Espagne et Portugal jour 13 Santiago do Cacém

C’est curieux le hasard. Rogil n’était pas une escale choisie. Nous avions tenté d’avoir une chambre à Aljezur mais il ne restait plus de place. Nous avons compris hier, en passant par Aljezur, que ce village médiéval était en fête alors ceci expliquait l’affichage complet.

Par contre, l’hôtel Alcatruz s’est avéré être parfait côté esthétique, propreté avec un buffet-déjeuner à point. Mais le côté encore plus pratique, c’est qu’il est situé exactement sur notre route. Donc pas de zig-zag dans des rues de pavés pour trouver notre chemin hors du village.


Il faut comprendre qu’en cyclotourisme, la vitesse de croisière se résume à environ 20 à 22 km/h à cause des baggages et des arrêts fréquents pour vérifier l’itinéraire. Surtout lorsqu’il faut sortir d’un village médiéval.

Alors ce matin, avec ce départ facile, on peut maintenir une moyenne de 25 km/h durant les deux premières heures.

La route est belle et l’air est frais.


Nous arrivons ainsi relativement rapidement à Vila Nova de Milfontes.


Le temps de prendre un café et de retour sur la route.

Nous suivons un trajet trouvé sur l’application Ride with GPS. Nous assumons qu’il a été pré-établi par un cycliste local.

Alors, grandes fut notre surprise et nos peurs lorsqu’au dédale des virages, nous nous retrouvons sur l’autoroute 26. Le trip tic du trajet nous dit même qu’il faut y faire 8 km.

Heureusement, l’accotement est très large et il y a une bande « vibrante » entre nous et la circulation.

On roule ce 8 km le plus rapidement possible et quittons cette zone interdite sans incident aussitôt que nous voyons la sortie pour Santiago de Cacém.

Après une ascension respectable, nous arrivons au Santiago Hôtel Cooking and Nature.


Nous avons réservé les chambres dans cet endroit seulement hier soir et ce, de façon un peu aléatoire. Une fois à l’intérieur, nous constatons que c’est le plus bel hôtel fréquenté depuis le début du voyage.

La construction est récente, décorée au goût du jour et la cuisine est en spectacle en marge de la salle à manger.

Après une douche rapide, on se retrouve dans la dite salle pour s’empiffrer de pizzas et de calzones.

Pause piscine en pm puis Hélène et moi allons prendre une petite marche avant le souper.

On constate à nouveau la multiple présence de chênes lièges dont l’écorce a été prélevée.



En discutant du sujet, au souper, avec Michèle et Bruno, on fouille Wikipedia pour apprendre que le Portugal est le principal producteur de liège.

Demain, on se rend à Lisbonne pour compléter notre dernière journée de vélo du voyage.

Bilan:

944.3 + 98.8 = 1043.1 km roulés

8576 + 804 = 9380 m d’ascension



Espagne et Portugal jour 12 Rogil

Aujourd’hui, journée de la différence. Comme nous voulions visiter les grottes de Benagil (trentaine de km à l’est de notre hôtel) et par la suite visiter les falaises de Sagres (trentaine de km à l’ouest de notre hôtel) et qu’il fallait se rendre à Rogil pour la nuit (41 km au nord), nous avons décidé de louer une voiture pour faire les deux premières activitées.

Avant même le petit déjeuner, nous montons à bord de notre Fiat Punto; modèle non disponible au Canada et dieu merci. Cette petite « merveille » a la puissance d’une tondeuse à gazon et l’insonorisation d’un coupe bordure.

Une trentaine de minute plus tard, nous sommes à Benagil. On prend un petit sentier nous menant au sommet des grottes ayant été creusées par la mer durant des millénaires.

Quoique la photo soit amusante avec nos ombres, ce n’est pas cet angle que nous recherchions.

Nous trouvons le chemin pour se rendre à la plage. 

La fille de Michèle ayant déjà visité cette région nous avait recommandé, via sa mère, de se rendre aux grottes à la nage tôt le matin, avant le début du traffic de la flottille locale bondée de touristes.

Forts de cette information, nous avons placé les téléphones cellulaires dans un sac étanche (les sacs de selle de Michèle et d’Hélène sont les mêmes sacs étanches utilisés en kayak) et avons regardé les vagues froides matinales nous défier.

Petit moment d’inconfort, disait Bruno.


En fait, les grottes se trouvent de l’autre côté de la pointe ci-haut.

Ne croyez pas que ce soit un exploi; à peine dix minutes de nage, ou moins.

Un fois de l’autre côté, le spectacle est merveilleux.





Après cette baignade, retour à l’hôtel pour déjeuner puis, en route pour Sagres.

Sagres est une pointe située à l’extrême sud-ouest du Portugal. Anciennement, elle était vue comme la dernière pointe de terre avant que les marins s’aventurent dans l’inconnu de l’atlantique.

Sur la pointe de Sagres se trouve une énorme forteresse qui daterait du xv ième siècle. J’ai peu de fait historique à raconter sur cela.

Au bas des falaises, le site semble apprécié des surfeurs, baigneurs et amateurs de chasse au harpon.


Après cette visite, retour de la voiture et hop sur les vélos pour un 41 km garni d’ascensions avec le vent dans le nez.

À Rogil, nous descendons à l’hôtel Alcatruz; beau et propre.

Nous soupons au Musée de la patate douce. La nourriture style campagnarde y est excellente.

Bilan:

903.5 + 40.8 = 944.3 km roulés

8107 + 469 = 8576 m d’ascension



Espagne et Portugal jour 11 Lagos

Après notre trajet peu enjoué d’avant-hier, nous voulions une belle « ride ».

Un peu de recherche sur Ride with GPS puis  on trouve quatre trajets entre Faro et Lagos.

Nous choisissons celui s’éloignant le plus de la N-125. Nous pourrons ainsi sillonner, à quelques endroits, le bord de la mer et visiter des villages côtiers.

On se fait notre propre déjeuner avec pains,  fruits et yogourts achetés la veille. Toutefois, il manque le café.

Alors, après une heure de route bien roulée, mon cerveau étant en sevrage carabiné de caféine, je décide d’arrêter à la station balnéaire de Quarteira.

On se trouve une place à café qui est aussi la patisserie locale. Longue liste d’attente; il faut prendre un numéro. Misère, je décroche le 76 alors qu’il sont en train de servir le 64. 

Tout le monde semble connaître la p’te dame qui gère la caisse. Je ne comprend rien au portugais mais je devine ( ou j’invente) qu’un lui parle des nouvelles, ou est-ce que les brioches sont toujours aussi fraîches, ou les enfants, ou la politique, ou est-ce que son père est encore malade de son cancer du poumon (tout le monde fume comme les forêts de la Colombie Britannique ici). 

Finalement, lorsque la sueur de mon dos a séché comme une croûte salée, c’est mon tour. Je commande quatre cappuccinos; cela devrait être simple.

C’était sans compter que le barista avait sa recette bien à lui. Le voilà se mettant à sédimenter les couches de lait chaud alternées avec le chocolat en flocons. Je crois que par soucis de précision, ou pour tester ma patience, qu’il comptait chaque grain de chocolat.

Plus de trente minutes après avoir pénétré dans la tour de babel du café, j’en ressort en me demandant si c’était vraiment une bonne idée.

Une fois assis, on peut admirer la propreté de Quarteira et son contraste positif avec ce que nous avons pu voir du Portugal à date; le reste de la journée ira de mieux en mieux.

Prochain arrêt, la vue sur les falaises à Olhos de agua. Que dire de plus.


Ensuite, Albufeiras pour le lunch à L’Iguana Cafe.


Après s’être repus, reprise de la route. Tout sur le trajet reflète la luxuriance; on a l’impression d’avoir changé de pays.

Prochain arrêt, en face de la marina de Portimao on l’on se gave de milkshake auquel je r’ajoute une crème glacée avec noix; la beauté du cyclotourisme est qu’on dépense plus du double des calories d’une journée normale.


On remonte en selle pour la finale: Lagos.


L’arrivée à l’hôtel Calvi beach se fait sans embûche. Un vraie journée carte postale avec tout de même 116 km roulés pour 968 mètres d’ascension.



Par la suite, je vais prendre possession de notre Fiat louée pour 24 hres afin de pouvoir explorer la région de Lagos plus efficacement demain.
Bilan:

786.9 + 116.6 = 903.5 km roulés

7139 + 968 = 8107 mètres d’ascension



Espagne et Portugal jour 10 Faro (bis)

Journée de repos. Peu de chose à dire. 

Achats au magasin de vélo local. Petite mise au point des vélos et tourisme relaxe à Faro.

Visite en bateau de deux iles du parc de la Ria Formosa. Ce parc naturel est formé d’iles et de lagunes bordant l’Algarve.

Je laisse les photos parler.






Ensuite, souper dans un resto servant nourriture délicieuse mais entretenant une cacophonie dans le service.

Le vin rouge local est excellent.

En passant, Algarve vient de l’arabe: Al-Gharb, voulant dire « l’ouest ».

Demain, Lagos.

Espagne et Portugal jour 9 Faro

Première fois qu’on a le déjeuner à 7:00 à l’hôtel. Par contre, c’est le côté  » business  » américanisé de l’hôtel qui procure cela; impossible de tout avoir, comme dirait ma mère.

Sortie de ville peu complexe puis on décide d’explorer un peu en espérant éviter les chemins forestiers non pavés.


Impossible, ceux-ci nous trouvent toujours.

On s’aventure un peu plus loin puis la chance nous sourit.


Pour finalement obtenir une chaussée parfaite.


Mais ceci est exceptionnel.

On roule ensuite à une bonne cadence pour se rendre à Ayamonte afin de prendre le traversier vers le Portugal. On perd 30 minutes à réparer une crevaison ( ma troisième ) puis on rejoint le traversier à l’heure du lunch.

Le bateau est relativement petit et sert principalement à traverser des piétons et cyclistes quoique deux autos peuvent y prendre place.


Une fois au Portugal, on décide de luncher mais on nous explique que cela est impossible; il est trop tôt! En changeant de pays vers l’ouest, nous venons de passer à un autre fuseau horaire donc, de reculer d’une heure.

Nous remontons en selle et roulons une heure de plus.

Nous avons décidé de prendre la route N-125 pour se rendre à Faro; choix direct et rapide mais atroce côté convivialité. On a l’impression de rouler sur le boulevard Taschereau, à l’heure de pointe, sur 57 km; traffic dense et peu respectueux.

Nous arrivons au Faro boutique Hôtel sans accident; Murphy devait être occupé ailleurs aujourd’hui.

Faro est une ville « carte postale », très touristique et comblée de bons restos.

Même les cigognes y établissent domicile.


Une fois la petite marche touristique effectuée, nous soupons au Restaurante Faz Gostos; meilleur repas depuis le début du voyage avec service excellent.


Demain, on prend une pause du vélo.

Bilan:

672.3 + 114.6 = 786.9 km roulés

6512 + 627 = 7139 m d’ascension



Espagne et Portugal jour 8 Huelva

1492, ça vous dit quelque chose? 

En fait, je peux répéter la marotte quotidienne i-e lever tôt, déjeuner au Starbucks de Séville ( faut le faire) et sortie rapido presto de la ville en passant sur le Rio Guadalquivir.


C’est pas le Ponte Vecchio de Florence mais bon. Juste de savoir que le Vikings y sont venus quelques fois remonter cette rivière pour attaquer Séville met en perspective ce que nous croyons être l’aventure aujourd’hui.

La banlieue de Séville est fidèle à bien des « banlieues » espagnoles…c’est sale.


Une fois orientés, on s’installe sur une route directe pour Huelva, évitant ainsi tous les chemins de terre affreux suggérés par Google Maps.

La chaussée est belle mais le paysage est simplement acceptable. Pas de « AHHH » ni de « OHHH ».


Nous arrivons à Huelva assez rapidement (100 km à 23 km/h) puis remarquons des enseignes rouges avec le chiffre 525 et les inscriptions « America » et « Huelva ».


Durant le lunch, Bruno nous fait la lecture de ses découvertes sur Wikipedia. 

Christophe Colomb, le génois bien connu, a travaillé surtout pour les espagnols, Ferdinand II et Isabelle I. Vous vous souvenez de la libération de Malaga? Eh bien c’est le même duo.

À Montréal, présentement, on fête le 375e anniversaire. Ici, c’est le 525e anniversaire du voyage inaugural de Colomb vers les Indes…qu’il n’a jamais rejoint en passant par l’ouest parce qu’il s’est échoué en Amérique où il a rencontré les indiens qui vendaient des cigarettes bon marché et opéraient des casinos.

Léger anachronisme, me direz-vous, mais j’écris ce blog la nuit alors j’ai ma façon de résumer cinq cents années d’histoire.

Pourquoi Huelva fête ce 525e anniversaire? C’est que Colomb est parti d’ici le 3 août 1492. En fait, c’était de Palos de la Frontera, séparé de Huelva par le Rio Tinto, se jetant ensuite dans le Golf de Cadiz puis l’Atlantique.

Une fois rassasiés et reposés, on saute dans un taxi pour allez voir les répliques de la Nina, la Punta et la Santa Maria. 

Chemin faisant, le chauffeur de taxi nous dépose 5 minutes au monument de Colomb puis hop vers les bateaux.


Embarquer sur ces petits vaisseaux ayant servi à découvrir l’Amérique et lire sur la vie à bord de ceux-ci nous sensibilisent une fois encore sur la vraie aventure d’une autre époque.





Une fois la visite terminée, petite marche sur la Muelle del Tinto, ancien quai de chargement de minérai transformé en promenade où les locaux s’adonnent à la pêche sportive.

Ensuite, souper près de la Plaza de las Monjas puis dodo.

Demain, Faro, Portugal.

Bilan:

572.5 + 99.8 = 672.3 km

5881 + 631 = 6512 m d’ascension



Espagne et Portugal jour 7 Séville

Levés tôt (encore), Hélène et moi mangeons des fruits en s’habillant.

Les vélos étant dans la chambre, les baggages sont montés sur ceux-ci rapidement et hop dans l’ascenseur…enfin bref, voir ci-dessous.


Bruno avait eu la chance de pouvoir laisser le sien au rez-de-chaussée mais décide de descendre celui de Michèle via l’escalier.

Les marches de marbre bien lisses l’ont fait descendre un peu trop vite. Il a du, entre autres, réaligner le guidon du beau Cervélo S3. Désolé, je ne crois pas qu’il voulait le prendre en photo.

Cet incident n’empêche pas Bruno de bien nous guider hors de la ville. De mon côté, j’avais téléchargé par erreur le trajet voiture et non vélo alors la « voix » de Google Map voulait m’envoyer à tout prix vers l’autoroute.

Rapidement, on s’éloigne de Sanlucar de Barrameda pour aller cotoyer le Rio Guadalquivir et ses marais salés.



Par la suite, on est dirigé via un parc naturel. La route, exempte de traffic, est toutefois très cahoteuse.

Après deux km de tape-cul, nous voyons un cycliste s’en venir vers, tout relaxe, à 10 mètres à droite de la route dans une belle piste cyclable; l’art d’avoir l’air imbéciles.


Le reste du parc se traverse alors plus rapidement.

Par contre, après avoir parcourus plus de 20 km, nous n’avons toujours pas trouvé de resto pour le petit déjeuner.

On inspecte la carte puis décidons de s’éloigner des rivages du Rio Guadalquivir pour se diriger vers le village de Trebujena.

Les collines, pour accéder au village, sont bordées de vigne; paysage rafraichissant.


Au village, je croise un cycliste en vélo de montagne et lui demande, tant bien que mal, où l’on peut déjeuner.

En fait, nous étions à 200 mètres de la place à restos du village. Petit déjeuner bien mérité après 30 km de vélo.

Sortie du village direction Séville. L’application Google Maps nous dit qu’il reste 70 km alors que sur la route, il est écrit 80 km pour se rendre à Séville.

Je regarde attentivement la carte et vois que Google nous fait bifurquer dans quelques km, histoire de raccourcir ce 80 km par des chemins plus « vélos ».

Quels raccourcis?!

Après plusieurs km sur une asphalte douteuse, trop loin de la route officielle pour envoir envie d’y retourner, nous voilà à nouveau sur des chemins de graviers, cahoteux et poussiéreux à souhait.


Par la suite, Google Maps nous propose encore une tradition quotidienne: la visite du cartier industriel. Faut-il croire que les gens d’affaires prennent toujours des raccourcis?


Après avoir quitté ces décors enchanteurs et risqué nos vies au travers des semi-remorques, on a le droit de rentrer dans Séville.


J’avais hâte de voir le décor enchanteur de cette ville dont l’origine date de huit siècles avant J-C.

Au lieu de cela, nous sommes accueillis par notre décor quotidien, un hôpital.

Après un petit dédale jusqu’au centre ville médiéval, nous obtenons finalement le décor voulu.


Notre logis pour ce soir, l’Hôtel boutique Elvira plaza est très bien mais il fallait voir la déconfiture des réceptionnistes lorsqu’on leur a dit que nous avions besoin d’un endroit pour ranger les vélos.

Ils n’ont pas de garage et la pièce pour consigner les baggages ressemble à un placart.

Face à cette impasse, nous suggérons de monter les vélos à la chambre.

Ce n’est pas assez grand.

On va faire avec.


Une fois le rituel post vélo quotidien complété, petit tour en ville pour visite brève. 

Hélène et moi rentrons, sans le savoir, par la porte de sortie du palai Real Alcazar de Sevilla. C’est évidemment un lieu unique pour l’histoire de Séville incluant l’époque mauresque et chrétienne. Par contre, tenter de m’instruire sur une période des ibères chargée à bloc alors que je suis debout, dans une chaleur ambiante autour de 40 C, ne m’allume pas du tout. Ma blonde est du même avis. 

Alors on déambule et on se laisse absorber par la beauté du décor.


Les musulmans avaient main mise ici autour de l’an 700 jusquà environ l’an 1000. Ils ont évidemment laissé leur marque sur l’architecture. 

L’une des structures les plus notables est un minaret qui a été recouvert plus tard par les chrétiens, évidemment après l’an 1000 et des poussières. 


Pour ceux  qui veulent plus de détails, Wikipedia se fera un plaisir de vous gaver.

Nous complétons notre marche dans les petites ruelles coquettes puis, achat de fruits et sieste.


Ailleurs en ville, Michèle et Bruno s’afféraient à des occupations beaucoup plus sérieuses.


Nous soupons à deux pas de l’hôtel puis prenons un verre en faisant un micro bilan sur le voyage à date. Essentiellement, les débuts ont été dûrs mais la résilience a gagné.

Tout va bien.

Demain, dernière étape en Espagne: Huelva.

Bilan:

461.2 + 113.3 = 572.5 km

5635 + 246 = 5881 m d’ascension.



Espagne et Portugal jour 6 Sanlucar de Barrameda

La Carmela nous offre le petit déjeuner à 9:00. Comme c’est trop tard puisque nous voulons toujours rouler dans la fraicheur matinale, départ en douce à 7:00.

Le vent aidant, nous roulons à vive allure et accumulons plusieurs kilomètres avant le petit déjeuner.

Un fois le resto trouvé, puisque je me souviens de mon vocabulaire appris il y a deux jours, pas d’imbroglio pour commander oeufs, cafés, etc.

Le reste de la route est relativement insipide sauf que Google Maps et mon obstination nous emmènent dans certains racoins qui n’ont jamais vu de vélos.



Les derniers 15 km seront très roulant.

Par la suite, on croise une boutique de vélo. Nous en profitons pour faire ajuster le dérailleur de Michèle qui fait des siennes et s’assurer que tous les pneus sont gonflés à point.

Arrêt au centre ville pour le lunch.

Puis, arrivée à l’Hôtel Guadalquivir. Endroit un peu américanisé mais spacieux et propre.

La fatigue accumulée se fait un peu ressentir.

La terrasse du 11e étage offre une vue magnifique sur la ville et la mer.

Las de la friture, on soupe aux sushis.


Demain, Séville.

Bilan:

374.6 + 86.6 = 461.2 km

5247 + 388 = 5635 m d’ascension



Espagne et Portugal jour 5 El Palmar

Pourquoi aller à El Palmar, station balnéaire, lors d’un trip à vélo? C’est simple; nous voulions voir Gibraltar et Séville alors il fallait partionner la route entre ces deux endroits. D’où la décision de s’arrêter à El Palmar aujourd’hui et demain à Sanlucar de Barrameda.

Levés vers 6:00, nous mangeons nos croissants avec beurre d’arachides et jus de fruits. Je sais, tout cela a l’air insipide mais on a juste besoin de carburant. 

Vers 7:15, toujours dans la pénombre matinale espagnole, les vélos sont prêts puis c’est un départ pour une journée sans pépins. 

Cent mètres plus loin, vous comprenez bien, c’est-à-dire un coin de rue, Bruno nous annonce que sa chaîne est cassée. 


Pas étonnant, avec tous les injures physiques er verbales qu’on lui a imposées, que cette pauvre aie rendu l’âme.

Heureusement, Bruno a un « maillon rapide » qui permet de réparer une chaine cassée. C’est la première fois que lui et moi avons à faire cela mais le tout s’avère simple et à 8:00, on roule à nouveau.

Dernier regard sur le roc puis en route vers la campagne via la route des raffineries.



Avec environ 100 000 navires transitant annuellement via le détroit de Gibraltar,  ce n’est pas étonnant que cette région soit la plus importante, de toute la Méditéranée, en distribution de carburants maritimes de toutes sortes.

L’immense muraillebordant les raffineries donne une toile de fond au descendants de Picasso.


Les reste de la route sera très roulant avec un décor bucolique alors que tout le monde est dans une forme extraordinaire.


Bruno réussira à faire une crevaison à moins de 10 km de l’arrivée à cause d’un énorme morceau de vitre cassée s’étant incrusté dans son pneu « Gator Skin »; comme quoi ceux-ci ne sont pas infaillibles.

La réparation est vite faite puis, après une pause lunch dans un restaurant trouvé à un moment où nous étions légèrement perdus, nous arrivons sans encombre à La Carmela Rooms d’El Palmar.

Trimmage post ride de routine puis petite visite à la plage merveilleusement belle.


Souper plus tard à la même plage puis dodo.

Bilan:

268.1 + 106.5 = 375.6 km

4138 + 1109 = 5247 m d’ascension



Espagne et Portugal jour 4 Gibraltar

Hélène et moi sommes debout à 6:30 et 10 minutes plus tard, nous descendons de notre perchoir pour aller préparer les vélos. Principalement, cela consiste à installer les phares avant et arrière ( que nous avons rechargés durant la nuit) ainsi que les GPS; les baggages feront du taxi avec Bruno et Michèle.

Arrivés dans la petite réception de l’hôtel, On retrouve Bruno, travaillant dans la noirceur affaiblie des matins d’Espagne avec le phare avant de Michèle comme lumière d’appoint. Dans ce vieil hôtel Andalousien, on croit plutôt voir un forgeron médiéval ayant reçu un vélo du futur et ne sachant comment l’assembler.

Nous le saluons et lui laissons la clé de notre chambre alors que nous nous dirigeons vers nos vélos.

Juste le temps de finir nos préparatifs que Bruno nous rejoint, sourire victorieux au visage. Avec finesse, dit-il, et non robustesse, il a pu la replacée là où il se doit. 

Nous avions conclus hier que le trajet planifié de 120 km, par cette canicule, n’était pas raisonnable alors Hélène et moi partirons pour notre petite balade de 60 km et Michèle et Bruno nous prendront plus tard avec le van-taxi en route pour Gibraltar.

Le soleil se lève tard en Andalousie alors à 7:00, c’est un peu sombre, frais et tranquille.

Nous sortons de la ville médiévale sans difficulté et en quelques minutes, nous roulons à vive allure sur de petites routes de campagne. 

Rouler sans la chaleur accablante du soleil s’avère merveilleux.

Un arbre mort se moque de notre joie en allant chercher notre étoile derrière l’horizon.


Une heure plus tard, n’ayant pas pris de petit déjeuner, la faim commence à nous tenailler. 

Les villages avec restos ouverts en ce dimanche matin se font rares. Rouler sur un estomac vide commence à influencer mon imagination et bientôt je me dis que sans nourriture, nous ne serons plus que deux âmes, roulant dans les plaines andalousiennes.


Soudainement, le décor s’emplit d’éolienne. 


J’ai pris la peine de mettre la photo afin que personne ne croit que mon jeûne matinal ne m’eut donné des hallucinations à la Don Quichotte.

Tout cela est bien beau mais qui dit éoliennes dit Éole. 

Justement, notre route bifurque vers le sud-est et le dieu du vent nous frappe de plein fouet.


Ci-haut, le casque de mon amour n’est pas croche par hasard; le vent tente de l’arracher.

On rentre au village de Paterna de Rivera et trouvons un petit resto ouvrant à peine.


La serveuse et son patron ne parle rien d’autre que l’espagnol. Je lui demande un menu…

Nada.

Pan? 

Je lis une lueur d’espoir dans ses yeux et elle se dirige à grands pas vers la cuisine pour sortir du frigo toutes les sortes de pain qu’elle possède.

En fait, on voulait des roties et des oeufs. J’avais oublié que oeuf se dit huevo en espagnol alors je dis « ovo ».

Le proprio me regarde comme si je lui parlais en swahili.

Y allant de mon courage, je fais un demi squat, en me repliant les coudes et je bat des ailes en disant « pouet, pouet » comme une poule puis, de mes deux mains je fais la forme d’un oeuf et lui désigne que cet oeuf devrait sortir du derrière de la poule.

Ça me semblait clair.

Son visage s’éclaircit; il a compris, me dis-je.

Alors il se retourne et pointe la porte des toilettes!

Je n’en crois pas mes oeufs…mes yeux! D’où peut-il bien croire que quiconque va imiter une poule chantante alors qu’il trône dans les toilettes?

Finalement, il trouve un dessin d’oeuf à la poêle dans son cellulaire et 20 minutes plus tard, on nous sert café, jus frais, oeufs et pain.

Ma blonde aurait voulu des tranches de pain rôties mais je lui répond que dieu seul sait ce qu’ils vont croire si je tente une autre imitation.

Une fois rassasiés, nous repartons le nez dans le vent. Ça nous rappelle l’époque où nous faisions de la voile.

On a un vent de 25 à 30 noeuds, variant du près au travers, de babord à tribord selon les virages de la route. À un moment donné, il frappait tellement fort par tribord amure que nos vélos gitaient d’enviton 10 degrés.

Par vent de face, les capteurs de puissance sur mon vélo m’indiquaient que, pour maintenir 17 km/h, je devais développer la puissance nécessaire pour rouler à 35 km/h une journée sans vent.

Ce vent imprèvu nous a fait retarder notre rencontre à Alcala de Gazules avec Pedro et nos amis.

Pedro s’est quelque peu impatienté et a tenté de venir nous prendre plus tôt en chemin mais ça n’a pas fonctionné. Alors on s’est réunis à l’endroit prévu.

Nous montons corps et vélos dans le taxi-van puis en route vers Gibraltar.

La principale attraction â Gibraltar est son rocher. La meilleure façon d’accéder au sommet est en téléphérique.

Arrivés en haut, un des 254 macaques ( le chiffre est de Bruno) rentre dans la cabine et semble vouloir tresser les chrveux d’Hélène.


En fait, le macaque voulait boire un coca cola répandu sur le fond de la cabine.

Le rocher s’oppose aux vents venant de la mer. Ceux-ci sont alors poussés vers le haut. L’air froid de l’altitude condense alors l’humidité dans les vents ascendants créant ainsi le nuage sur le rocher.


Une fois notre visite chez les anglais teeminée, nous repassons les douanes vers l’Espagne.

Épicerie afin de pouvoir prendre un petit déjeuner tôt demain. Souper modéré puis dodo.

Bilan:

208.1 + 60 = 268.1 km roulés

3533 + 605 = 4138 m d’ascension