La première ville autre que Nantes que nous visitons est Guérande. On a perdu nos bonnes habitudes ou nous sommes plus fatigués ou je ne sais quoi parce nous finissons par quitter l’Hôtel de la Cité à 9h56.
Avant, nous tentions toujours de quitter vers neuf heures. Nous parcourons environ 11 km pour sortir de Nantes et se rendre à Indre, sur le bord de la Loire. Il s’y trouve un bac qui devrait nous faire traverser le célèbre fleuve en question mais il s’avère que le mini port est en rénovation. Ça commence bien.
Heureusement, une dame qui travaille là nous rassure que nous n’aurons pas à retourner à Nantes pour prendre un pont. Il faut simplement continuer jusqu’à Couëron où le bac est en fonction.
Puis, une fois traversés, de retour sur une section de la Loire visitée en 2018.
On peut voir sur la photo ci-haut, à gauche, le pont de St-Nazaire que nous allons traverser sous peu. Il n’y aura pas de photo à partir du pont parce que la voie cyclable sur le pont est très mince et non protégée alors, afin de pouvoir terminer le voyage en vie, nous avons opter de ne pas faire de pause sur le pont.
Chemin faisant, nous faisons une mini pause puis rejoignons Guérande en faisant peu de photos puisque le paysage est constitué de villages peu intéressants visuellement.
La vieille ville de Guérande est tout autre chose.
Nous prenons un verre à la place de l’église, juste le temps que notre chambre soit prête.
Peu de temps après, la propriétaire de La Maison Bizienne nous communique que la chambre est prête.
En fait, nous voulons simplement délester les vélos des bagages et repartir pour aller visiter les marais salants.
La région de Guérande forme une presqu’ile bordée au nord par le fleuve La Vilaine (pas rapport avec une de vos connaissances mais le nom vient plutôt du breton, ar ster vilen qui voudrait dire la rivière aux moulins.
Les premières salines, la où l’on fabrique les digues pour faire entrer et évaporer une mince couche d’eau de mer, dateraient du 7e siècle. La technique, toutefois, ce serait raffinée et fixée autour des années 1400.
Les paludiers, ceux qui récoltent le sel, travaillent ici toujours selon une méthode traditionnelle. Le gros sel de Guérande est celui qui se cristallise au fond des bassins où se trouve de l’argile. Il sera teinté de gris par cette argile.
La fleur de sel provient plutôt d’une cristallisation en surface survenant selon certaines conditions météo appropriées.
Grosso modo, le gros sel peut servir à la cuisson, mais la fleur de sel sera utilisée pour l’assaisonnement final.
Donc, la frénésie autour du sel de Guérande provient de cette notion de cueillette artisanale d’un sel qui contient, en plus du sodium et du chlore habituel, du magnésium et d’autres oligo-éléments (ces derniers sont difficiles à trouver toutefois).
Le réchauffement climatique et la montée éventuelle des eaux menacent cette méthode artisanale à moyen terme. L’autre menace semble être que le métier de paludier est difficile et n’attire pas la jeune génération, mais cela, ce n’est pas un problème unique à Guérande.
Après une centaine de km à vélo, de retour à la maison d’hôtes pour se laver puis aller souper dans la vieille ville de Guérande.
Géographiquement, cet endroit fait partie de la Loire-Atlantique mais la mentalité est bretonne. Et qui dit breton, dit crêpes…
Nous terminons notre soirée, et notre digestion, avec une visite de la porte St-Michel.
Le vol ad Nantes est sans embûches. Par ailleurs, pour une rare fois, nous n’assemblerons pas les vélos à l’aéroport puisque nous allons faire une boucle (Nantes-Nantes), nous allons tenter de laisser nos boites de vélo vides à l’hôtel pour les récupérer à la fin du voyage.
Le premier taxi que je vois à la sortie de l’aéroport est une mini van Mercedes alors, tout va bien.
Notre arrivée est tôt le matin alors c’est clair que la chambre, à L’Hôtel de la Cité, ne sera pas prête. Par contre, la dame à la réception de l’hôtel nous dit que ladite chambre sera prête vers midi et qu’ils ont une grande pièce pour garder nos bagages et les vélos en consigne.
Alors nous partons visiter ce coin de Nantes, plus à l’est par rapport où nous étions à notre dernière visite en 2018.
À part un parc de plantes, rien de particulier; la vieille ville est plus intéressante. Alors nous repérons un endroit pour déjeuner, mangeons du bon pain et de bons croissants avec un café exécrable (le mien est définitivement dur à battre) puis retournons à l’hôtel.
La chambre est prête comme prévu à midi et ainsi allons faire une sieste d’environ 90 minutes.
Ensuite, assemblage des vélos.
L’Hôtel de la Cité sont fier de nous dire qu’ils sont bien équipés pour recevoir des cyclistes et c’est en fait le cas. Dans leur garages, ils ont un rangement à vélos ainsi qu’un mini atelier pour assembler les vélos muni, entre autres, d’une pompe décente pour gonfler les pneus.
Sauf que, aussitôt que je sors ma roue avant de la boite, j’entend un ¨bling¨ aigu et constate alors que j’ai un rayon de casser et la roue est voilée. Durant les reste de l’assemblage des vélos, un des employés de la réception passe par là, et on lui demande où placer les boites et il dit qu’il va s’en occuper. Il les empiles à côté de son propre vélo électrique et dit qu’il va les ranger, identifiées à nos noms, dans la pièce à vidange. Bon, ça nous fait penser qu’elles seront disparues avec les vidanges dans trois semaines mais il nous rassure que non.
Ensuite, il nous suggère une boutique de vélo à 500 mètres de l’hôtel où nous pourrons faire réparer la roue.
Aussitôt l’assemblage de vélo terminé, nous y allons.
Urban cycle est en effet une boutique bien équipée. J’avais apporté des rayons de rechange de la marque Hunt puisqu’Hélène et moi avons des roues Hunt. Sauf que je n’avais pas réalisé que nos rayons de roue étaient différents alors je n’avais apporté que les rayons de rechange pour les roues d’Hélène…
Peu importe, leur mécano a trouvé quelque chose de similaire et il a pu réparé ma roue pendant que nous nous baladions dans Nantes.
Alors, après s’être trouvé un hôtel pour demain, à Guérande, nous avons retrouvé notre lit à 20:00 heures.
Cette année, après avoir tenté de faire un voyage en Écosse, via Air Canada, nous avons cédé à la menace de grève et avons opté pour un voyage plus simple, en boucle, de Nantes à Nantes en faisant un petit tour de la Normandie.
Le petit déjeuner à bord de notre bateau hôtel est généreux et nous en profitons parce que la journée risque d’être un peu longue avec 85 à 90 km de vélo à faire selon les pérégrinations du moment.
D’abord, en se dirigeant vers Kinderdijk, ma blonde voudrait voir le pont d’Érasme.
Connu sous le nom d’Érasme de Rotterdam (Desiderius Erasmus Roterodamus), c’était un théologien et philosophe qui a écrit, entre autres, l’Éloge de la folie. Écrit en 1508, plusieurs extraits s’appliquent encore aujourd’hui. Tel que: « Rien n’est plus sot que de traiter avec sérieux de choses frivoles; mais rien n’est plus spirituel que de faire servir les frivolités à des choses sérieuses. »
Le pont lui-même est un pont à haubans achevé en 1996. En ce qui me concerne pour le vélo, il a été le lieu de départ du prologue du Tour de France de 2010.
En même temps nous jetons un dernier coup d’oeil à l’architecture moderne de Rotterdam.
Puis direction Kinderdijk.
Kinderdijk est située dans un polder, i-e une étendue de terre jadis submergée mais qu’on a gagnée sur la mer d’abord en l’endiguant puis en y pompant l’eau vers la mer. Une grande partie du territoire de la Hollande est ainsi constitué. En recherchant le sujet, ils disent qu’on en trouve en Belgique, en France et…à Kamouraska?!! Cette dernière partie reste à vérifier.
La série de moulins à vent retrouvée à Kinderdijk a été débutée au XIIIe siècle pour être achevée en 1740. Bien entendu, il y a eu de l’entretien fait depuis ce temps.
Régit par le vent, les moulins servent à pomper l’eau d’une rivière vers une autre pour contrôler l’assèchement du polder et ainsi y permettre la culture. Prouesse d’ingénierie pour l’époque.
Ensuite, il faut s’évertuer à trouver le bon traversier pour se diriger vers Gouda.
Une fois cela fait, le trajet ad Gouda s’accomplit rapidement.
Gouda est populaire pour son fromage mais c’est aussi une jolie ville, parcourue de canaux.
Nous y rencontrons des québécois qui font une rando à vélo de 6 mois en europe. Tout en camping; je leur lève mon casque. Vous pouvez lire leur périple sur velotrotteurs.ca.
Nous profitons de notre arrêt à Gouda pour y faire une pause lunch puis ensuite, direction Amsterdam.
Le trajet ad Amsterdam est peu glorieux en photos mais ma blonde réussit toujours à capturer quelques images.
Après de multiples virages, nous arrivons à l’Hôtel The Manor, à Amsterdam. C’est un ancien hôpital reconvertit en hôtel.
Quelques émotions à l’arrivée après cette randonnée de plus de 700 km pour Danièle et Robert et de 1892 km pour ma blonde et moi.
Nous soupons au Buurtcafé De Tros; la bouffe est excellente er l’ambiance est parfaite.
Par contre, ils leur maudite machine à carte refuse ma Master card ainsi que ma carte de débit… Une chance que la carte de Danièle et Robert fonctionnait toujours.
Vérification faite auprès du banquier qui ne comprend rien, dit que tout est en ordre mais qu’il peut voir les messages d’erreur de l’appareil du marchand. Le lendemain, elles fonctionneront de nouveau. Comme dirait mon fils Greg: « Maudite technologie ».
Le lendemain, exploration d’Amsterdam.
Au levé, nous nous dirigeons vers le Baking lab; excellente petite boulangerie avec café, à deux pas de l’hôtel.
Puis, longue marche vers le secteur Joordan pour se « tremper » dans la ville.
À première vue, Amsterdam se présente comme une ville de jeunes, où la majorité des gens circulent à vélo et où tout le monde semble être occupé.
Le site de la demeure d’Anne FranckL’omniprésence des vélos.Les maisons dans l’eau.
Nous en profitons pour récupérer les boites de vélos et les ramener à l’hôtel.
Nous étions partis pour les apporter à pied mais plusieurs km nous séparaient de l’hôtel alors j’ai repéré un taxi-minivan stationné temporairement (ses « hazard lights » clignotaient) alors, comme la photo du conducteur est affichée dans le pare-brise, je localise Mustapha de l’autre côté de la rue, buvant son café turc.
Je lui explique notre problématique mais il ne peut venir nous reconduire puisqu’il attend son lunch. Alors je lui demande de contacter un de ses collègues et subito-presto nous voilà en route pour l’hôtel.
J’en profite pour réserver leurs services pour samedi matin.
Arrivés à l’hôtel, nous pouvons ranger les vélos et repartir pour le souper et explorer d’avantage Amsterdam.
Le populaire « Red light district » est bondé de touristes.
La ville est tout de même jolie sous l’éclairage nocturne.
Le lendemain, c’est vendredi le 6 et dernier jour avant le retour.
Petit déjeuner encore au Baking Lab.
En fait, ce sont les meilleurs croissants et le meilleur café que nous avons savourés de tout le voyage, alors, un incontournable si vous venez à Amsterdam.
Ma blonde et Danièle vont courir un 5 km alors que j’écris cette chronique et prend un autre café avec Robert.
Puis, visite au Tropenmuseum.
Ce musée s’annonce comme le ramassis des collections tropicales usurpées par les Hollandais dans leurs colonies.
Toutefois, cela est plutôt chose du passé
Il y une forme de mea culpa d’écrit à l’entrée comme quoi les collections du musée ont été évidemment acquises à une époque la balance du pouvoir était inégale. Il est écrit que les artéfacts ont été acquis par échanges, achats ou vols.
Il est écrit aussi que plusieurs ont été retournés dans leur pays d’origine et que des ententes selon des conventions internationales de musées ont été établies, etc, etc.
Alors ce que le Tropenmuseum nous offre est plutôt une réflexion sur l’imbalance du pouvoir entre colonisateurs et colonisés ainsi que la perpétuelle lutte entre les travailleurs sous-payés et les multinationales contrôlant le marché boursier; marché boursier débuté par les néerlandais.
En fait, en 1602 ils ont lancé la Dutch East India Company, qui fut alors la première compagnie avec un capital permanent, avec des actions qui pouvaient être achetées et vendues par quiconque en avait les moyens.
Ainsi, les échanges outremer qui incluaient de l’esclavage, des génocides et de la guerre pouvaient être financés par de l’argent privé.
L’ensemble du musée est assez clair sur le « comment » les néerlandais en sont venus à être des maîtres dans le commerce international.
Ils nous précisent aussi qu’aujourd’hui, même si on se croit beaucoup mieux avec tout notre bon vouloir, qu’il existe encore des formes d’esclavagisme comme dans la récupération du cobalt servant à faire les batteries des voitures électriques, « toutes propres ».
En bref, trois grands étages de musée qui font réfléchir.
Après cela, lunch et repos cérébral.
On profite ensuite de la lumière de fin d’après-midi pour faire une visite de la ville en bateau. On y apprend quelques trucs bizarres comme le fait qu’il y a 2.5 x plus de vélos que d’habitants à Amsterdam ( population de 921 468 habitants selon Wikipedia).
Environ 16 000 de ces vélos se retrouveraient chaque année au fond des canaux pour des raisons non claires.
Certaines maisons sont penchées volontairement vers le canal afin que lorsqu’on y hisse de la marchandise via une poutre et une poulie fixée au toit, on ne voulait pas que la marchandise percute les fenêtres de la maison.
D’autres maisons sont penchées de droite à gauche parce que les pieux de bois provenant le la Forêt Noire Allemande sur lesquels elles sont montées commencent à pourrir et les faire pencher.
Il y a plein d’autres petites anecdotes plus ou moins intéressantes comme la présence de la maison-mère de Booking.com sur le canal le plus riche d’Amsterdam.
Cette autre prise de vue, nous montrant l’alignement de sept ponts, est juste élégante.
Ensuite, petit souper relaxe qui termine notre visite d’Amsterdam.
Le vent bardasse ce matin. Le ciel est couvert. Heureusement, le kilométrage est relativement court ce matin, environ 56 km.
Le petit déjeuner à l’Hôtel BRU est un des meilleurs du voyage. J’ai même eu droit à des oeufs miroirs. Le cuisinier renchérit qu’un bon déjeuner sera nécessaire aujourd’hui si l’on veut faire du vélo avec cette météo.
À part la pluie, le vent souffle à 35 km/h. Heureusement, il est dans notre dos la plupart du temps.
Les éoliennes sont alors très productives.
Après avoir roulé environ 41 km, nous devons prendre un traversier de Oud-Beijerland à Rhoon.
Nous sommes alors de retour sur la Meuse mais celle-ci s’appelle la Vieille Meuse.
Une fois le bateau accosté à Rhoon, il nous reste 12 km à faire mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises.
Non seulement nous avons vu des pistes cyclables extraordinaires, non seulement nous constatons qu’en Hollande il n’y a pas moyen de faire du vélo de façon non sécuritaire, non seulement il y a des traversiers pour les vélos, pour entrer dans Rotterdam, il y avait un tunnel dédié aux vélos… Imaginez, il y a encore une guéguerre au Québec sur un 3e lien AUTOMOBILE à Québec city alors qu’ici, ça se résume à un lien cycliste d’une distance similaire; cr..ss qu’on est loin derrière ces pays.
Nous sommes loin de la vétusté du tunnel Louis-H…
Nous arrivons sous la pluie à l’hôtel H2OTEL.
Cinq minutes avant, moi et Hélène avons entendu un cri guttural derrière nous. C’était Robert qui exhortait Danièle à rentrer du côté droit de la piste cyclable pour éviter un face à face avec des mobylettes ultra-rapides qui ont failli foncer dans elle.
Selon Robert, Danièle, en sortant de sa torpeur induite par le froid et la pluie, aurait fait un chassé-croisé digne de ses antécédents avec les Grands Ballets Canadiens pour se sortir de ce « faux-pas ».
Tout est bien qui fini bien, selon Shakespeare. Mais ici, c’est plutôt Robert, dans le rôle de Pangloss qui a sauvé Candide (Danièle) afin qu’elle puisse continuer à cultiver son jardin dont une bonne partie de l’humanité profite.
Si vous ne comprenez pas, eh bien, lisez Voltaire.
Revenons à l’hôtel. Pour les non chimistes, H2OTEL signifie que c’est un bateau sur l’eau (H2O).
L’accueil est chaleureux, nous sommes sur l’eau, et ça suit le thème de Rotterdam qui elle aussi est une cité remplie de canaux comme Venise et Bruges.
Je sais, Claude Dubois chantait à savoir si l’avion se posait sur la piste à Rotterdam ou à Rio. Je vous avoue que j’ai fortement pensé à Rio en ce jour parce que ici, il faisait « frette » alors qu’à Rio, je suis certain qu’il faisait chaud.
Mais bon, le beau temps semble vouloir s’imposer et les filles sont heureuses alors vive l’adversité.
Une fois douchés et reposés ( lire surtout réchauffés), nous partons explorer Rotterdam.
Ici, il y a la rivière Rotte et il y a une digue (dam en néerlandais) sur cette rivière alors ça vous donne le nom de la ville.
La ville a été fondée au XIIe siècle mais peu d’architecture de cette période subsiste parce que les nazis l’ont bombardée ad destruction complète le 14 mai 1940.
La ville s’est reconstruite et constitue aujourd’hui le plus gros port de l’europe ( le 8e mondial) alors, c’est une ville d’une grande importance économique et refaite de toute pièce donc l’architecture y est moderne.
La place du marché est un des plus beaux centres d’achats que j’ai vu mais bon, c’est tout de même un centre d’achats…
Nous nous promenons au pourtour de la place du marché mais, comme nous n’avons pas lunché, et comme les gens ici soupent tôt, nous décidons d’aller au resto.
La cuisine hollandaise nous attire peu et la ville est très cosmopolite alors nous optons pour un resto vietnamien, Little V Rotterdam.
Très bon choix.
Une fois rassasiés et après avoir réglé le sort du monde, nous retournons à notre hôtel bateau.
Demain, dernière randonnée à vélo de ce périple; direction Amsterdam.
Nous quittons Bruges assez tôt parce nous avons près de 100 km à faire encore aujourd’hui.
Le temps est humide mais il faut dire que pour un début d’octobre, c’est très bien et relativement chaud.
La frontière entre la Belgique et la Hollande est à peine perceptible.
Les pistes cyclables demeurent très bien mais nous constatons qu’il y a de plus en plus de gens qui se déplacent à vélo.
La grande majorité est en vélo à assistance électrique.
Après environ 35 km, nous prenons un traversier; nous sommes alors sur la côte ouest de la Hollande, côtoyant la Mer du Nord.
Le traversier ne transporte que des piétons et cyclistes.
Une fois notre traversée de 6 km complétée, nous longeons la plage sur des digues durant plusieurs km.
Les moulins à vent hollandais se présentent sous différentes formes.
Ensuite, nous devons bifurquer vers les terres pour aller rejoindre notre hôtel.
L’ambiance, en général, est agréable.
La petite ville de Bruinisse est extrêmement tranquille en ce lundi soir. Nous allons prendre un verre puis, l’appétit apparait tard puisque nous avions tous mangé une bonne portion de fish and chips pour lunch.
Alors on se retrouve à la pizzéria du village. Le proprio nous semble être sur le bord de fermer mais il décide de nous accueillir.
Nous apprenons par la suite que c’est un kurde qui a laissé derrière lui les conflits avec la Turquie. La pizza est excellente puis le sommeil se manifeste après cette journée de 99 km de vélo.
Nous partons tôt de Malines parce que la journée sera longue; plus de 100 km de vélo à faire.
La météo est bonne et nous apprécions particulièrement la qualité des pistes et voies cyclables de la Belgique.
Nous arrivons à Gand et en profitons pour faire une pause lunch dans cette belle cité.
Nous sommes à la place centrale, la place Sint-Veerleplein i-e la place Sainte Veerle.
Dire que la Veerle qu’on connaît a été nommée d’après une sainte…
Veerle est la version néerlandaise du nom. En français, on dit sainte Pharaïlde. Elle aurait reçu une bonne éducation, aurait été mariée malgré son voeux de chasteté. Son mari, Guy, aimait la chasse et serait mort suite à un accident de chasse.
Pharaïde (Veerle) a alors hérité de ses biens et aurait fait de bonnes oeuvres avec. On lui attribue trois miracles et elle serait vénérée en Belgique. Sainte Verrle… qui l’aurait cru.
À la place Sint-Veerleplein il y a le Château des Comtes de Flandres, bâtit par Philippe d’Alsace en 1180. C’est un beau château d’époque médiévale.
Nous n’avons malheureusement pas le temps pour une visite.
Une fois repus, les 42 km nous séparant de Bruges défilent rapidement et nous rentrons à Bruges après 108 km de vélo; plus longue randonnée à vie de Danièle!
Nous allons résider au NH Hotel pour deux jours. Le NH Hotel nous rappelle à tous le Manoir Richelieu par son côté vieillot mais le personnel à l’accueil est excellent, il y a un garage à vélo sécurisé et l’ensemble est propre et confortable.
Le réceptionniste nous conseil trois restos. Nous irons ce soir au plus proche, Passage.
C’est excellent.
Le lendemain, c’est dimanche et Bruges se réveille tard.
Ce qui est parfait. Alors vers 08:00, nous avons la ville pour nous seuls. Pas de traffic. En fait, cette ville impeccable semble avoir été abandonnée. Elle s’animera lentement vers 10:00.
Bruges est parfois appelée la Venise du nord parce qu’elle est parcourue par plusieurs voies d’eau.
Nous allons prendre la photo classique des amoureux sur le pont Saint-Boniface.
Puis allons déguster une gaufre de chez Albert.
Comme la Belgique produit environ 3600 sortes de bières, nous allons en déguster quelques unes devant le beffroi de Bruges pour ensuite aller visiter le musée de la bière.
Arnold, le saint patron de la bière.
On y apprend, entre autres, qu’en Belgique, au XIXe siècle, on recommandait aux gens de boire de la bière au lieu de l’eau parce que la bière était plus sécuritaire.
On nous parle aussi des règles strictes de fabrication définies par St Benoit de Nursie en 530 après J-C. Les procédés étaient instables et plus tard, Charlemagne restreint la fabrication de la bière aux moines Bénédictins afin d’en assurer la qualité.
Plus tard, grâce aux travaux de Pasteur, on apprit comment stabiliser les levures et la compréhension de la fermentation alcoolique fut alors mieux maîtrisée.
Il faut dire que la bière est associée depuis longtemps au cyclisme alors ça se lie bien avec notre voyage.
La visite du musée se termine avec trois dégustations.
Nous allons ensuite cuver notre alcool en faisant un tour des canaux de cette Venise du nord en bateau.
On y apprend, entre autres, que Napoléon avait décrété que chaque fenêtre donnant accès à la lumière du jour pouvait être taxée alors certains bouchaient leur fenêtre pour diminuer cette dépense ridicule.
Après le souper, nous prenons une dernière marche dans cette belle ville.
Au lever, nous constatons que Revin est vraiment un petit village tranquille des Ardennes.
Pour accéder à la section des chambres, ça prend une clé électronique puis il y a la clé régulière de la chambre. Donc je pars avec ce trousseau le matin pour aller chercher notre linge que la dame avait gentiment lavé.
On fait le trie avec celui de Danièle et Robert puis le conjoint de la dame, un grand gaillard costaud vient nous ouvrir la porte du garage et on réinstalle les bagages sur les vélos puis c’est un départ en allant à nouveau prendre la voie verte qui longe la Meuse.
Deuxième centrale nucléaire depuis le début du voyage
À un endroit, nous faisons une petite bifurcation dams un village pour couper court un des nombreux méandres de la Meuse. Même en vacances, la médecine n’est jamais loin, on dirait un diverticule sur la carte.
Après une trentaine de km, je constate que quelque chose me fatigue dans la poche de mon cuissard à gauche.
Malheureusement, c’est un peu loin pour retourner porter les clés à Revin.
Deux km plus loin, nous entrons dans Givet, dernière ville digne de ce nom avant de quitter les Ardennes françaises.
Alors, je cherche ardemment le bureau de poste.
Alors que je négocie les différentes possibilités avec celui qui semble être un maître de poste, Robert communique avec la dame de l’hôtel à Revin pour savoir si elle a un double des clés. Dans le cas positif, j’aurais pris la modalité en trois jours qui coûte 5 euros.
Mais non, elle n’a pas de double alors comme c’est mon erreur, j’opte pour la poste prioritaire en 24 heures…31 euros.
Le monsieur me remet un beau papier en me disant que j’ai même un numéro de suivi.
C’est fou tout le service qu’on a pour 31 euros…
Avec toute cette discussion dans le petit bureau de poste, une dame m’aborde: « Vous êtes du Québec? »
– Bin oui.
– Mon mari vient du Lac St-Jean.
Une autre, derrière sa poussette de bébé s’exclame: « Moi, ma meilleure amie arrive bientôt, elle vient de la Gaspésie. »
Le monde est vraiment petit. La première nous dit qu’elle a encore de la difficulté à comprendre son beau-père et plaisante avec les lâ,lâ typiques du Lac.
Alors puisque le café du matin, à Revin était aussi savoureux que de l’eau de vaisselle, nous décidons s’aller en boire un vrai à Givet.
Les arbres commencent à afficher leurs couleurs automnales.
Après avoir bu deux cafés chacun, nous repartons le long de la Meuse.
Prochain arrêt, nous allons diner à Dinant, ça ne s’invente pas.
Dinant est une belle ville grouillante de touristes, directement sur la Meuse. Premier arrêt lunch en Belgique. Quatrième pays visité depuis le début du voyage pour Hélène et moi.
Après avoir dévoré un pâté des Ardennes, je me sens d’attaque pour le reste de la route ad Namur.
Namur est une ville dynamique, située au confluent de la Meuse et de la Sambre. Évidemment, cette position géographique en a fait un pôle de communication par voie maritime dans cette région.
Elle est maintenant la capitale de la Wallonie.
Partout dans la ville, nous retrouvons les affiches du Festival International du Film Francophone. Il y a certainement quelques films québécois à l’affiche mais notre visite est trop courte pour explorer cela.
Nous prenons une petite marche dans la ville puis après une pause souper, regagnons l’hôtel assez tôt. En fait, nous constatons que contrairement à l’Italie, qui est l’autre extrême, les restaurants ici ferment à l’heure où ils s’activent en Italie.
Le lendemain, finit avec la Meuse et on se dirige en terres agricoles vers Louvain.
Il y a quelques petites montées mais rien de très sévère, le pays est vraiment plat.
Nous essuyons aussi un peu de pluie.
Nous avons retenu Louvain pour l’heure du lunch.
Au centre de Louvain, il y a des centaines de jeunes arrivant avec leur valise sur roulettes, sautillant sur les pavés. C’est probablement les universitaires arrivant pour la rentrée des classes à la célèbre Université de Louvain. La ville est pétillante.
Nous profitons de la terrasse couverte pour laisser passer les averses et déguster un plat typique du coin: moules et frites.
À l’ombre de l’église St-Pierre de Louvain, ce n’est pas si mal comme décor.
Une fois l’estomac bien rempli, nous repartons les jambes lourdes ( maudites bières belges) vers Malines (Mechelen en flamand, parce que nous ne sommes plus en Wallonie).
Le route ne sera pas toujours agréable avec quelques sections hautes en traffic.
Puis nous rejoignons finalement la piste cyclable longeant le Kanaal Leuven Dijle et le stress du traffic disparait.
Nous arrivons à l’Hôtel B&B de Malines sans encombre. Après une petite sieste, nous allons visiter cette jolie ville qu’est Malines ou Mechelen en flamand.
Toutefois, il n’y aura pas de souper, les moules du midi vont faire le travail jusqu’au petit déjeuner du lendemain.
La veille, en allant souper, nous avions repéré deux boulangeries. À la première, on nous précise que l’ouverture est à 06:00. À la deuxième, une dame aux dents noires comme du charbon me précise qu’ils ouvrent habituellement à 6:00 mais que le mercredi ils seront fermés; tant mieux, j’aurais eu peur de retrouver une de ses belles dents dans mon croissant.
Donc, après m’être éveillé une quinzaine de fois, résultat d’un matelas d’un confort incomparable, je décide d’aller expérimenter les croissants et le café de la boulangerie des dents blanches.
Les croissants sont biens mais le café, comme tous les cafés que j’ai bus en France depuis Nice, est médiocre. En fait, c’est la seule chose dont je m’ennuie de la maison, un bon café. Le problème est que ma machine à café doit faire environ 25 kg et en plus il y a le moulin à café à part alors, en vélo, c’est peu pratique.
Le reste de la gang se lève un peu plus tard alors je retourne avec Robert pour chercher d’autres cafés douteux ainsi que des chocolatines.
Alors, une fois presque rassasiés, nous quittons ce haut lieu de l’insomnie pour reprendre la route.
À peine deux coups de pédales effectués que Robert constate un relâchement dans ses « cleats » de souliers de vélo. Alors micropause mécanique puis nous repartons en grimpant pour sortir de Rethel.
De Rethel à Charleville-Mézières, nous roulons sur de petites routes secondaires partiellement délaminées.
Le tout est relativement vallonné et la progression s’en avère affectée.
Arrivés à Charleville-Mézières, nous en profitons pour faire une pause lunch sur la place Ducale.
Les filles boivent leur spritz habituels et Robert prend des allures d’évêque avec sa petite coupe de bière.
La Place Ducale est l’idée de Charles 1er de Gonzague. Il était duc, il voulait sa ville, d’où Charles-ville (avec le temps c’est devenu Charleville-Mézières) et comme la place centrale a été désignée et construite selon ses précisions, elle restée avec le nom de place du Duc i-e Place Ducale.
Sur cette vue d’ensemble c’est plus difficile de le constater mais en agrandissant, on constate que chaque bâtiment a 4 étages et a 4 fenêtres de large. Cette idée du 4 était demandée par Charles de Gonzague, être pieux, en lien avec les quatre évangiles.
L’espace ouvert, avec des rues très larges, respectait les principes développés à la Renaissance où l’on voulait laisser rentrer la lumière.
Alors, une fois réhydratés, nous repartons mais cette fois, vers la Meuse, un autre long fleuve français avec de nombreux méandres.
Cette dernière partie est très roulante et nous complétons les derniers 42 km en moins de deux heures.
Nous arrivons dans la petite commune de Revin, au resto-hôtel La Bonne Source.
L’accueil est convivial. On peut ranger les vélos dans un garage puis prendre nos chambres rapidement.
Le nom de Revin viendrait probablement de Ravinum, en latin, par rapport au fait que cette localité est située dans un ravin. Mais bon…
Les terres d’ici auraient été cédés aux habitants locaux par Pépin le Bref, rois des Francs, en 760. Vous devez savoir que l’expression « le Bref » faisait référence à sa taille et non à ses prouesses au lit. Mais bon, même s’il a été le père du célèbre roi guerrier Charlemagne, j’ose espérer que des parents férus d’histoire n’irons pas nommer le fils Pépin le Bref au 21ième siécle.
Aujourd’hui, nous avons choisi une ville presqu’au hasard afin de rallier sous peu la Belgique. Nous avons regarder les différentes possibilités tant pour la distance que pour avoir une chambre d’hôtel ou une location d’appartement et Rethel, par sa dimension plus grande que les villages avoisinants nous semblait un bon choix.
Nous discutons à savoir si Reims devrait faire partie du trajet ou pas, et, personne n’avait particulièrement envie de se taper l’énorme ascension pour passer par Reims simplement pour y voir sa cathédrale.
Alors, nous établissons une route parmi la campagne du nord de la Champagne et le début es Ardennes.
Le tout s’est avéré être une magnifique journée à vélo.
Nous avons vus des formations calcaires typiques de la région de Champagne comme nous l’avait mentionné Pilou la veille.
De plus, il nous avait aussi mentionné que certains vignerons laissent pousser des rosiers près des vignes parce que les roses sont plus sensibles à une levure parasitaire du raisin et ainsi, si les roses sont infectées, ça permet de traiter la vigne en prévention; un peu comme à l’exemple des canaris pour les mineurs anciennement.
Par ailleurs, la route est belle et tout le monde roule très bien alors nous en profitons pour faire une pause lunch.
Le petit resto offre même de la poutine fabriquée comme au Québec mais la serveuse ne savait pas que l’origine était québécoise.
Nous reprenons la route sans embûches jusqu’à Rethel.
Chemin faisant, nous voyons des camions à bennes se faire charger d’énormes tubercules. Au début, et à distance, nous croyions que c’était des pommes de terre. Mais à y regarder de plus près, ça ressemblait plutôt à un mélange de grosses pommes de terre et de navet.
Durant notre souper à la pizzéria Milano, Robert a montré les photos au chef qui nous a affirmé que c’était des betteraves à sucre.
Le France est le 2e producteur mondial de betteraves à sucre (les Russes étant les premiers et les USA, les troisièmes).
Robert se souvenait même que c’est Napoléon 1er qui avait interdit l’importation de produits venant d’Angleterre, créant ainsi un blocus des bateaux provenant des Antilles et coupant l’apport en sucre de canne en France.
Alors pour remplacer ce sucre, il fit mettre en oeuvre l’exploitation agricole de la betterave à sucre qui aujourd’hui fournit plus de la moitié du sucre en France. La majorité est produite dans un territoire appelé le Hauts-de-France et le Grand Est. Nous sommes dans cette dernière région qui inclue les Ardennes.
Avant d’arriver nous empruntons la voie de halage du Canal des Ardennes.
Ensuite nous entrons dans Rethel.
Sa Mairie pourrait faire partie des livres ayant habités l’enfance de Robert…