Revin
La veille, en allant souper, nous avions repéré deux boulangeries. À la première, on nous précise que l’ouverture est à 06:00. À la deuxième, une dame aux dents noires comme du charbon me précise qu’ils ouvrent habituellement à 6:00 mais que le mercredi ils seront fermés; tant mieux, j’aurais eu peur de retrouver une de ses belles dents dans mon croissant.
Donc, après m’être éveillé une quinzaine de fois, résultat d’un matelas d’un confort incomparable, je décide d’aller expérimenter les croissants et le café de la boulangerie des dents blanches.
Les croissants sont biens mais le café, comme tous les cafés que j’ai bus en France depuis Nice, est médiocre. En fait, c’est la seule chose dont je m’ennuie de la maison, un bon café. Le problème est que ma machine à café doit faire environ 25 kg et en plus il y a le moulin à café à part alors, en vélo, c’est peu pratique.
Le reste de la gang se lève un peu plus tard alors je retourne avec Robert pour chercher d’autres cafés douteux ainsi que des chocolatines.
Alors, une fois presque rassasiés, nous quittons ce haut lieu de l’insomnie pour reprendre la route.
À peine deux coups de pédales effectués que Robert constate un relâchement dans ses « cleats » de souliers de vélo. Alors micropause mécanique puis nous repartons en grimpant pour sortir de Rethel.
De Rethel à Charleville-Mézières, nous roulons sur de petites routes secondaires partiellement délaminées.


Le tout est relativement vallonné et la progression s’en avère affectée.

Arrivés à Charleville-Mézières, nous en profitons pour faire une pause lunch sur la place Ducale.

Les filles boivent leur spritz habituels et Robert prend des allures d’évêque avec sa petite coupe de bière.

La Place Ducale est l’idée de Charles 1er de Gonzague. Il était duc, il voulait sa ville, d’où Charles-ville (avec le temps c’est devenu Charleville-Mézières) et comme la place centrale a été désignée et construite selon ses précisions, elle restée avec le nom de place du Duc i-e Place Ducale.

Sur cette vue d’ensemble c’est plus difficile de le constater mais en agrandissant, on constate que chaque bâtiment a 4 étages et a 4 fenêtres de large. Cette idée du 4 était demandée par Charles de Gonzague, être pieux, en lien avec les quatre évangiles.

L’espace ouvert, avec des rues très larges, respectait les principes développés à la Renaissance où l’on voulait laisser rentrer la lumière.
Alors, une fois réhydratés, nous repartons mais cette fois, vers la Meuse, un autre long fleuve français avec de nombreux méandres.




Cette dernière partie est très roulante et nous complétons les derniers 42 km en moins de deux heures.
Nous arrivons dans la petite commune de Revin, au resto-hôtel La Bonne Source.
L’accueil est convivial. On peut ranger les vélos dans un garage puis prendre nos chambres rapidement.
Le nom de Revin viendrait probablement de Ravinum, en latin, par rapport au fait que cette localité est située dans un ravin. Mais bon…
Les terres d’ici auraient été cédés aux habitants locaux par Pépin le Bref, rois des Francs, en 760. Vous devez savoir que l’expression « le Bref » faisait référence à sa taille et non à ses prouesses au lit. Mais bon, même s’il a été le père du célèbre roi guerrier Charlemagne, j’ose espérer que des parents férus d’histoire n’irons pas nommer le fils Pépin le Bref au 21ième siécle.
Demain, Namur et la Belgique.
Bilan: 1358.94 km et 12873 m d’ascension