Le Tyrol
La première fois que j’ai entendu parler du Tyrol, je devais avoir 16 ans. C’était à l’époque où l’on parlait des exploits de Reinhold Messner.
Pour ceux qui ne sont pas férus d’alpinisme, Messner est le premier à avoir grimpé l’Everest sans oxygène, le premier à avoir grimpé l’Everest seul, le premier à avoir grimpé le K2 en mode semi-alpin, le premier à avoir grimpé les 14 sommets de plus de 8000 mètres, il y avait des articles sur lui dans le National Geographic, des films, etc.
Comme vous l’avez deviné, Messner est originaire du Tyrol. Plus précisément du Tyrol italien.
Parce qu’en fait le Tyrol, région montagneuse à souhait, est réparti entre le sud de l’Autriche et le nord-est de l’Italie.
À part ses exploits d’alpinisme, ce qui m’intriguait chez Messner était le fait qu’il était italien mais que sa langue première était l’allemand.
En fait, bien qu’on nous dise souvent à nous, les canadiens, que notre pays est « jeune » et qu’ici, en Europe, que les pays sont « vieux », l’unification des pays européens selon le territoire qu’on leur reconnait aujourd’hui est relativement jeune.
Par exemple, l’unification des régions de l’Italie pour former le pays appelé du même nom aujourd’hui s’est complétée en 1871.
L’empire d’Autriche se forme en 1804 (avant, c’était des régions appartenant à différents royaumes familiaux) puis il y a un pays combiné d’Autriche-Hongrie suivant le trajet du Danube. Suite à la Guerre de 1914-1918, la Hongrie et l’Autriche redeviennent indépendantes.
L’Autriche sera ensuite annexée en 1933 durant le IIIe Reich puis laissée à elle-même post 2e Guerre mondiale.
Elle redeviendra essentiellement autonome en 1955.
La confédération du Canada date de 1867. Alors, l’âge des pays…
Donc, pour revenir au Tyrol, même si tout le monde y parlait allemand, la situation géographique des montagnes, régissant par le fait même le déversant des rivières; l’Inn, dans Innsbruck, vers le Danude et l’Isarco, en Italie, vers l’Adige puis la mer Adriatique, a déterminé où les frontières entre les pays se situeraient, et ce, sans tenir compte de la langue principale des citoyens.
Il y a sûrement eu un million d’autres magouilles (appelées « traités ») mais ce blogue est trop court pour en faire le tour et je suis en vacance.
Donc nous voilà dans une région que je rêve depuis longtemps de visiter. Nous ne serons jamais des grimpeurs comme Messner mais, à notre modeste façon sur les vélos, le Tyrol nous fera expérimenter la grimpe.
Au départ de Innsbruck, on traverse la rivière Inn en passant sur un brucke (pont, en allemand; je vous met au défi de trouver l’étymologie du nom de la ville🙄), on débute assez rapidement la grimpe, 400+ mètres sur environ 3.5 km, pour ensuite prendre un faux-plat ascendant jusqu’à ce que nous passions le col de Brenner, à 1370 mètres d’altitude, passage frontalier entre l’Autriche et l’Italie. C’est plus haut que le sommet du Mont Jacques-Cartier (1268 m) dans les Chics-Chocs alors qu’ici, on dit que c’est un col bas…



Par la suite, nous allons plutôt vers la descente jusqu’à Campo di Trens, petit village où se trouve l’auberge de la famille Wieser. Imaginez, la bâtisse est dans la famille depuis les années 1500!

Le tout est rénové et l’accueille est chaleureux.
Le petit village est tel qu’on peut s’imaginer, coincé dans une vallée entourée des ramparts vertigineux des alpes du Tyrol.


Le lendemain, nous nous dirigeons vers San Candido, haut lieu du ski et de l’alpinisme dans les Dolomites.



Les Dolomites sont une chaîne de montagnes se situant en Italie juste à côté des Alpes; certains les nommes « Pré-Alpes ».
À part le fait d’être d’une splendeur exceptionnelle, les Dolomites étaient le territoire d’entrainement de Messner.
Voilà!
Demain, nous retournons vers l’Autriche pour aller éventuellement côtoyer son sommet, le Grosglockner, pour ensuite descendre vers Salzbourg et terminer la partie montagneuse de notre voyage.
Bilan:
402,1 km roulés
5004 mètres d’ascension



