisons qui m’échappent, n’y était pas.
Alors mon amour a fait une suggestion: « Et si nous allions rejoindre Maxime et Geneviève qui terminent leur périple de trois semaines en Italie à Palerme? »
Ceci semble assez simple. Alors nous partons avec sacs à dos de taille moyenne. Nous profitons du fait que nous habitons près du métro alors, pas d’encombrement de voiture ou taxi. Petite marche jusqu’au métro, puis métro ad Berry puis bus « 747 » jusqu’à l’aéroport.
Vol d’abord jusqu’à Zurich, où nous profitons du temps d’escale pour faire une micro excursion dans la ville.
Un court vol de 3 heures relie Zurich à Palerme puis le train nous transporte au centre ville de Palerme.
Heureusement, nous sommes en avril et ainsi, la chaleur ne s’est pas encore installée alors la petite marche jusqu’à notre location Airbnb n’est pas trop pénible.
Habituellement, les grandes villes européennes sont animées d’énergie mais, ici, dans cette métropole sicilienne, le chaos est à l’extrême. Difficile de dire où se trouve l’influence phénicienne, byzantine, arabe ou normande. Nous avons l’impression d’être à Calcutta où la principale règle de conduite est qu’il n’y en a pas.
Arrivés à l’appartement, une blatte morte de 4 cm de long nous accueille. La blatte, ou le cafard comme disent les français est le personnage principal dans la Métamorphose de Kafka; c’est peut-être un signe.
Une fois lavés et défroissés, nous allons souper dans un resto suggéré par le Guide vert Michelin, FUD bottega Sicula sur la Piazza Olivella. Le resto est évidemment tendance nouvelle et jeune mais rien d’extraordinaire côté bouffe.
Le lendemain, Maxime et Geneviève qui devaient arriver vers midi de Cefalù, commencent à nous texter vers 10:30 voulant qu’on se rejoigne au Mercato del Capo.
Il y a quatre marchés historiques dans Palerme mais le Mercato del Capo est le plus populaire.
On boit un jus d’orange et pomme Grenade frais pressé puis nous allons luncher derrière un stand de poissons où l’on sert un variété inouï de produits de la mer. Ce sera un brunch pour Hélène et moi; drôle d’entrée en la matière mais bon, c’est riche en protéines.
Alors que nous sommes encore dans la brume du décalage horaire, Maxime et Geneviève sont animés de l’énergie que l’on peut recueillir après trois semaines d’exploration, de Florence jusqu’en Sicile.
Maxime doit nous sortir de notre torpeur pour nous faire remarquer la bague de fiançailles qu’il a offert à Geneviève dans une tempête de neige sur le Mont Etna.
À part le fait que c’est le volcan le plus actif de l’europe, il faut savoir sur l’Etna que ses flancs regorgent de vignobles très réputés. Nous y reviendrons mais pour l’instant, après avoir visité le port et la marina, nous nous retrouvons en début de soirée pour souper sur une terrasse et déguster un bon rouge de l’Etna.
Le lendemain, nous changeons de résidence pour aller à l’hôtel Concordia, hôtel où résidaient Geneviève et Maxime alors qu’eux s’envolent vers Paris pour éventuellement revenir au Québec.
Nous devons faire le transfert assez rapidement puisque nous avons un cours de cuisine sicilienne qui débute à 10:30.
La cours de Mama Corleone est très convivial alors que nous sommes les seuls inscrits pour cette matinée et nous avons aussi une traductrice permettant ainsi un échange culturel en plus de celui culinaire.
Le but principal était d’apprendre à faire des pâtes fraîches mais le cours inclus aussi la fabrication de polpettes à la viande et végétariennes (à base d’aubergine) ainsi que de préparer un dessert, du bianco mangiare au pistaches.
Mama Corleone nous dit que le bianco mangiare est un dessert typique et ancien en Sicile. En fait, en français, c’est du blanc mange et Hélène et moi lui disons que ce dessert existait aussi depuis longtemps au Québec puisque nos grand-mères et nos mères en cuisinaient.
Mama Corleone nous donne des trucs aussi sur la préparation d’une sauce tomate ainsi que sur la cuisson des aubergines.
Une fois le repas prêt, on déguste avec un petit vin blanc sicilien.
La quantité étant trop pour notre appétit, Mama Corleone nous procure des petites boites pour emporter les restes.
Le soir venu, nous soupons à la Trattoria Celso. En fait, nos pâtes du midi nous ont tellement remplis que nous ne prenons que de petites entrées.
Le lendemain, à force d’entendre le bruit incessant de Palerme, un mini trek en dehors de la ville s’impose alors nous partons vers le Monte Pelligrino.
Surplombant Palerme et les environs, le sommet du Monte Pelligrino va donner une vue d’ensemble tout en réduisant les décibels envahissants.
Castello Utveggio
Déjà à partir de la ville on peut voir le Castello Utveggio se situant au 3/4 de la montée.
Le sentier de montée est une véritable route de pierres datant du 17e siècle.
Cette route fait aussi le bonheur de ceux qui veulent la grimper en vélo de montagne. Il y a aussi une route pavée pour les voitures, les bus et, évidemment, les vélos de route.
Arrivés au sommet, on y retrouve le Santuario di Santa Rosalia qui lui aussi date du 17e siècle.
À l’intérieur, le plafond de la grotte est parsemé de gouttières en zinc qui recueille l’eau suintant de la roche. Cette eau est supposée faire des miracles…
De plus, les ossements de sainte Rosalie auraient été récupérés dans cette grotte en 1624. Une procession dans Palerme avec les dits ossements aurait libéré la ville de la peste; période haute en couleur de la médecine.
N’empêche que la vue d’en haut est magnifique et cela nous a permis de dépenser un peu d’énergie.
Le lendemain, deuxième cours de cuisine mais celui-ci est d’une durée de 5 heures avec visite du Mercato del Capo avec le chef pour nous montrer comment il fait ses achats avant que nous allions préparer le repas dans sa maison privée. Nous sommes un groupe de dix, incluant des anglais, des allemands et des américains.
Marco Cillio est un ancien chef de restaurant sicilien. Sa famille a toujours vécu en Sicile et pour lui, Palerme avec son soleil, son énergie et sa cuisine, est la meilleure place où vivre.
Ancien propriétaire de restaurant, il nous explique pourquoi il a réorienté sa carrière.
Il commençait sa journée à 10:00 et devait s’assurer que les touristes mangent à 12:00, puis les siciliens à 14:00. Ensuite, alors qu’il aurait préféré prendre l’apéro avec ses amis vers 17:00, il devait plutôt préparer la nourriture pour les touristes qui soupent à 18:00 puis il devait enchaîner pour recevoir les siciliens qui soupent plutôt entre 21:00 et 22:00. Alors, après un certain temps, il était épuisé. Donc là, il donne des cours de cuisine aux touristes de 10:00 à 15:00.
Et ce fut pour notre bonheur. Il faut qu’il parcoure le marché del Capo tous les jours alors, il y connait tout le monde. De plus, comme il ne veut pas préparer le même repas tous les jours, il doit faire affaire avec différents vendeurs alors il semble être chez lui dans ce marché.
Après nous avoir montré où est le meilleur café, les meilleurs jus pressés, la meilleur nourriture de rue, les légumes les plus frais, où acheter le poisson et le fromage, nous nous dirigeons vers son appartement avec nos emplettes.
Petit truc de Marco: ajouter une tranche de citron à un sandwich de mortadelle et de gorgonzola.
Nous apprendrons à nouveau à faire des pâtes fraîches, une recette d’espadon, à faire du pesto et aussi à faire des cannoli.
Nous prenons plusieurs notes pour tenter de reproduire le tout une fois de retour à la maison.
Une fois la cuisine terminée et le repas consommé, nous quittons rapidement pour aller ramasser nos bagages puis se rendre chez Avis pour prendre possession de notre voiture puis, une fois l’enfer du trafic de Palerme terminé, nous voila en route pour Cefalù.
Cefalù est une petite ville médiévale construite au pied d’un énorme rocher que les grecs, venus par la mer, associaient à la forme d’une tête, ce pourquoi ils l’ont nommée Kephaloidon qui est le mot à l’origine de ce qui a rapport à l’encéphale d’où le nom actuel de Cefalù.
Cefalù est une charmante station balnéaire, avec son vieux village, sa plage, ses restos, son duomo arabo-normand et son petit parc sur la roche entouré d’anciennes fortifications.
Alors, on s’est reposé durant deux jours.
Le lendemain, jour 7, nous nous dirigeons vers le mont Etna.
La face nord de l’Etna
Notre hôtel, Le Corsaro Etna Hotel/Spa est situé au sommet de la route pavé sur l’Etna sud. Une fois installés, nous allons explorer les cratères au pied de l’Etna.
Nous soupons au refuge Giovanni Sapienza, c’est le seul endroit ouvert pour souper par ici à ce temps-ci de l’année.
Rien de complexe dans leur cuisine; disons que c’est de la nourriture de refuge de montagne.
Samedi le jour 8, nous allons grimper l’Etna.
Dans les livres de référence il est mentionné que pour se rendre au dessus de 2800 mètres (notre hôtel est à 1900 m), ça prend obligatoirement un guide.
Toutefois, il y a des blogues sur le web qui mentionnent que cette règle est plutôt floue.
On se dit que peut-être avec un guide, l’expérience sera plus informative alors, sur les recommandations de David qui est à l’accueil de notre hôtel nous téléphonons au guide qu’il nous a suggéré.
Pas de réponse. Nous envoyons un SMS.
Pas de réponse.
Alors, après le petit déjeuner, nous débutons notre ascension en suivant des sentier très évidents et, de toutes façons, il y a plein de gens qui grimpent alors, rien de sorcier.
De plus, tous les sentiers sont visibles sur Strava ou Komoot.
Après un assez longue montée, nous arrivons au même endroit où les tours guidés se rendent.
Les tours guidés ont tout de même pris le téléphérique. Du sommet du téléphérique, ils ont pris un énorme bus 4×4 et ensuite, ils ont fait le reste à pied.
Nous, et quelques éparses autres groupuscules en couple ou à 4-5, avons fait tout le trajet à pied.
Alors, lorsque nous sommes arrivés vers 2900 mètres, là où les tours guidés rebroussent chemin et qu’un guide nous a dit sèchement que nous n’avions pas le droit d’être là, mon amour lui a dit qu’elle ne comprenait pas puis nous avons continuer, avec un couple de tchèques, encore plus haut.
Nous croyions qu’en l’ayant marché au complet nous avions bien mérité de se rendre là où nous étions et par ailleurs, aucune affiche n’indiquait que c’était illégal.
Les guides chargent entre 100 à 200 euros par personne alors je comprend qu’ils défendent une chasse-gardée.
Par contre, nous sommes plutôt d’avis que la haute montagne appartient à tout le monde comme dans les Alpes, comme dans les Rocheuses, etc. « Freedom of the hills ».
La journée commence bien; le soleil brille, il n’y a pas de vent, nous avons du pain, de la confiture et avons découvert un sachet de café pour le percolateur.
Même si l’odeur du café qui se dégage d’un percolateur s’approche plutôt de l’odeur de fart à ski de fond, ça fera l’affaire.
Une fois que le plein d’énergie est fait, nous attaquons la route.
Peu de surprises prévues au programme puisque c’est le retour vers Guananoque, le retour vers la bagnole.
Bien que c’est notre dernière journée, c’est habituellement à la troisième journée que tout rentre bien dans le rythme d’un voyage à vélo. Les jambes se sont habituées, la routine matinale est rodée et chacun s’est habitué à la vitesse des autres.
Alors, ça va bien.
L’arbre au cormorans que nous avions vu à l’aller a meilleur mine sous un ciel bleu.
Rendus à Kingston, après plus de 50 km, la fatigue se fait ressentir et la cohésion du gruppetto est moins uniforme.
Alors c’est un bon temps pour arrêter pour le lunch.
Nous arrêtons sur la terrasse de chez Olivea et tout est parfait.
Par la suite, l’énergie étant renouvelée, le groupe roule plus en cohésion.
À un km de l’arrivée, mon pneu arrière n’en peut plus et on enregistre la première et la seule crevaison de notre petit périple.
Comme c’est sur un faux plat en descente, je me laisse rouler lentement jusqu’à la voiture.
Nos amis, Danièle et Robert ont apprécié leur expérience.
Toutefois, rouler 90 km par jour, trois jours de suite, demande parfois l’utilisation de nouveaux produits, pour certain, comme la crème à chamois, afin de diminuer certaines irritations.
Alors, arrivée à destination, Danièle, avant de monter en voiture pour se rendre à Gatineau, ne pouvait se convaincre de garder son excédent de crème à chamois. Croyant que personne ne remarquerait, elle utilise les toilettes de la Chrysler House en apportant le minimum de linge de rechange,
Faut croire que trois jours de cyclotourisme peut diminuer votre degré d’inhibition.
Lorsqu’on est rendu à croire que de se promener en t-shirt rose et en petites culottes est une façon de passer incognito, il faut changer d’activité ou bien se reposer un peu :-).
Étant donné qu’on ne doit pas trop s’éloigner de Guananoque pour revenir vendredi, nous avions décidé de dormir deux soirs au Lake on the Mountain resort.
Notre cottage décoré en « préfini » peint blanc chauffé à l’aide d’une chaufferette de chantier branchée sur une prise 220 volts n’a rien de luxueux mais ça fait l’affaire.
Le restaurant « The Inn », à proximité, par sa qualité, compense largement pour ce qu’il manque au cottage.
Autre petit problème, il n’y a aucun endroit pour déjeuner à proximité alors nous enfourchons les vélos pour aller déjeuner à Picton, sept kilomètres plus loin.
On trouve un café avec viennoiseries. Une dame un peu bourrue, à peine compréhensible derrière son masque de coton inutile finit par achever nos commandes puis nous pouvons profiter de lattes et croissants au soleil. Sauf pour les filles qui décident de s’attaquer à des sandwichs aux oeufs.
À la sortie de Picton, nous pouvons éviter le trafic routier en empruntant la Millenium Trail.
Direction: le vignoble de Norman Hardie.
La région de Prince Edward County comprend 36 vignobles selon la carte remise aux touristes faisant fi des dernières recommandations en matière de consommation alcoolique.
Nos amis préfèrent celui de Norman Hardie situé à 36 km de notre campement. Alors, nous concentrerons nos énergies sur celui-là.
Après avoir roulé sur la Millenium Trail durant plusieurs kilomètres, nous bifurquons vers le beau village de Wellington pour finalement arriver à la dite winery.
Nous pouvons profiter d’une dégustation de leur différents produits accompagnés d’abondantes descriptions et d’explications fournies dans un français impeccable par Luciano.
Luciano nous précise bien qu’il ne se nourrit pas pour vivre mais plutôt le contraire. Je crois que Robert a décider de l’imiter.
Par ailleurs, il y a un menu de pizzas varié dans le vignoble alors nous pouvons en profiter pour prendre le lunch.
Par la suite, nous retournons vers Wellington pour un café et dessert.
La vie est difficile parfois…
Notre exploration du PEC serait incomplète sans un détour par le fameux parc provincial des Sandbanks.
Ces dunes de sable ainsi que les nombreuses plages font le bonheur des touristes lors de journées plus chaudes.
Nous recoupons en plein milieu du parc pour rentrer à Glenora puis terminer cette petite journée bucolique après plus de 90 km de vélo.
La région de Glenora a peu de pollution lumineuse puisque le soir arrivé, nous pouvons observer facilement la voie lactée s’illuminant ici derrière, entre autres, la constellation de Cassiopée.
Demain, retour à Guananoque.
Bilan: 192.01 kilomètres roulés et 767 mètres d’ascension