Autriche-Croatie

Jour 3: ascension de la route du Mangart

Nous restons une nuit de plus à Bovec afin de pouvoir aller explorer la route la plus impressionnante de la Slovénie c’est-à-dire celle menant au mont Mangart.

Le mont Mangart se situe à la frontière entre la Slovénie et l’Italie. Avec ses 2679 mètres, c’est la troisième plus haute montagne de la Slovénie.

Juste à côté de son pic terminal se trouve le col souvent appelé selle (sedlo pour les slovènes) du à sa ressemblance à une selle turque.

Après avoir déjeuné à même un copieux buffet et pris une gorgée d’un café infect, nous partons pour un aller-retour à la montagne.

Juste avant de partir, je m’assure de délester mon vélo pour ne prendre qu’une petite valise avec de quoi faire des réparations de vélo et des manteaux pour la descente.

Je constate alors que j’ai laissé mes leviers pour démonter un pneu à la maison. Où avais-je la tête avant le départ?

Étant donné l’abondance de touristes à Bovec (imaginez un village Tremblant), durant la période estivale, nous avons du réserver des chambres dans deux hôtels différents.

Donc nous rejoignons Michèle et Bruno aux limites de la ville en me disant que Bruno doit avoir ses leviers pour démonter un pneu.

Un fois questionné, il a un doute et, vérification faite, il a fait le même oublie!

Faut le faire.

On retourne dans le centre du village pour une visite au magasin de vélo et nous voilà tous les deux garnis d’un souvenir banal de la Slovénie.

Finalement, nous pouvons aller nous délier les jambes et admirer le paysage grandiose.

La montée s’échelonne sur environ 26 km avec un dénivelé positif d’environ 1600 mètres.

Comme c’est dimanche, nous rencontrerons beaucoup de cyclistes ainsi que des grimpeurs en voiture et en motocyclette; de toutes évidences, c’est une attraction touristique prisée.

Une fois sortie de la vallée, les passages à 10% sont fréquent et il y a même une petite section à 20%.

Le paysage est à coupé le peu de souffle qu’il nous reste.

Plus près du sommet, nous devons passer dans quelques tunnels sombres, creusés dans le calcaire. On tente d’y éviter la rencontre de voitures parce que même avec nos lumières, on s’y sent très vulnérables.

Arrivés au sommet, la beauté du spectacle nous fait oublier l’ardeur de la montée.

Le temps de revêtir un manteau et nous voilà repartis vers la vallée.

D’abord on se faufile entre les moutons.

Ensuite, je constaterai que mon frein à disque à l’avant est sur le point de rendre l’âme tellement il crie.

Il fonctionne suffisamment bien pour me rendre en bas en sécurité mais le bruit du métal qui crisse n’a rien d’agréable.

Arrivés à l’hôtel, une fois lavés on lunchera à la terrasse à coté de l’hôtel de Michèle et Bruno puis on fera la sieste sur la fin de l’après- midi.

Après la sieste, je tente de changer mes plaquettes de frein mais constate que celles que j’ai comme rechange ne correspondent pas tout-à-fait aux originales de mes freins.

Je devrai retourner au magasin de vélo lundi matin. Décidément…

En soirée, ayant lunché tard, l’appétit est moindre alors nous prendrons seulement qu’un sandwich préparé par un albanais qui a été prisonnier au Kosovo.

Comme il gère sa business de sandwich, micro-épicerie et comptoir de crème glacée comme un homme orchestre, nous n’en apprendrons pas plus sur son histoire.

Demain, l’Italie et Trieste.

Montée du Mangart: 59,3 km (allez-retour) avec 1823 mètres d’ascension (on a fait des petits allez-retour près du sommet)

Bilan: 173.41 km et 3876 mètres d’ascension

Autriche-Croatie

Jour 2: Velden-Bovec

Après un petit déjeuner garni de saucisses et arrosé d’un latte dilué, on reprend la route pour l’itinéraire le plus corsé de notre voyage: le col du Vrsič ( imaginez un « i » entre le v et le r, et ajoutez un h à la fin puis croquez trois biscuits soda sans eau et prononcez le tout à voix haute et vous commencerez un tantinet à avoir l’accent slovène)

La matinée est fraîche alors c’est excellent pour rouler; encore une fois, il semble que la canicule ait oublié ce coin de l’europe.

Les petites routes empruntées sont toujours impeccables en Autriche sauf que parfois, les ponceaux ont besoin de réparation alors il faut être créatif.

Le reste de la route sera impeccable jusqu’en Slovénie.

J’étais passé rapidement en Slovénie l’an dernier lors de la TCR06 mais j’avais tellement aimé le paysage et les routes impeccables que je voulais y revenir en mode cyclotourisme pour pouvoir l’apprécier un peu plus avec mon amour et nos amis.

Par ailleurs, j’avais grimpé le col du Vrsič tard en soirée (lire, dans la noirceur) alors je n’avais rien vu de sa splendeur.

En passant, la Slovénie c’est le pays d’origine de Melanija Knavs mieux connue sous le nom de Melania Trump.

Bien des gens croient ce pays déchu puisque la Slovénie faisait partie de l’ancienne République fédérative socialiste de Yougoslavie. Il faut se détromper.

En fait, puisque la Slovénie fait partie de l’espace Schengen, la frontière est inexistante et l’on pourrait se méprendre à croire que nous sommes toujours dans la riche Autriche.

Toutefois, avant d’arriver en Slovénie, l’Autriche, fidèle à elle-même va nous avoir fait baver sur des côtes casse-patte avec du 10-12% suivi d’un km soutenu à 18%. Avec les bagages et le décalage horaire, c’en est assez pour laisser l’orgueil de côté et mettre le pied à terre.

Un char d’assaut abandonné au sommet de ce petit col nous rappelle que cette région a souvent été le théâtre de multiple guerres.

Le descente vers Kranjska Gora nous fait vite oublier la misère de la montée.

Kranjska Gora est un village typique de montagne aménagé pour sportifs en vacances.

On y prend un petit lunch avant d’attaquer le Vrsič (ça va votre prononciation slovène?).

Le col du Vrsič est un ancien sentier pédestre de montagne utilisé aussi par les fermiers et leur bétail pour accéder à différents pâturages.

Par la suite, ils l’ont élargi pour le transport de bois.

La route actuelle s’appelle aussi la « Route russe » (Ruska cesta) parce qu’elle a été construite à des fins militaires durant la première guerre mondiale par des prisonniers russes (plus de 10 000) contrôlés par des gardes autrichiens. Plusieurs centaines de ces russes sont morts suite à des avalanches et une chapelle russe fut construite par ces mêmes prisonniers pour commémorer ces événements.

À partir de Kranjska Gora, nous avons 12 km d’ascension divisés en 24 virages en épingle. Dans chaque virage, l’asphalte fait place aux pavés datant de l’époque des russes.

Nous sommes ici dans les alpes Juliennes caractérisées par leur sommet de calcaire érodé.

Arrivés au sommet à 1611 m, les jambes un peu lourdes, on prend quelques photos d’un merveilleux paysage que je n’avais pa vu l’an dernier puis nous amorçons la longue descente vers Bovec.

Bovec est aussi un petit village touristique d’environ 4000 habitants enclavé dans une vallée profonde.

La fête est à l’honneur mais malheureusement, nous en ignorons les raisons.

Quelques orages compliquent notre recherche d’un restaurant mais nous finissons par trouver le petit chemin menant au Pod Lipco suggéré par la réceptionniste de l’hôtel Alp.

Mon amour réussi à trouver des gnocchis au saumon sur ce menu hypercarnivore alors que je mange un de leur repas typique de steak épicé garni d’une boule de fromage laiteux à la turc dont je n’arrive jamais à retenir le nom.

Demain, nous demeurons à Bovec pour aller grimper la route du Mangart.

Kilométrage du jour: 83.88 km et 1886 mètres d’ascension

Bilan du voyage: 114,11 km, 2053 m+

Autriche-Croatie

Jour 1: Klagenfurt-Velden

Nous atterrissons à Klagenfurt, ville d’un peu plus de 100 000 habitants, capitale de la Carinthie, un des dix Lands de l’Autriche. Les Lands en Autriche sont comme nos provinces au Canada du point de vue législatif. Toutefois, étant donné la dimension du pays, ça ressemble plutôt à un comté.

La Carinthie a une similarité avec le Québec. En 1972, une loi permettra un affichage bilingue; l’allemand est la langue principale mais une fraction de la communauté parle slovène.

Par contre, les mouvements radicaux font légion ici ( le gouvernement actuel est très à droite) alors toutes les affiches gouvernementales bilingues furent détruites.

Depuis 2000, en guise de protestation, la population de langue slovène dépasse la vitesse limite dans les communes où les panneaux sont unilingues allemand; ce qui est très rassurant pour notre petit groupe de quatre cyclistes.

D’un autre côté, il y a abondance ici de piste cyclables bien conçues; c’est-à-dire qu’elles sont pensées en fonction des cyclistes avec peu d’intersections et on peut y rouler à bonne vitesse.

Depuis 2001, les communes avec 10% de population de langue slovène ont des panneaux bilingues.

Peu importe la langue, je ne peux vous traduire ici les jurons qui explosaient dans ma tête lorsque j’ai assemblé mon vélo à l’aéroport.

Durant le transport, ma chaine s’était contorsionnée d’une façon indescriptible.

On a beau visionner des trucs sur Youtube pour résoudre le problème, rien ne fonctionne.

J’ai finalement décidé de la briser pour la « détwister » puis de l’assembler avec un maillon rapide.

La météo européenne s’affiche, selon les bulletins de nouvelles présentés au Québec, comme étant en état de canicule; pas à Klagenfurt.

Il pleut « à boire debout » ou comme « comme vache qui pisse », votre choix…

On peut voir dans le regard de Michèle une envie folle de se lancer sous la pluie.

Une fois partie, ce n’est pas si mal.

De toutes façons, nous avons environ 30 km à rouler pour se rendre à l’hôtel.

La pluie va éventuellement s’estomper et nous retrouvons l’Autriche verte, garnie de lacs et de belles montagnes.

Arrivés à l’hôtel Velden24, c’est un ordinateur qui nous accueille. Suite à la complétion de notre enregistrement, il nous imprime un reçu avec un code d’entrée pour la porte principale et celle de notre chambre; très chaleureux comme accueil…

Nous sommes quatre, avec deux chambres et donc deux reçus: aucuns ne permettra d’ouvrir l’entrée principale. On se glissera à l’intérieur lorsque d’autres personnes y entreront.

Pour la chambre, sa fonctionne alors on peut se laver.

Plus tard, Bruno rejoindra par texto un concierge qui viendra nous donner d’autres codes d’accès. S’excuse pas pour autant; chaleureux comme l’azote liquide ces autrichiens.

L’hôtel étant un peu hors Velden, on prendra un taxi pour retourner souper au village.

Fait amusant, on croisera quelques coureur de la Transcontinental07 se dirigeant vers le point de contrôle numéro 3.

Bilan:

30,23 km

167 mètres d’ascension

La Loire à vélo

Jour 10, St-Brevin-les-pins à Nantes et jour 11, Nantes

Au réveil, le ciel est clair et le vent est léger. Cette dernière journée de vélo s’annonce agréable.

D’abord, on doit régler cette histoire du km « zéro ».

La propriétaire de « Fleur de sel » nous indique à peu où cela doit être, mentionnant que c’est sous forme de totem.

On doit d’abord passer devant un serpent de mer.

Dieu merci il est demeuré immobile. Si tout mes patients avaient autant de vertèbres, je pourrais limiter ma pratique à une dizaine de personnes.

Nous arrivons finalement à localiser le soi-disant totem.

Pour se rendre compte qu’il y en a deux.

Une fois ces formalités complétées, nous repartons vers Nantes. Par contre, au lieu de refaire à l’inverse le même chemin qu’hier, nous resterons sur la rive sud pour se rendre à Trentemoult.

Chemin faisant, nous admirons les pêches à poissons plats sur les rives de l’estuaire de la Loire.

Selon la période de l’année, cette technique à grand filet plat sert aussi à pêcher de l’anguille.

Hier je vous parlais d’oiseaux mais il y a aussi les mammifères.

Évidemment, la majorité sont domestiqués sauf pour les castors ci-bas.

Il y a aussi cette cycliste qui n’est pas encore complètement domestiquée, mais cela lui donne beaucoup de charme.

Nous rejoignons Trentemoult sans embûches. Cet ancien village de pêcheurs est un bel endroit pour luncher sur le bord de l’eau avec vue sur Nantes.

Nous prenons le traversier pour se rendre à Nantes.

Une fois arrivés à l’hôtel, on se rafraîchit un peu puis on se tape une marche de 2 km pour aller récupérer les boites de cartons pour le transport des vélos.

On démonte les vélos puis nous sommes prêts à visiter Nantes.

Jour 11: Visite de Nantes

Premier arrêt, Maison de Jules Verne. Ce dernier est né à Nantes. Écrivain prolifique, nous avons hâte d’en connaître un peu plus sur l’auteur de Le Tour du monde en 80 jours, Vingt-milles lieues sous les mers, etc.

Après 3 km de marche nous arrivons devant un édifice qui semble fermé pour réparation. Pas de chance. Cela aurait été gentil de le préciser sur leur site web.

Deuxième arrêt, une visite sur l’île de Nantes pour voir un éléphant.

L’an dernier, en mai, il y avait eu à Montréal la visite de « géants »: un scaphandrier, la petite géante et un chien. Ces espèces d’énormes marionnettes motorisées sont l’oeuvre d’une compagnie nantaise, Royal de luxe.

Ils ont un éléphant impressionnant qui se balade sur l’île de Nantes. Ça vaut le détour.

Troisième arrêt, Mémorial de l’abolition de l’esclavage

Dans la photo du haut, la première phrase mentionne que 27 233 expéditions négrières ont été recensées en partance de l’Europe vers l’Amérique et les Antilles. Je sais, on en a entendu beaucoup sur l’esclavagisme et son abolition mais bon, de voir un tel mémorial avant ces chiffres astronomiques donne froid dans le dos.

Quatrième arrêt, la Cathédrale de St-Pierre et St-Paul. Construction de style gothique datant du XVe siècle.

Ces oeuvres d’architecture sont toujours impressionnantes mais l’ère du catholicisme tout-puissant qu’elles représentent me laisse toujours perplexe.

Cinquième arrêt, Musée d’arts de Nantes.

L’exposition principale est une reprise d’une exposition de 1886, au même musée, qui avait fait scandale à l’époque.

Ci-dessous, une copie de début d’un article web sur cette exposition.

Cela nous a prit un peu de temps avant de comprendre pourquoi il y avait eu scandale en1886. Ça s’explique par mon ignorance de l’histoire de l’art que je vais vous étaler sous peu.

Avant la fin du XIXe siècle, les grandes écoles de beaux-arts favorisaient la représentation de divinité ou de personnages célèbres ou encore de grandes scènes de guerre.

Les nues, entre autres, pouvaient représenter des divinités grecques et se devaient être d’une grande précision avec un cadrage qui devait correspondre à des normes pré-établies.

Or arrive Renoir et Monet avec des tableaux où l’on représente des scènes de la vie ordinaire, parfois à la campagne, avec des coups de pinceaux disons différents des lignes précises de l’époque précédente. Ça, c’est l’Impressionnisme que l’on connait.

Mais il y avait aussi, à l’époque, les débuts du Réalisme où l’on peignait aussi des scènes de la vie ordinaire mais avec une grande précision. Ainsi, le Déjeuner sur l’herbe d’Édouard Manet, représentant une femme nue avec deux hommes habillés, assis sur l’herbe, l’air de pic-niquer, aurait fait scandale à l’époque.

Il parait qu’au Salon de Paris, à la même époque, on refusait d’exposer ces peintures.

Napoléon III, en 1863, aurait alors créé le Salon des refusés pour leur permettre d’exposer leurs oeuvres.

Ironie du sort, il parait qu’il y eut plus de visites au salon des refusés qu’au salon officiel de Paris.

Drôle de scandale…

Je veux bien croire que les mouvements Impressionniste et Réaliste ont libéré l’art de certaine contrainte mais je ne comprend toujours pas pourquoi maintenant on en est à exposer des panneaux d’armoires comme chez Home Depot.

Mais qu’est-ce que j’y connais?

On termine notre voyage dans cette agréable ville grouillante de vie qu’est Nantes.

Bilan: 744.49 km

2544 m d’ascension

La Loire à vélo

Jour 9: Ancénis à St-Brevin-les-pins

Nous quittons la belle demeure de Delphine après un bon petit déjeuner. D’abord, direction Nantes.

Nous passons ce curieux château à Oudon puis avons le plaisir de se taper un autre 7 km de « Gravel le matin ».

Juste avant de « rentrer dans la gravel », nous voyons un cycliste sur un beau vélo bleu style vintage. Il roule très bien mais nous laisse à nos pierres pour continuer sur l’asphalte.

Chemin faisant, nous rencontrons de plus grosses pierres, fixes et encore humides de la pluie de la dernière nuit.

Dans un virage, mon pneu avant dérape sur ces dites pierres et je percute le mur de cran à ma droite.

Ma manette de frein/dérailleur droite en prend pour son compte.

Je réussi à remettre le tout en place et nous repartons.

Au bout de ce sentier nous regagnons le pavé et le cycliste de tout-à-l’heure nous rejoint. Il est passé par les coteaux; plus sinueux, plus long et plus côteux mais cela a sûrement été plus beau.

Je l’interroge sur son vélo. C’est fait « custom » en acier chez la compagnie Suisse Cosmos. Il s’entraine pour le Paris-Brest-Paris (1200 km) de l’an prochain.

Nous le quittons pour reprendre l’itinéraire de la Loire à vélo.

Nous passons à Nantes, pas sur l’ile de Nantes toutefois mais sur la rive droite de la Loire.

Le pneu avant de mon amour, le bon pneu neuf de Lienz, se dégonfle!

Je regonfle le pneu et me dis qu’il y a peut-être un problème interne à sa roue, quelque chose qui accroche à l’intérieur ou autre. Alors je trouve un magasin de vélo tout près et nous nous y rendons.

Le mécano trouve un morceau de vitre dans le pneu en nous disant que c’est typique des routes de Nantes.

J’en profite pour renouveler mes réserves de chambre à air et nous réservons nos boites de carton afin de pouvoir emballer nos vélos pour le retour en avion dimanche.

Initialement, nous devions simplement rester à Nantes, une fois rendus, puisque le vol vers Montréal part de Nantes.

Ma blonde a toutefois considéré que ce serait « cool » de se rendre au km zéro de la Loire à vélo. Il faut savoir que certains font la Loire à vélo d’ouest en est alors que nous faisons l’inverse, tel que suggéré dans la guide Routard.

Nous lunchons à Nantes dans un resto/boulangerie près de la piste cyclable. Ce faisant, nous constatons l’avancement de nuages sombres venant de l’Atlantique.

Nous enfilons les vêtements de pluie et repartons.

Il tombe une très petite ondée et rapidement, je fabrique plus d’eau à l’intérieur de mon imperméable que j’en reçois de l’extérieur.

La pluie fini par cesser.

Ensuite, nous devons rejoindre la rive sud de la Loire et comme il n’y a pas de pont, nous prendrons un « bac » i-e un petit traversier.

Juste avant d’embarquer, un héron nous salue.

C’est impressionnant la variété d’oiseaux que nous rencontrons à chaque voyage à vélo. À part évidemment des moineaux et des corneilles, nous avons vu quantité de pies, de canards, des foulques, des hérons, des aigrettes, des buses, etc.

Les buses, des oiseaux de proie ressemblant à de petits aigles, sont particulièrement présentes quotidiennement.

Ma blonde dit qu’elles surveillent le moment où je vais m’écrouler avec mon vélo pour venir se nourrir de ma carcasse.

Tout est possible dans ce bas monde…

Nous sommes parvenus à l’estuaire de la Loire et l’air salin se fait sentir.

Le pont de Saint-Nazaire se dessine au loin.

À environ 1.5 km de chez « Fleur de sel », notre maison de chambres d’hôtes pour ce soir, une averse à éteindre un volcan nous tombe dessus. Nous roulons au plus vite vers la chambre et oublions complètement cette quête du km zéro.

Une fois arrivés, le remps d’une douche chaude et d’étendre tout ce qui était mouillé, le soleil se pointe.

Cela nous permettra d’aller marcher au bord de la mer avant de finir la journée en dégustant une pizza au feu de bois.

Anecdote bien française, nous avons découvert un distributeur à baguettes!

Bilan: 683.69 km

2290 mètres d’ascension

La Loire à vélo

Jour 8: De Saumur à Ancénis

Nous quittons Saumur trop rapidement. Cette ville aurait mérité qu’on y passe au moins deux jours tant c’est agréable comme ambiance; avis à ceux qui feront ce voyage après nous.

Nous débutons la journée en rencontrant plus de cyclistes que nous avons rencontrés depuis le début du voyage.

Au lieu de dégustations, nous assistons à une chasse à la coure aux sangliers; les chiens, ici, semblent s’épanouir à leur pleine valeur.

Rien à voir avec les chiens en laisse dans le parc du Mont-Royal😉.

Le reste de la journée sera simplement pur vélo.

Nous sommes agréablement accueillis dans une maison de chambres d’hôtes, le Castel Magnolia.

Ce dernier est une maison d’un siècle et demi achetée et rénovée il y a quelques années par un jeune couple.

À 68 euros incluant le petit déjeuner, c’est de loin le meilleur rapport qualité-prix que nous avons eu à date.

On se rattrape sur nos dégustations en soupant avec tapas à la Maison des vins.

Bilan:

590.89 km

2020 mètres

La Loire à vélo

Jour 7: Mont-Louis à Saumur

Nous laissons la vie de château pour retourner au vélo.

Nous passons la Ville aux Dames (ça ne s’invente pas), ville par ailleurs jumelée avec une ville écossaise du nom de Dollar; tirez vos propres conclusions.

Par la suite, on alterne entre paysages bucoliques et bris mécaniques.

Le pneu avant de mon amour se dégonfle lentement sur une heure.

Finalement je me résigne à changer pneu et chambre à air. Elle héritera d’un pneu acheté à Lienz, Autriche, durant la course Transcontinental 06. Faut croire que j’ai été plutôt chanceux durant cette course. J’ose espérer que ce pneu va mettre une fin aux changements de chambre à air au deux jours.

Entre les remplacements de pneu, on a tout-de-même pu allez voir le château ci-haut. Nous nous baladons tout de même dans la Loire, pays des châteaux.

Encore quelques km puis une pièce de mon support à bagages arrière se casse.

Cette pièce avait été installée à l’achat du vélo à la suggestion du mécano où j’ai acheté ce vélo. Il disait que c’était nécessaire pour éloigner le support vers l’arrière afin que mon talon ne s’accroche pas dans les valises.

Comme je n’ai rien pour souder ou percer cette pièce, je les retire de chaque côté.

Après quelques coups de pédale, je constate que mes talons n’accrochent pas du tout les valises. Par ailleurs, mon vélo est beaucoup plus stable.

Auparavant, je ressentais souvent des mouvements oscillatoires et je croyais que c’était du au manque de rigidité de mon vélo en aluminium.

Après notre visite au château d’un de Broglie, je m’étais dis, en relisant sur les théories de son ancêtre, prix nobel de physique, que c’était peut-être du à la nature oscillatoire de mes électrons. Après plusieurs minutes de lectures passionnantes en buvant notre Cuvée Pauline (Sancerre rouge), j’ai conclu que c’était for peu probable puisqu’on parle ici d’une longueur d’onde de 0.00000000000000000000000000000001 mètre; difficile de ressentir cela, même sur un vélo.

Alors maintenant je sais que c’était l’effet de mise en port-à-faux de ces palettes de métal sur mon support à bagages. Mon montage actuel est beaucoup plus rigide alors ce bris fût un mal pour un bien.

Maintenant que le côté mécanique de notre journée est passé, nous allons pouvoir retourner aux choses importantes: pédaler et déguster.

Le cépage dominant, lorsqu’on s’approche de Angers, est le Cabernet franc. Comme je ne suis pas un sommelier, je ne vous dirai pas que les vins que nous dégustons ont une belle robe, qu’ils ont des arômes de sous-bois, qu’ils sont longs en bouche ou qu’ils se crachent bien.

Je vous dirai plutôt qu’ils sont simplement bons.

Nous terminons notre journée à Saumur, charmante petite localité, en y accédant par la rue du château.

Bilan: 479,39 km

1689 mètres d’ascension

La Loire à Vélo

Jour 6: Meung-sur-Loire à Mont-Louis

Après une bonne nuit et un excellent déjeuner au Best Western, on enfourche les vélos puis après une dizaine de virages dans la ville nous retrouvons ce décor familier.

Lorsque c’est trop beau, trop facile et que l’envie d’avoir un peu de variété nous anime, la nature s’en charge.

En effet, nous quittons notre chaussée lisse pour ce taper les 20 prochains km sur une route qui me rappelle une émission de radio à Radio Canada: « Gravel le matin ».

Par la suite, on nous enverra un « pace tracteur » pour limiter notre vitesse à 25 km/h.

Ces légères péripéties nous ouvrent l’appétit et heureusement, la jolie ville de Blois surgit au bon moment pour la pause lunch.

Durant le lunch, je feuillète le Guide Routard de la Loire à vélo afin de m’assurer que nous ne passerons pas à côté de merveilles sans s’y arrêter.

Comme de fait, le Guide nous dit que le château de Chenonceau est un « must ». Ceci, par contre, nous rallonge de 20 km sur ce que nous avions prévu.

Je me dis que c’est en même temps une bonne occasion de voir l’intérieur des terres.

Bref, vous venez de voir les deux seules photos réalisées sur ce tronçon d’extra.

Le château? En fait, nous voulions simplement passer devant et voir son emplacement sur le fleuve Cher. Sauf que l’accès à la rive permettant cette vue était inaccessible parce que le pont était en rénovation. Pas de chance.

Nous nous consolons en se disant que nous dormirons dans le Château De La Bourdaisière.

Ce château est la propriété de Louis-Albert de Broglie.

Les de Broglie sont des nobles français originaires du Piedmont. Le de Broglie le plus connu est Louis Victor, prix Nobel de physique. C’est lui qui a démontré l’aspect ondulatoire des particules élémentaires. Vous avez tous appris cela au secondaire alors je n’insisterai pas trop la dessus.

Le proprio du château s’intéresse plutôt à la botanique et la biodiversité. En particulier celle des tomates.

Plus de 700 variétés de tomates ainsi que plusieurs espèces de légumes sont cultivées dans les jardins du château.

Il y a un bar à tomates au Château ( fermé depuis le 30 septembre pour la saison morte) et on vend aussi de la bière à base de tomate.

La salle à manger du château étant fermée le lundi, nous allons souper à Mont-Louis dans un restaurant dénommé à point, La Cave.

C’est une grotte artificielle issue de l’excavation de pierres ayant servie à construire châteaux et maisons.

Avec un foyer central muni d’une cheminée d’un hauteur de 26 mètres, le tout donne une ambiance des plus chaleureuse.

Demain, Saumur.

Bilan: 386.6 km

1429 mètres d’ascension

La Loire à vélo

Jour 5: Sully-sur-Loire à Meung-sur-Loire

La pluie nous a nargué une partie de la nuit mais heureusement, elle s’est épuisée au petit matin.

L’air est demeuré froid, par contre.

Après un bon petit déjeuner, notre hôte omniprésent sort nos vélos de sa cave puis nous reprenons la route de la Loire.

Prochain arrêt, Orléans pour le lunch.

La route est belle mais les nuages semblent préparer un mauvais coup.

Toutefois, après avoir passé dans du gravier pour aller voir Germigny-les-prés, c’est la route qui nous surprend. Les roues Hunt installées récemment sur le vélo de mon amour ont un merveilleux roulement mais ma blonde s’ennuie de ses pneus « Gatorskin ».

Léger inconvénient. Nous reprenons la route rapidement.

Nous arrivons à Orléans après avoir roulé environ deux heures et demie.

Nous avons à peine ressentis quelques minimes gouttelettes de pluie puis les nuages nous ont abandonnés.

Nous faisons une pause lunch à la place Sainte-Croix, en face de la cathédrale du même nom.

Construite de 1601 à 1829, style gothique à néogothique pour les amateurs d’architecture.

Le 2 mai 1429, il s’y trouvait une chapelle au lieu d’une cathédrale. Jeanne d’Arc s’y trouvait pour la messe du soir dite vespérale. C’est à cette époque que la populaire jeune fille, surnommée post-hume la « pucelle d’Orléans » a remonté le morale des troupes française pour les convaincre de botter le derrière aux anglais et de lever le siège d’Orléans.

C’était, pour résumer à ma manière, un peu le début de la fin de la Guerre de cent ans.

Chaque année, à Orléans, on commémore la délivrance d’Orléans par Jeanne d’Arc du 29 avril au 8 mai (Fêtes johanniques d’Orléans).

Chargés de toute cette histoire, ainsi que de vin et de bière, nous reprenons la route vers Meung-sur-Loire. Là aussi, comme dans plusieurs régions de la Loire, il y a eu des haut-faits de la Guerre de cent ans mais bon, allez dépoussiérer vos livres d’histoire.

Nous résiderons au Best Western. Eh oui, faut le faire; venir rouler en Loire pour coucher dans un hôtel d’une chaîne américaine. Que voulez vous? Ils ont le meilleur rapport qualité-prix et un garage à vélos.

Anecdote: il y a maintenant une bière artisanale locale nommée « la Pucelle d’Orléans ». C’est une blonde, comme Jeanne d’Arc.

Bilan: 276,6 km

993 mètres d’ascension

La Loire à vélo

Jour 4: Sancerre à Sully-sur-Loire

Nous quittons Sancerre à regrets; nous y reviendrons probablement dans quelques années.

Après une belle descente, nous retrouvons la rive de la Loire.

Rapidement, nous voyons apparaitre au loin les tours réfrigérantes de la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire.

Ces deux réacteurs ont une capacité combinée de 2610 mégawatts, essentiellement l’équivalent de Manic-5 et Manic-5 PA ensemble (2660 MW).

Toutefois, malgré les multiples controverses autour de la fabrication de barrages hydro-électriques, je les trouve moins effrayant que ces réacteurs.

Le chemin de la Loire à vélo prend plusieurs visages aujourd’hui. D’abord, une piste cyclable.

Ensuite, ce sera routes et ponts.

Puis nous aurons droit aux sentiers. D’abord en poudre de calcaire blanche comme neige. Les contrastes y sont absents alors les nids de poules y sont repérés par onomatopées.

Ensuite, le chemin devient un sentier digne de Compostelle.

Nous arrêtons à Gien pour le lunch.

Pour les amateurs de course à vélo, Gien est la ville intermédiaire de la course automnale « Paris-Gien-Bourges ». Cette année, il y avait une ascension chronométrée, pour le maillot à pois, à Sancerre. Guillaume Boivin participait à l’épreuve cette année.

Par la suite,nous rentrons à Sully-sur-Loire, accueillis par un magnifique château.

Le château est construit au confluent de la Sange (voir photo ci-bas) et de la Loire.

Les guides touristiques font tout un plat sur le fait qu’en 2015, quatre tapisseries datant du XVIe siècle, classées Monument Historique, seront exposées en permanence dans la chambre du roi au château de Sully.

Ces tapisseries représentent une partie de la vie complexe de Psyché, personnage de la mythologie grecque.

Mes cours de mythologie grecque datent du secondaire 2 alors j’ai réviser un peu mes connaissances.

En bref, Psyché, la troisième fille du roi de l’époque aurait été plus belle que Vénus. Cette dernière, jalouse à souhait, demande à Éros d’aller rendre, par magie, Psyché amoureuse d’un monstre affreux. Le problème est qu’Éros va la trouver tellement belle qu’il en tombe amoureux. Il s’en suit plein de péripéties dont je vous ferai grâce mais allez lire la suite sur Wikipedia ou ailleurs, vous comprendrez de quoi se sont inspiré les compositeurs de Cendrillon, La belle et la bête, La belle au bois dormant, etc.

Bref, l’idée est que Psyché est supposée être très belle. Ci-bas, une photo d’une des tapisseries représentant Psyché avec des échantillons de laine de Toison d’or (lisez l’histoire). Peut-être c’est parce que je ne suis pas un étudiant en histoire de l’art comme une de mes collègues, je ne vois pas pourquoi nous irions voir cela. J’ai l’impression que le modèle était plutôt mâle que féminin mais bon, que sais-je. La définition de la beauté diffère selon les époques, faut-il croire.

Nous serons hébergés à l’Hostellerie du Grand Sully; hôtel un peu kitch vieux français mais avec un accueille des plus cordial.

Par la suite, souper au Restaurant des Arts; nourriture correcte mais service pourrit. Par contre nous étions assis à côté d’australiens qui étaient d’excellente compagnie.

J’ai pris un petit verre de bière en apéritif.

Pas de danger pour la route puisque nous n’étions pas en voiture. De toutes façon, dans le pire des cas j’aurais pu dire à l’agent de police que je n’avais pris qu’un verre et ce, sans mentir.

Bilan: 275,6 km

993 mètres d’ascension

Définitivement notre voyage le plus relaxe à date.