Sicile

Palerme

Nous devions faire un voyage de vélo. On avait prévu une traversée des alpes françaises, du sud au nord.

Le déménagement récent est venu chambarder ce beau projet alors, comme le temps des vacances était réservé, et comme nous voulions nous éloigner pour prendre du recul et se reposer, nous avons étudier quelques possibilités.

Les iles Canaries sont une constante qui revient toujours dans nos projets. Toutefois, après avoir parcouru un bouquin sur cet archipel, la motivation, pour des raisons qui m’échappent, n’y était pas.

Alors mon amour a fait une suggestion: « Et si nous allions rejoindre Maxime et Geneviève qui terminent leur périple de trois semaines en Italie à Palerme? »

Ceci semble assez simple. Alors nous partons avec sacs à dos de taille moyenne. Nous profitons du fait que nous habitons près du métro alors, pas d’encombrement de voiture ou taxi. Petite marche jusqu’au métro, puis métro ad Berry puis bus « 747 » jusqu’à l’aéroport.

Vol d’abord jusqu’à Zurich, où nous profitons du temps d’escale pour faire une micro excursion dans la ville.

Un court vol de 3 heures relie Zurich à Palerme puis le train nous transporte au centre ville de Palerme.

Heureusement, nous sommes en avril et ainsi, la chaleur ne s’est pas encore installée alors la petite marche jusqu’à notre location Airbnb n’est pas trop pénible.

Habituellement, les grandes villes européennes sont animées d’énergie mais, ici, dans cette métropole sicilienne, le chaos est à l’extrême. Difficile de dire où se trouve l’influence phénicienne, byzantine, arabe ou normande. Nous avons l’impression d’être à Calcutta où la principale règle de conduite est qu’il n’y en a pas.

Arrivés à l’appartement, une blatte morte de 4 cm de long nous accueille. La blatte, ou le cafard comme disent les français est le personnage principal dans la Métamorphose de Kafka; c’est peut-être un signe.

Une fois lavés et défroissés, nous allons souper dans un resto suggéré par le Guide vert Michelin, FUD bottega Sicula sur la Piazza Olivella. Le resto est évidemment tendance nouvelle et jeune mais rien d’extraordinaire côté bouffe.

Le lendemain, Maxime et Geneviève qui devaient arriver vers midi de Cefalù, commencent à nous texter vers 10:30 voulant qu’on se rejoigne au Mercato del Capo.

Il y a quatre marchés historiques dans Palerme mais le Mercato del Capo est le plus populaire.

On boit un jus d’orange et pomme Grenade frais pressé puis nous allons luncher derrière un stand de poissons où l’on sert un variété inouï de produits de la mer. Ce sera un brunch pour Hélène et moi; drôle d’entrée en la matière mais bon, c’est riche en protéines.

Alors que nous sommes encore dans la brume du décalage horaire, Maxime et Geneviève sont animés de l’énergie que l’on peut recueillir après trois semaines d’exploration, de Florence jusqu’en Sicile.

Maxime doit nous sortir de notre torpeur pour nous faire remarquer la bague de fiançailles qu’il a offert à Geneviève dans une tempête de neige sur le Mont Etna.

À part le fait que c’est le volcan le plus actif de l’europe, il faut savoir sur l’Etna que ses flancs regorgent de vignobles très réputés. Nous y reviendrons mais pour l’instant, après avoir visité le port et la marina, nous nous retrouvons en début de soirée pour souper sur une terrasse et déguster un bon rouge de l’Etna.

Le lendemain, nous changeons de résidence pour aller à l’hôtel Concordia, hôtel où résidaient Geneviève et Maxime alors qu’eux s’envolent vers Paris pour éventuellement revenir au Québec.

Nous devons faire le transfert assez rapidement puisque nous avons un cours de cuisine sicilienne qui débute à 10:30.

La cours de Mama Corleone est très convivial alors que nous sommes les seuls inscrits pour cette matinée et nous avons aussi une traductrice permettant ainsi un échange culturel en plus de celui culinaire.

Le but principal était d’apprendre à faire des pâtes fraîches mais le cours inclus aussi la fabrication de polpettes à la viande et végétariennes (à base d’aubergine) ainsi que de préparer un dessert, du bianco mangiare au pistaches.

Mama Corleone nous dit que le bianco mangiare est un dessert typique et ancien en Sicile. En fait, en français, c’est du blanc mange et Hélène et moi lui disons que ce dessert existait aussi depuis longtemps au Québec puisque nos grand-mères et nos mères en cuisinaient.

Mama Corleone nous donne des trucs aussi sur la préparation d’une sauce tomate ainsi que sur la cuisson des aubergines.

Une fois le repas prêt, on déguste avec un petit vin blanc sicilien.

La quantité étant trop pour notre appétit, Mama Corleone nous procure des petites boites pour emporter les restes.

Le soir venu, nous soupons à la Trattoria Celso. En fait, nos pâtes du midi nous ont tellement remplis que nous ne prenons que de petites entrées.

Le lendemain, à force d’entendre le bruit incessant de Palerme, un mini trek en dehors de la ville s’impose alors nous partons vers le Monte Pelligrino.

Surplombant Palerme et les environs, le sommet du Monte Pelligrino va donner une vue d’ensemble tout en réduisant les décibels envahissants.

Castello Utveggio

Déjà à partir de la ville on peut voir le Castello Utveggio se situant au 3/4 de la montée.

Le sentier de montée est une véritable route de pierres datant du 17e siècle.

Cette route fait aussi le bonheur de ceux qui veulent la grimper en vélo de montagne. Il y a aussi une route pavée pour les voitures, les bus et, évidemment, les vélos de route.

Arrivés au sommet, on y retrouve le Santuario di Santa Rosalia qui lui aussi date du 17e siècle.

À l’intérieur, le plafond de la grotte est parsemé de gouttières en zinc qui recueille l’eau suintant de la roche. Cette eau est supposée faire des miracles…

De plus, les ossements de sainte Rosalie auraient été récupérés dans cette grotte en 1624. Une procession dans Palerme avec les dits ossements aurait libéré la ville de la peste; période haute en couleur de la médecine.

N’empêche que la vue d’en haut est magnifique et cela nous a permis de dépenser un peu d’énergie.

Le lendemain, deuxième cours de cuisine mais celui-ci est d’une durée de 5 heures avec visite du Mercato del Capo avec le chef pour nous montrer comment il fait ses achats avant que nous allions préparer le repas dans sa maison privée. Nous sommes un groupe de dix, incluant des anglais, des allemands et des américains.

Marco Cillio est un ancien chef de restaurant sicilien. Sa famille a toujours vécu en Sicile et pour lui, Palerme avec son soleil, son énergie et sa cuisine, est la meilleure place où vivre.

Ancien propriétaire de restaurant, il nous explique pourquoi il a réorienté sa carrière.

Il commençait sa journée à 10:00 et devait s’assurer que les touristes mangent à 12:00, puis les siciliens à 14:00. Ensuite, alors qu’il aurait préféré prendre l’apéro avec ses amis vers 17:00, il devait plutôt préparer la nourriture pour les touristes qui soupent à 18:00 puis il devait enchaîner pour recevoir les siciliens qui soupent plutôt entre 21:00 et 22:00. Alors, après un certain temps, il était épuisé. Donc là, il donne des cours de cuisine aux touristes de 10:00 à 15:00.

Et ce fut pour notre bonheur. Il faut qu’il parcoure le marché del Capo tous les jours alors, il y connait tout le monde. De plus, comme il ne veut pas préparer le même repas tous les jours, il doit faire affaire avec différents vendeurs alors il semble être chez lui dans ce marché.

Après nous avoir montré où est le meilleur café, les meilleurs jus pressés, la meilleur nourriture de rue, les légumes les plus frais, où acheter le poisson et le fromage, nous nous dirigeons vers son appartement avec nos emplettes.

Petit truc de Marco: ajouter une tranche de citron à un sandwich de mortadelle et de gorgonzola.

Nous apprendrons à nouveau à faire des pâtes fraîches, une recette d’espadon, à faire du pesto et aussi à faire des cannoli.

Nous prenons plusieurs notes pour tenter de reproduire le tout une fois de retour à la maison.

Une fois la cuisine terminée et le repas consommé, nous quittons rapidement pour aller ramasser nos bagages puis se rendre chez Avis pour prendre possession de notre voiture puis, une fois l’enfer du trafic de Palerme terminé, nous voila en route pour Cefalù.

Cefalù est une petite ville médiévale construite au pied d’un énorme rocher que les grecs, venus par la mer, associaient à la forme d’une tête, ce pourquoi ils l’ont nommée Kephaloidon qui est le mot à l’origine de ce qui a rapport à l’encéphale d’où le nom actuel de Cefalù.

Cefalù est une charmante station balnéaire, avec son vieux village, sa plage, ses restos, son duomo arabo-normand et son petit parc sur la roche entouré d’anciennes fortifications.

Alors, on s’est reposé durant deux jours.

Le lendemain, jour 7, nous nous dirigeons vers le mont Etna.

La face nord de l’Etna

Notre hôtel, Le Corsaro Etna Hotel/Spa est situé au sommet de la route pavé sur l’Etna sud. Une fois installés, nous allons explorer les cratères au pied de l’Etna.

Nous soupons au refuge Giovanni Sapienza, c’est le seul endroit ouvert pour souper par ici à ce temps-ci de l’année.

Rien de complexe dans leur cuisine; disons que c’est de la nourriture de refuge de montagne.

Samedi le jour 8, nous allons grimper l’Etna.

Dans les livres de référence il est mentionné que pour se rendre au dessus de 2800 mètres (notre hôtel est à 1900 m), ça prend obligatoirement un guide.

Toutefois, il y a des blogues sur le web qui mentionnent que cette règle est plutôt floue.

On se dit que peut-être avec un guide, l’expérience sera plus informative alors, sur les recommandations de David qui est à l’accueil de notre hôtel nous téléphonons au guide qu’il nous a suggéré.

Pas de réponse. Nous envoyons un SMS.

Pas de réponse.

Alors, après le petit déjeuner, nous débutons notre ascension en suivant des sentier très évidents et, de toutes façons, il y a plein de gens qui grimpent alors, rien de sorcier.

De plus, tous les sentiers sont visibles sur Strava ou Komoot.

Après un assez longue montée, nous arrivons au même endroit où les tours guidés se rendent.

Les tours guidés ont tout de même pris le téléphérique. Du sommet du téléphérique, ils ont pris un énorme bus 4×4 et ensuite, ils ont fait le reste à pied.

Nous, et quelques éparses autres groupuscules en couple ou à 4-5, avons fait tout le trajet à pied.

Alors, lorsque nous sommes arrivés vers 2900 mètres, là où les tours guidés rebroussent chemin et qu’un guide nous a dit sèchement que nous n’avions pas le droit d’être là, mon amour lui a dit qu’elle ne comprenait pas puis nous avons continuer, avec un couple de tchèques, encore plus haut.

Nous croyions qu’en l’ayant marché au complet nous avions bien mérité de se rendre là où nous étions et par ailleurs, aucune affiche n’indiquait que c’était illégal.

Les guides chargent entre 100 à 200 euros par personne alors je comprend qu’ils défendent une chasse-gardée.

Par contre, nous sommes plutôt d’avis que la haute montagne appartient à tout le monde comme dans les Alpes, comme dans les Rocheuses, etc. « Freedom of the hills ».

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