Espagne et Portugal jour 3 Arcos de la Frontera

Après avoir dormi à peine quelques heures dans un sauna, je décide d’aller normaliser ma température interne dans la fraicheur matinale.

Quelques minutes plus tard, Bruno se pointe à l’extérieur avec l’impression d’avoir aussi bien dormi.

Comme il est plus agréable de travailler par temps frais, on va s’attaquer au gazouilli ayant chanté dans ses roues hier.

Après avoir défait les deux roues de son vélo et huilé toutes les interstices, le problème est réduit au silence. 

Mon fils m’a écrit que la loi de Murphy nous envahissait eh bien maintenant que nous avons eu notre lot de problèmes, Murphy pourrait aller s’attaquer à d’autres cyclistes. Par exemple, La Vuelta débute sous peu, ce sont des pros eux, avec support technique alors Murphy, laisse nous tranquille et va les voir.

Croyez vous que ma conjuration va fonctionner? Ou est-ce mon enthousiasme qui obscurcit ma pensée cartésienne?

Lisez la suite…


Rien de tel que le son d’un bruleur de montgolfière pour sortir les filles de leurs courtes heures de sommeil. Jusque là, c’était les chiens qui avaient hurlé depuis minuit.

Petit déjeuner frugal avec peu de protéine; tout pour plaire à quatre affamés s’apprétant à rouler plus de 90 km et monter des montagnes interminables.

Sortie de ville avec peu d’anicrocs puis on rejoint une chaussée impeccable et roulante à souhait.

Tout va bien!

Les guides touristiques lus avant le départ suggèrent fortement de passer par le Parque Natural de la Sierra de Grazalema. Par contre, Google Maps nous propose constamment une route le contournant. Alors je me dis qu’aussitôt qu’on le voit annoncé, on bifurque.

En bifurquant, on devrait passer par le village blanc de Grazalema se trouvant au coeur du parc.

Voyez sur la carte ci-bas le virage à 90 degrés vers le sud.

Cette nouvelle route est calme, asphaltée récemment et entourée d’un décor enchanteur.


Nous arrivons à un village nommé, sur la carte, Montejaque. Le nom situé à l’entrée du village était différent mais j’ai déjà oublié ce dernier.


On achète de l’eau et j’en profite pour vérifer pourquoi mon vélo vascille comme une onde sinusoïdale.

Constat: j’ai perdu une vis de mon support à baggages arrière. Durant les préparatifs du voyage, Bruno m’avait confirmé qu’il avait des vis de rechange alors je peux revisser le tout en moins de cinq minutes puis on prend le temps de s’informer auprès d’un citoyen local sur la voie à suivre puisque Google Maps s’entêtait à ne pas retracer un nouveau chemin vers Grazalema.

Le monsieur, très gentil, nous explique qu’il faut rebrousser chemin de 6 km, en gardant toujours la gauche pour retrouver notre bonne direction. Un petit calcul mental me fait comprendre que l’on doit retourner à notre point de bifurcation. Donc douze km de bonus par cette chaleur accablante. 

Mon erreur.

J’essaie de me faire pardonner en racontant aux autres que sans cette erreur de parcours, nous n’aurions pu admirer ce fantastique paysage… 

Puis mon instinct de survie me chuchote de me taire.

On retrouve la route initiale. La fameuse bifurcation se situait un km plus loin.

En route vers Grazalema, on avale les km avec quelques pauses-survies à l’ombre.

Fidèle à la tradition, Grazalema se situe dans une montée stratégique interminable.


Entrée en ville au coeur des festivités; c’est la Feria de augusto.


Pour les ferus d’histoire, ça remonte à la prise de Malaga par Isabelle I de Castille et Ferdinand II d’Aragon le 18 août 1487 (vive Wikipedia). Cette fête commémorative aurait débuté en 1491. Aujourd’hui, cela dure 9 jours avec feux d’artifices et les filles portes des robes traditionnelles. Nous en avons vues plusieurs durant notre pause resto mais étions trop épuisés pour les photographier. Nous venions aussi de constater qu’il restait 44 km de route et encore une bonne grimpette.

Une fois nourris, on remonte en selle pour atteindre le Puerto de El Boyar à 1103 m, notre col de la journée.

Arrivés au sommet, épuisement et joie sont au rendez-vous.

Le descente qui s’en suit est pure joie sur 15 km. Arrivés en bas, on constate que descendre avec un vent à plus de 40 Celsius est aussi déshydratant alors autre pause coca et eau dans petit resto où les ivrognes du coin viennent refaire le monde à coup de bières.

Chic endroit…

Le reste du chemin est assez roulant et à 10 km d’Arcos de Frontera, ma blonde, sentant l’hyperthermie l’envahir, demande à faire une pause.

Nous croyions que nos amis étaient près derrière mais, personne en vue.

Soudain je reçois un texto de Bruno:  » problème mécanique « .

Je lui demande quoi? Pas de réponse.

Michèle arrive à nous puis nous dit que la chaine de Bruno est coincée dans sa roue arrière.

Je rebrousse chemin pour aller aider Bruno alors que les filles vont s’approcher un peu plus de notre destination.

Je retrouve Bruno à un km derrière. Celui-ci a retiré son casque, les mains pleines d’huiles, et il tire comme un dément sur une courroie passée autourde sa chaine pour tenter de décoincer celle-ci, solidement coincée entre son gros pignon et les rayons de la roue arrière. 

On s’installe à deux, avec un outil pour faire effet de levier afin de séparer les éléments coinçants.

La chaleur de plus de 40 Celcius accompagnée d’un essaim de mouches s’acharnant sur deux bêtes puantes en cuissards de vélo nous fait fantasmer sur le ski au Québec en février.

1-0 pour la chaine. 

Devant l’impasse évidente, j’appelle  notre hôtel pour leur expliquer la situation et pour leur demander d’envoyer un taxi sinon, il va leur manquer un client pour ce soir.

La jeune femme à l’autre bout du téléphone me dit ignorer où est la route A-372. Estomaqué, je lui répond que, sur la carte, c’est la seule route entre Grazalema et son village. Elle me répond qu’elle ne savait vraiment pas que c’était celle-là. 

Ok, mais est-ce que vous pouvez le noter et le dire au chauffeur de taxi? Et dites-lui que Bruno est au km 12, lui dis-je en anglais.

Quelle route déjà?

La A-372, entre Grazalema et chez vous. Le ton monte un peu.

Attendez, je vais prendre un papier et un crayon.

AH BON! À LA FIN!

À quel km?

D-O-U-Z-E!!!

Je vais voir si je peux trouver un taxi mais peut-être qu’il ne pourra pas embarquer le vélo.

Respire. Respire.

Madame, envoyez un taxi et on s’organisera avec le reste.

Ok, je vous rappelle lorsque j’ai trouvé un taxi.

Merci.

J’abandonne Bruno en prenant la peine de lui laisser ma bouteille d’eau de réserve; celle-ci étant probablement plus chaude que l’urine d’un patient atteint de la malaria.

Cinq minute plus tard, je reçois un appel de la réceptionniste déboussolée pour me dire que le taxi est en chemin mais que Bruno devra défaire sa roue avant pour mettre son vélo dans le taxi.

Je voulais lui répondre qu’il n’en était pas question et que Bruno préférerait rester toute la nuit abandonné sur le bord de la route dans son linge gorgé de sueur plutôt que de défaire sa roue avant, mais bon, je ne crois pas que le sarcasme soit sa tasse de thé.

Je rencontre les filles à l’entrée du village puis on attaque l’ascension jusqu’à l’hôtel. La pente était tellement raide et les pavés rocailleux tellement lisses que les derniers quelques centaines de mètres ont été gravis en marchant à côté du vélo.

Arrivés à l’hôtel, un jeune adulte hollandais similaire à un roseau de 1,90 mètres nous indique un endroit pour ranger les vélos. Il nous offre à boire mais on tente simplement de lui expliquer qu’on voudrait se diriger vers la douche au plus sacrant, ce qui devrait être évident pour tout être humain simplement à nous regarder. C’était évident pour les cervelles de mouches alors…

Je dois prendre les coordonnées de vos passeports d’abord.

Tiens les passeports mon grand, garde les, donne moi la clé de la chambre et je vais les récupérer tout à l’heure.

Non non, ça va prendre juste une minute.

Bon, bon. Je me calme et me dis qu’il va simplement les photocopier.

MAIS NON!

Il s’installe confortablement et se met à écrire à la main les infos de nos passeports avec la dévotion d’un moine recopiant la vulgate.

Une éternité plus tard, on grimpe dans un escalier en colimaçon avec nos calles de vélo au pied. Il regarde ma blonde ramasser ses valises, sans offrir d’aide, nous laissant l’impression qu’il était atteint d’un maladie grave comme le fait d’être habité par un manche de moppe.

Une fois à la chambre, Hélène saute dans la douche et moi dans le bain muni d’une douche « téléphone ».

Lorsque l’on se considère lavés et rafraichis, on regarde autour pour constater l’absence de serviettes. J’appelle à la réception. La désorientée me répond. Elle me dit qu’elle est en bas, signifiant qu’elle ne monterait pas les serviettes.

Eh bien moi j’suis tout nu et trempé mais je peux tout de même descendre les chercher.

Les serviettes sont arrivées en moins de deux minutes.

Une fois cet imbroglio résolu, on peut admirer la vue par la fenêtre de la chambre.


Quelques instants plus tard, on s’asseoit à une terrasse à tapas mais notre désir était de manger pizzas et pâtes. 

Aucun problème. On peut vous servir ça aussi.

Bonus, le serveur est français.

En attendant la nourriture, on discute à savoir comment résourdre l’actuel conjoncture.

Le vélo de Bruno est non fonctionnel. Demain, on doit se rendre à Gibraltar (distance, 120 km) parce que les chambres d’hôtel sont réservées et non annulables. Aucun magasin de vélo ouvert en ce samedi soir pour avoir une réparation professionnelle.  Et aucun ne sera ouvert demain. On pense à louer une camionnette et la laisser à Gibraltar mais les services de location de voiture, peu nombreux à Arcos de Frontera, n’offre pas cela.

Hélène propose de demander au serveur puisqu’il parle français.

Ah ben oui, j’ai un copain qui a une van-taxi, il pourrait vous amener à Gibraltar. Je lui téléphone et il viendra vous rencontrer ici.

Quelques minutes plus tard, le copain unilingue espagnol est assis avec nous. Dany, le serveur, s’occupe de la traduction. En moins de deux, tout est organisé. Il demande 200 euros. Ça semble raisonnable et, de toutes façons, nous n’avons pas d’autre choix.

Hélène et moi feront un petit 60 km sans baggages, vers Gibraltar en partant à 7:00.

Après tout, ça reste un voyage de vélo.

Michèle et Bruno prendront le déjeuner de l’hôtel et partiront avec Pedro, le chauffeur, à 10:00. On propose un point de rencontre à Alcala de Grazules et à partir de là, Hélène et moi monterons dans la camionnette et tout le monde arrivera ensemble à Gibraltar. 

Cette fois-ci, nous aurons certainement une journée relaxante et sans faille.

Durant un bref instant, nous sommes heureux. Puis Dany apporte nos plats. 

Alors que ce jeune homme venait de résoudre notre impasse, pouvais-je lui retourner ma pizza qui s’apparentait à un carton sur lequel on avait d’échapper une boite de conserve du Chef Boyardee ouverte la semaine dernière?

 Les pizzas des filles et le spaghetti de Bruno se seraient sûrement retrouvés à la mer si on les avait servis aux hommes de Christophe Colomb après trois mois de navigation.

Ne tentons pas le Diable. On a mangé un peu, payé l’addition et donné un pourboire.

Demain, tout ira bien.

Bilan:

111 + 97.1 = 208.1 km

2054 + 1479 = 3533 m d’ascension



Espagne et Portugal jour 2 Ronda

Après s’être ouvert l’appétit à gonfler les pneus des quatre vélos (le gonflement fait à l’aéroport reflétait notre jet lag), on savoure le déjeuner puis nous quittons nos hôtes adorables, direction Ronda.


La photo ci-haut reflète bien notre enthousiasme et notre naïveté.

À peine 4 km accomplis, je fais une crevaison à nouveau sur mon pneu avant. 

La chance nous sourit toutefois, Bruno, via le web, trouve un magasin de vélo à 120 m de nous. 

Le mécano, hyperconsciencieux, trouve un petit trou d’aiguille dans ma chambre à air et trouve aussi une fissure dans mon pneu qui semble être à l’origine de mes petits malheurs. Comme il n’a pas la taille de pneu équivalente, il réparera celui-ci et changera la chambre à air.


Cet arrêt nous permettera de se procurer nos cartouches de CO2 pour la prochaine crevaison.

Nous repartons quelques minutes plus tard sous un soleil radieux.

Après à peine 2 km, en descendant une petite côte avec virage au bas, j’aperçois un petit filet d’eau, s’échappant du caniveau, au centre de la chaussée. L’asphalte étant déjà chaude, je me dis voilà une condition idéale pour dérapper.

Aussitôt pensé, aussitôt fait. Me voilà sur le côté droit, laissant peu à peu quelques millimètres de peau sur le sol andalousien.

Le reste du groupe me rejoint avec précaution pour éviter d’avoir le même sort. Mon amour regarde mes plaies ; plus de peur que de mal. Un band aid sur un doigt et le reste sèchera au vent.

Le vélo a aussi quelques égratignures mais rien pour l’empêcher de fonctionner. Alors, retour en selle.

Comme à l’habitude, on tente de se tenir loin des routes à haut traffic. Résultat, une photo vaut mille mots.


Cette route de cailloux de Rio Pereilas nous donnera du fil à retordre autant pour y garder son équilibre que pour la navigation puisque quelques petits embranchements venaient confondre le tableau.

Dans ce contexte, Michèle, ayant prit un mauvais virage, a tenté de mettre le pied à terre pour se permettre de virer à 180 degres dans ce tas cailloux. Résultat, la chaussure droite n’a pas « déclippé » de sa pédale. S’en suit une chute semblant assez banale a priori.

Michèle nous rassure qu’elle n’a rien. Toutefois, en tentant de repartir, elle constate que son dérailleur arrière s’est enfoncé dans sa roue. La pièce qu’on appelle le « drop », sur laquelle est vissé le dérailleur, semble s’être un peu désaxée vers l’intérieur. Le tout se redresse assez rapidement mais je crois que la cable du dérailleur s’est aussi étiré ce qui fait en sorte qu’en se dirigeant vers le gros pignon arrière, la chaine à tendance à aller se coincer entre la roue et le gros pignon.

Quoique le vélo de Michèle soit fonctionnel, ce surplus d’attention à porter à ses changements de vitesse dans un contexte de grosses ascensions et de chaleur extrême va rendre la journée de Michèle exténuante.

Moins d’un km après ce dernier incident, on retrouve une route asphalté avec un décor enchanteur.


On se dirige vers Alozaina, notre premier village blanc de l’Andalousie. Le surnom de ces villages provient du fait que les mûrs extérieurs des maisons sont peints à la chaux.


Ces villages sont aussi reconnus pour leur position stratégique en hauteur; question de pouvoir surveiller le territoire et se défendre à une autre époque.

Aujourd’hui, je crois que cette tactique fonctionne encore pour se protéger des cyclistes qui voudraient y circuler trop rapidement.

Les pentes abruptes des rues de pavés d’Alozaina nous ont fait faire acte d’humilité forçant le pied à terre. Encore là, je laisse parler les photos.



Les locaux, bien assis à l’ombre, semblaient se demander pourquoi n’avions nous pas une voiture pour visiter leur pays alors que le thermomètre va afficher jusqu’à 39 C aujourd’hui.

Une fois au village, on fait le plein de liquides puis on repart vers El Burgo.

La beauté de la route et du paysage n’ont d’égaux que le niveau d’ascension et la chaleur ambiante.


Arrivés à El Burgo, encore achats de bouteilles d’eau (je vais boire plus de 4 litres durant la journée) et pause à l’ombre.


Par la suite, on attaque la chaine de montagnes de la réserve naturelle la Sierra de las Nieves; réserve mondiale de la biosphère.

Cette portion constituera la majeure partie de notre ascension du jour; un vrai col!

Arrivés à un belvédère où l’on prend une pause en se séchant au vent chaud, nous avions la fausse impression d’être au sommet du col.

Tout le portait à croire puisque la route redescendait et que le panorama imprenable nous montrait El Burgo au loin qui semblait si basse, confirmant l’ascension que nous venions de faire.



Et bien non, aussitôt partis, la descente se termine en moins d’un km puis on en reprend pour 400 m d’ascension.

La grimpe se terminera finalement à Puerto del Viento, à 1190 m, dominant ce que Bruno a qualifié la vallée de la mort.



De par la chaleur qu’il faisait, vous comprendrez l’ironie devant la photo suivante.


La descente du col vers Ronda s’est avérée sublime avec une chaussée de velour et une attention toute particulière pour les cyclistes.


Arrivés à Ronda à l’hôtel Alavera de los bagnos, l’accueil est chaleureux et les boissons froides sont bien méritées.

L’activité dans les boutiques en Espagne reprenant vie après 17:00, Bruno en profitera pour faire réparer le vélo de Michèle.

Je profiterai de ce moment pour prendre ma douche avecmon cuissard de vélo afin de mouiller ce dernier pour le décoller de ma cuisse gauche; il m’a servi de pansement durant la journée.

Après une marche touristique dans la fabuleuse Ronda et souper dans un resto offrant un magnifique couché de soleil, repos pour pouvoir affronter une autre bonne journée de vélo.



Bilan:

43.6+67.4= 111 km

Ascension: 450+1604= 2054 m



Espagne et Portugal jour 1 Alheurin el Grande

Cette année, on change la donne; un couple d’amis nous accompagne.

Michèle et Bruno sont deux excellents cyclistes. Nous avons déjà partagé plusieurs voyages de vélo ensemble mais jamais en cyclotourisme. Je me demande parfois s’ils ont accepté l’idée juste pour nous faire taire dans nos interminables épithètes vantant ce type de voyage.

Par ailleurs, pour augmenter le coefficient d’indépendance à vélo ( et peut-être augmenter celui de difficulté), on a décidé d’assembler les vélos à l’aéroport et ainsi débuter le voyage sans intermède en taxi.

Après un vol de nuit de moins de 7 heures, avec peu de sommeil, nous voilà à jouer au mécanos dans l’aéroport.


Après environ 1.5 heure de travail avec le cerveau à peine branché, on tente de prendre la route pour Alheurin el Grande. Un supposé 27 km selon RidewithGPS.


La route proposée nous faisait passer dans un tunnel à partir de l’aéroport; celà nous semblait du suicide à voir l’attitude des conducteurs locaux.

Après avoir vérifié avec un policier sur place, nous avions sa recommendation!?

En fait, le tunnel s’est avéré relativement sécuritaire et bien éclairé.

Par la suite, l’itinéraire « vélo » de Google Maps a été fidèle à lui-même et nous a dirigés vers des chemins impossible.


Une crevaison sur mon pneu avant est venue aggrémenter cette journée interminable. 


Pour finir, Google Maps nous a amener à 1 km trop loin de notre chambre d’hôte: Casa Oliva.

Les propriétaires, deux hollandais retraités, étaient d’une amabilité sans faille.

Les chambres immenses étaient immaculées, la piscine fantastique et le ptit déjeuner, agrémenter de beurre de peanuts hollandais, sans faille.

Une fois lavés, reposés et refroidis, retour sur les vélos pour chercher un magasin de vélo afin d’acheter des cartouches de CO2 et ensuite aller souper au restaurant Casa La Sardina; ambiance agréable, bonne bouffe et bon vin.


Retour un peu cahotique vers la Casa Oliva à la brunante puis sommeil de plomb ad 7:00 am.




Bilan:
33.2+10.4= 43.6 km

Ascension: 450 m

Demain, Ronda.

Le col de la Forclaz

17 septembre 2016

Pluie, brume et froid

Dernière journée, temps couvert, mais parcontre nous avons très bien dormi.

Alors, mon amour propose qu’à défaut de grimper jusqu’à Émosson, on pourrait au moins faire la première partie, i-e le col de la Forclaz.

On se prépare et on emporte aussi le sac de touring d’Hélène pour avoir des vêtements chauds en cas de besoin.

Aussitôt prêts à partir, une petite pluie s’installe. 

Mon amour, n’écoutant que son courage ou l’amour pour son chum, décide de rouler malgré cet incovénient.

Le col de la Forclaz représente une belle montée, un peu plus de 1000 mètres répartis sur environ 14 km à partir de Martigny; essentiellement l’Alpe d’Huez.

Toutefois, le traffic est un peu intense et l’habituelle gentillesse et courtoisie suisse semblent disparaitre lorsqu’ils se retrouvent derrière le volant d’une voiture. Nous avons eu les mollets plus souvent frôlés dans ces 14 km d’ascension que lors des mille km roulés en France. Curieux chez un peuple ayant encouragé plusieurs grands cyclistes dont le grand Fabian Cancellara.

Alors je décide de rouler tous clignotants allumés derrière mon amour en faisant des signes de la main gauche pour ralentir le traffic. Ça semble fonctionner une fois sur deux. 

Par contre, les propriétaires de Land Rover interprètent ces signes comme une demande de rapprochement accéléré.

Arrivés au sommet du col, la brume et une température de 8 Celcius nous accueillent.


On lunch à l’Hôtel de la Forclaz. Le resto est bondé de marcheurs en route pour Le tour du Mont Blanc; randonnée de 170 km célèbre dans la région.

Je ne sais si les autres restos rencontrés sur le chemin des marcheurs sont du même prix. Nous prenons un café et un chocolat chaud, deux soupes et deux roëstis: 71.70 CHF (francs suisses). J’espère que les marcheurs ont aussi accès à des guichets banquaires.

Suite à notre lunch « de rois », nous enfilons tout le linge apporté et descendons au retour vers Martigny.


Douche chaude à l’arrivée et préparatifs pour le retour à Montréàl demain.


K&H

Bilan:


1167,6 km roulés

17 238 mètres d’ascension

Émosson

16 septembre 2016

La montée vertigineuse au barrage d’Émosson fut l’une des plus belle étape à regarder au Tour de France 2016. Alors une petite ride à vélo de Martigny au barrage d’Émosson, environ 70 km allez-retour, complterait bien notre voyage de vélo.

Sauf que les sommets sont encore dans la brume et la pluie est annoncée pour midi.

Alors, on fera de la marche. Ma blonde va s’équiper de souliers Dynafit et d’un pantalon sport au magasin de sport de montagne locale puis en route vers ledit barrage.

Les Orsinger quittent pour un week end en famille en Alsace.

Ceci nous permettera de faire le bordel dans leur maison durant leur absence😁.

La montée vers Émosson est plus rapide qu’en vélo grâce à la voiture prêtée gracieusement par Yves.

Arrivés au barrage, nous sommes dans la brume et il pleut.

On grignote un petit lunch et patientons un peu.

Une quinzaine de minutes plus tard, la pluie semble moins aggressive alors on y va.

Le décor est merveilleux. Le lac bleu, contenu par le barrage, se révèle lentement avec la brume qui se lève.

Nous marchons dans le sentier se rendant au vieux barrage d’Émosson. Les photos suivantes décrivent bien l’ambiance.


En redescendant, on arrête prendre l’apéro, comme hier, à la Fromathèque: bon vin et sérac de brebis.

Souper à la maison et dodo.

K&H

Bilan: encore zéro vélo

Annecy-Martigny

15 septembre 2016

Nous avions réservé notre loft à Annecy un peu rapidement. En fait, Christine et Yves vont souvent à Annecy et logent habituellement toujours au même hôtel.

Or, c’est complet! Alors on cherche ailleurs. Je trouve un loft dans le vieux Annecy, là où il faut aller selon nos spécialistes de l’endroit.

Alors j’appelle et une Stéphanie me confirme que la place est disponible et qu’il y a bien deux chambres à coucher.

Après deux heures de route, on rentre sur Annecy, trouvons un stationnement et marchons ad Le Loft.

Devant la porte 33, sur la place centrale, la Stéphanie en question vient nous ouvrir la porte et deux étages dans les catacombes d’Annecy, nous voilà dans un loft chic, aménagé au goût du jour, mais conçu pour un seul couple désirant vivre dans un Westfalia sans roue.

– La deuxième chambre, elle est où?

– Le divan-lit est très confortable, alors..

– Et là-haut, c’est quoi?

– Ah ça, c’est un petit espace de couchette réservé pour les enfants.

Bon, nous étions un peu coincés dans tous les sens du terme alors, on paie, donnons congé à la menteuse et prenons un numéro pour la douche.

Après une mini guerre, on convaincra les Suisses de prendre la vrai chambre alors que moi et Hélène prendrons le grille-pain horizontal réservé aux enfants.

Après une nuit suffocante, la douche est de rigueur.

Petit déjeuner au pied du loft puis en route vers Chamonix.

Hélène et moi aimerions voir l’aiguille du Pic du midi en été.

Mauvaise chance puisque la brume envahie tous les sommets environnant Chamonix.

Alors on fait du lèche-vitrine puis on bouffe une pizza, sauf Christine qui se fait servir une salade avec une demie brique de fromage.

Ensuite, on rentre à Martigny. Après avoir déposé les baggages, Yves et Christine nous amène voir le lac de Champex (prononcez « Champè »).

Très beau décor de montagne, inconnu des touristes.


Après une marche autour du lac à observer quelques pêcheurs infructueux, retour sur Martigny et raclette au menu avec la famille Orsinger. 

Avec le petit Matéo, nous sommes en présence de trois générations.


Après s’être bien rempli l’estomac, on constate que les Orsinger veulent se venger de la veille; ils nous laissent, en fait ils nous contraignent par la torture psychologique, à prendre leur chambre.

Choquant mais bon, nous avons bien dormi.

Bilan: zéro vélo😏

K&H

L’Alp d’Huez

14 septembre 2016

Comme la météo est incertaine et que maintenant on a la possibilité de se déplacer au sec avec la camionnette d’Yves, on décide de faire simplement les cols intéressants sur notre retour vers Martigny.

L’Alpe d’Huez est évidemment un must. 

Un peu d’histoire.

La route daterait des années 1930. À cette époque c’était pour faciliter l’accès pour les skieurs et toute l’industrie ( hôtels, restos, etc) accompagnant ce sport. 

Les virages auraient été numérotés de 21 à 1 en commnçant avec 21 en bas, par le maire d’Huez en 1968, alors que l’épreuve de bobsleigh des jeux olympiques d’hiver de Grenoble s’était déroulée à L’Alpe d’Huez.

La montée a fait partie du Tour de France pour la première fois en 1952; c’était la première fois qu’une étape finissait par une ascension.

En 1995, les locaux ont donné le nom de chacun des gagnants de l’étape à un des panneaux numérotant les 21 virages.

Ceux que j’ai photographiés s’adonnaient à être aux endroits où la pente, plus aisée, me permettait de photographier sans m’arrêter.


Donc, tôt ce matin, toujours aux alentours de La Mure, nous allons voir un pont de piéton, style himalayen, suspendu au-dessus du cours d’eau Le Drac.


Ensuite, on savoure le petit déjeuner préparé par Framboise, la conjointe de Jean-Pierre: nos hôtes au Pellenfrey.

Puis, en route vers le bourg d’Oisans. Une fois sur place,  Hélène, Yves et moi attaquons les célèbres 21 virages alors que  Christine va nous encourager dans quelques virages et nous cueillir au sommet.



Les deux premiers virages, à 11%, sont les plus raides; d’autant plus que l’échauffement est à zéro. 

Contrairement aux ascensions habituelles de hautes montagnes, l’Alpe d’Huez différe en ayant des virages à plat et des montées surtout entre les virages; alors le répis se fait en tournant. 

Le paysage fabuleux et la numérotation des virages rendent la montée agréable et la courte distance (environ 13 km) font de l’Alpe d’Huez, selon nous, une montée plus facile que le Ventoux.

Arrivé en haut, je constate deux virages de plus que les « 21 » classiques puis une ligne est tracée sur le pavé. Quelques cyclistes prennent un verre sur une terrasse à ma gauche.  À ma droite, il y a le magasin « Cycle Huez » dont j’avais lu, dans une revue de vélo, qu’il se situait à l’arrivée. Quelques mètres plus loin, il y a un podium pour prendre des photos souvenir. Alors je me dis que je dois être arrivé. 

Mais ça monte encore! Alors je vais voir plus haut et…rien d’intéressant. Que des condos de luxe fermés, des gars de la construction travaillant à refaire du béton, bref l’arrivée « officielle » était plus bas. 

Je retrouve Christine et on redescend à « l’arrivée ».

Mon amour et Yves arrivent peu de temps après.


On lunch en haut de la montagne.Yves et moi buvons une bière locale dénommée à point la 21.


Ensuite, direction Annecy, histoire de visiter une belle ville et de couper la distance jusqu’à Martigny.

Le souper aux Ciboulettes est particulièrement exquis.

Demain, rentrée en Suisse.

K&H

Bilan:


1139,2 km roulés à date

16 201 mètres d’ascension

St-Pierre-D’Argençon à La Mure

13 septembre 2016

Toujours les Hautes-Alpes, mais on change la donne

Hier soir, tel que prévu, nos bons amis de la Suisse, Christine et Yves nous ont rejoind à St-Pierre-D’Argençon. Après avoir reçus plus d’une centaine de personnes chez eux, dimanche le 11/09, ils avaient besoin de petites vacances alors les voilà!


On se remet à jour dans nos potins en dégustant un pavé de saumon et un Côtes du Rhône.

Ma blonde, ayant accompli au delà de ses objectifs à vélo avec les derniers 1024+ km et les 13 000+ mètres d’ascension durant les onze derniers jours, va prendre une journée de repos et rouler en camionnette avec Christine. 

Yves a apporté son Giant alors on va s’amuser dans les Hautes-Alpes et ce, sans saccoches accrochées à mon vélo.

Décor permanant de film d’aventure.

On passe le barage du Sautet, sur le Drac, qui va donner le Lac du Sautet.

Yves continue à « savourer » les faux-plats ascendants qu’il qualifie de « casse-patte ».

Puis on rentre à LaMure suite à une longue montée ressemblant à un col.


Pour la ride, Yves a travaillé fort cet été et l’entrainement était moins au rendez-vous; parfait pour moi, ceci me donne plein de temps pour prendre multiples photos et de me relaxer un peu les jambes.

Parcontre, c’est un descendeur hors pair,habitué aux lacets de la Suisse alors je tente de suivre sa ligne pour apprendre.

On rentre à La Mure pour luncher avec les filles.

Post lunch, petit 8 km pour se rendre à la chambre d’hôte.

Superbe journée.

K&H

Bilan:


1123,1 km roulés

15 094 mètres d’ascension

Malaucène-St.Pierre-D’Argençon

12 septembre 2016

Après le Ventoux, les Alpes.

En escalade, il y a un concept répandu de partir du niveau de la mer pour se rendre au sommet; je crois même qu’il y a une compagnie qui a retenue le nom « Sea to summit ».

Nous avons paraphrasé le concept en partant de près de l’océan, à Bordeaux, pour se rendre au sommet du Ventoux.

Cela aurait du être suffisant mais l’avion part de Genève alors, il nous reste les Alpes.

Après un petit déjeuner à la même place qu’hier (Aux Délices du Ventoux), la dame étant toujours très accueillante, on quitte, non fâchés, le Domaine des Tilleuls; la suffisance de son propriétaire étant superflue.

On doit rebrousser chemin vers Vaison-La-Romaine puis virage à droite, vers le nord-est. 

Les premiers 50 km défilent en moins de deux heures; plats ou ascension d’environ 1%.

Nous sommes maintenant dans région dites de La Drôme. Les Gorges de Saint-May sont particulièrement agréables a y rouler avec même un petit tunnel.


Par la suite, ça se corse progressivement. 

Ils appellent cela « Les Hautes-Alpes ».

Nous croyons aussi que nous avons eu trop peu de temps pour récupérer d’hier alors, après trois heures de moulinage, les réserves s’épuisent rapidement.

Heureusement, nous atteignons le sommet alors que notre moral est au plus bas. 

Le village de Serres survient après cette longue descente. Au moins trois restos d’ouverts alors: pause-lunch.


Quatorze km plus loin et nous arrivons à notre chambre d’hôte La Source;  le tout est très propre et super tranquille. 

Douche et rosé!

K&H

Bilan:


1027,9 km roulés

13 362 mètres d’ascension

Le Ventoux

11 septembre 2016

En 2008, mon amour et moi visitions la Provence en voiture. Nous avions parcouru une partie de la route du Ventoux, via Malaucène mais le sommet était fermé. Il y avait quelques cyclistes grimpant ce chemin populaire et on s’était dit qu’un jour nous reviendrions faire comme eux.

Voilà! Sauf que nous n’avions pas prévu, à l’époque, de faire plus de 900 km, en provenance de Bordeaux et d’avoir grimpé plus de dix mille mètres comme mise en jambe au préalable.

Levés tôt, belle journée ensoleillée, on va prendre le petit déjeuner au coin de la rue; la dame sert un excellent café et elle est plus matinale que les proprios du Domaine des Tilleuls.

Comme on a aucune idée de la température au sommet et que nous voulons y passé un peu de temps, on emporte un peu de linge mais tout cela est très peu comparé à ma cargaison habituelle alors je retire mes supports à baggages et prend simplement le sac d’Hélène; mon vélo me donne l’impression de peser comme une plume. Comme quoi, dans la vie, tout est relatif.


L’approche classique de l’ascension du Ventoux, comme au Tour de France, est via le village de Bédoin.

La petite route sinueuse entre Malaucène et Bédoin est particulièrement agréable et l’omniprésence des conifères sur l’arrière-plan des montagnes, rappel un décor de la Sierra Californienne.


À Bédoin, on constate la présence de multiples cyclistes se préparant pour le Ventoux. 

Puis on commence à grimper. Facile 2-3% au début, on arrive assez rapidement dans le 9% soutenu, avec comme seul décor, la forêt. C’est là que le vélo devient surtout une épreuve mentale.

Une fois arrivée à la limite des arbres, la pente s’adoucit un peu et de voir le sommet donne de l’ardeur.

Un petit 11% avant l’arrivée viendra vérifier nos convictions.


Puis c’est la joie du sommet!


Le paysage et la météo sont sublimes.

On refait nos forces au resto du sommet en jasant avec le couple de la table adjaçante. Celui-ci est un ancien coureur automobile de côte (ce genre de course existait au Ventoux dans le passé).

Il mentionne qu’il détient le record d’ascension de 1959 dans une catégorie de voiture qui nous est complètement inconnue.

Une fois rassasiés, c’est la descente rapide vers Malaucène.


Retour des vélos aux cellier puis repos à la piscine.


Le soir, nous soupons Chez Laurette, cuisine exquise à ne pas manquer à Malaucène.

K&H

Bilan:


924,4 km roulés

12362 mètres d’ascension