Nantes-Bretagne-Normandie

Saint-Malo

Bon, je sais que le blog s’intitule Hélène et Karl à vélo, mais aujourd’hui, nous trimbalerons les vélos dans une fourgonnette Renault Master. Il pleut au départ de Morlaix alors, nous sommes en partie satisfaits de notre choix.

Sur l’autoroute en direction de St-Malo, Hélène remarque des indications pour La Côte de Granit Rose. Elle se souvenait que des gens de Vendée rencontrée à Guérande nous avaient parlé de ce site touristique alors nous bifurquons.

Après avoir traversé le village de Lannion, nous arrivons sur la côte en question.

D’abord nous sommes estomaqués par une splendide plage bordée d’une eau cristalline évoquant un paysage plutôt tropical. Toutefois, je vous fais abstraction de la température du vent et de l’eau; nous sommes tout de même en Bretagne.

Déjà cela, c’est une belle surprise. L’eau, de la perception du bout de mes doigts me semble relativement froide mais il y a des bretons qui nagent allègrement.

Pour le reste, nous assistons à un exercice d’équilibre rocheux, façonné par des siècles d’érosion.

Le reflet rose est plus ou moins apparent selon les rochers observés. Pour ceux qui s’intéressent à la géologie, ce qui est mon cas puisque j’ai déjà hésité entre devenir géologiste plutôt que biologiste (finalement je me suis perdu en chemin et suis devenu médecin, allez comprendre…), le rose provient du feldspath dans le granit. Le feldspath est le minerai le plus fréquent en volume dans la croute terrestre. Comme tout bon granit, celui de la côte rose est composé de différents minéraux. Ici nous avons affaire à du feldspath pour le rose, du mica pour le noir et du quartz pour le blanc.

Ensuite nous marchons le long du littoral, question d’activer la circulation puisqu’après tout, c’était supposé être un voyage sportif. Pour les invétérés de la marche, il y a moyen ici de faire la GR 34 (40 km). Au restaurant, le midi, nous rencontrons plusieurs marcheurs venant de la terminer avec ce sourire béat des marcheurs de GR qui, bien qu’ils cherchent la tranquillité des sentiers, semblent toujours heureux de retrouver la civilisation.

Une bière et une crêpe plus tard, nous repartons vers Saint-Malo.

La pluie et le vent de cette queue de tempête rendent la conduite jusqu’à St-Malo désagréable. Nous arrivons dans un appartement loué qui se nomme pompeusement Manoir 1685 Saint Malo.

Une jeune dame nous accueille, coincée entre son téléphone portable et son Ézéchiel de 4 ans, calme comme chihuahua venant de marcher sur un nid de guêpe; si l’habit ne fait pas le moine, je ne crois pas que le prénom fasse le prophète.

Le stationnement est inclus dans la réservation mais elle ne s’attendait pas à une fourgonnette. Qu’elle se compte chanceuse, nous aurions pu arriver à vélo, dégoulinant de poussière de route sur le plancher de son appartement; nous avons l’impression, durant ce voyage, qu’à certains endroits, ils aimeraient louer une chambre mais ne pas voir de visiteurs.

De toutes façons, la fourgonnette se range très bien puis nous disons à la dame que nous allons explorer la vieille ville de St-Malo à pied. Elle nous suggère de prendre plutôt une navette puisque c’est à 4 km. Nous irons tout de même à pied et j’ai failli lui suggérer que ça leur ferait du bien à elle et Ézéchiel une belle petite marche de la sorte de temps à autre, mais je me suis abstenu.

Chemin faisant, je constate dans la vitrine d’un magasin qu’on parle d’orthopédie sur mesures. En tant que chirurgien orthopédiste, je constate que la notion orthopédique est différente ici; je n’ai aucune connaissance en prothèse mammaires ni en lingerie. Faut croire que c’est différent chez les Maloins.

Nous arrivons au port d’accueil des courses transat Québec-St-Malo.

Il y a quelques beaux bateaux tel ce catamaran de course de 42 pieds, mais à part de nombreux retraités avides de souvenirs, je ne vois pas de voileux; ils sont probablement au chaud dans leur demeure.

Après s’être baladé dans les rues de la vieille ville et avoir pris quelques photos dont celle de la piscine d’eau de mer, nous trouvons un petit resto tranquille pour déguster quelques saveurs locales dont le bulot.

C’est un mollusque gastéropode (avoir le pied sous l’estomac) comme un escargot. Au Québec, parait il, on les appelle bourgot. Comme les escargot, le goût est variable selon la préparation.

Ceci terminait notre brève visite de la ville natale de Jacques Cartier, soi-disant découvreur du Canada. Plusieurs autre navigateurs s’étaient aventurés dans l’estuaire du St-Laurent, mais Cartier a eu la bonne idée de retenir un nom. Il faut dire aussi que les descendants de Donnacona ont aussi une histoire différente à savoir qui a découvert ce territoire qu’on appelle Canada. Mais bon, c’est complexe.

Demain, Juno Beach et Bellême.

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